À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, l’Institut national du cancer fait le point sur les cancers du col de l’utérus et les moyens de prévention efficaces. Chaque année, près de 3 160 femmes sont touchées par la maladie et 1 100 en décèdent. Pourtant, grâce à la vaccination contre les papillomavirus humains dès 11 ans et le dépistage régulier de 25 à 65 ans, ce cancer pourrait être éliminé.
Aussi, l’information délivrée aux femmes pour prendre soin de leur santé est essentielle. Nicolas Scotté, directeur général de l’Institut national du cancer, est allé à la rencontre de l’association IMAGYN. Une association engagée aux côtés des femmes atteintes de cancers gynécologiques.
Vaccination contre les papillomavirus humains et dépistage régulier : vers une élimination du cancer du col de l’utérus
Grâce à l’action conjointe de la vaccination des filles et des garçons dès 11 ans et du dépistage régulier du cancer du col de l’utérus des femmes de 25 à 65 ans, nous pourrions tendre vers l’élimination de ce cancer. C’est l’un des messages que le directeur général de l’Institut national du cancer a souhaité porter à l’occasion de sa rencontre avec les membres de l’association IMAGYN. Un message qui vise à faire prendre conscience de l’importance, pour chaque femme, de prendre soin de sa santé.
Car aujourd’hui, encore 40 % des femmes concernées ne réalisent pas, ou pas régulièrement, le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. Il s’agit plus particulièrement des femmes de plus de 50 ans (1 femme sur 2 entre 50 et 65 ans ne se fait pas dépister), celles en situation sociale défavorable, les femmes atteintes d’une affection longue durée, d’une forme grave ou invalidante, d’obésité ou les femmes en situation de handicap.
Pourtant, le dépistage représente un réel bénéfice pour leur santé. Il permet de repérer le plus tôt possible d’éventuelles lésions précancéreuses, de les surveiller ou de les soigner et ainsi de prévenir l’apparition d’un cancer. Et grâce à ce dépistage, ce sont 9 cancers du col de l’utérus sur 10 qui pourraient être évités.
L’élimination de ce cancer ne pourra être atteinte sans l‘augmentation conjointe de la participation au dépistage et de la vaccination contre les papillomavirus humains ; une vaccination recommandée aux filles et aux garçons dès 11 ans. Le vaccin, sûr et efficace, prévient jusqu’à 90 % des infections HPV à l’origine des cancers. Il est recommandé contre les lésions précancéreuses et/ ou les cancers du col de l’utérus, de la vulve du vagin et de l’anus, mais aussi les lésions bénignes, mais très invalidantes et douloureuses qui apparaissent sur la peau et les muqueuses de l’anus et de la région génitale.
Chaque année, 6 400 cancers et 100 000 lésions bénignes sont liés aux HPV. Un quart de ces cancers et la moitié des lésions concernent les hommes. Vacciner les enfants dès 11 ans permet de les protéger efficacement contre ces cancers qu’ils pourraient développer à l’âge adulte.
L’efficacité de la vaccination est observée dans les pays où le taux de couverture vaccinale est élevé.
Ainsi, la première observation d’une association entre vaccination et réduction du risque de cancer du col de l’utérus[1] a été publiée à partir du registre de cancers suédois en 2020. Sur la période 2006-2017, plus de 1,6 million de jeunes filles et femmes âgées de 10 à 30 ans ont été suivies. Par rapport aux femmes non vaccinées contre les HPV, le risque de cancer invasif du col de l’utérus est inférieur chez les jeunes femmes vaccinées (avec au moins une dose de vaccin HPV), avec une réduction plus marquée chez celles vaccinées avant l’âge de 17 ans.
« Nous sommes à l’Institut, résolument engagés pour atteindre cet objectif d’élimination du cancer du col de l’utérus. Et cet engagement a également été pris par Yannick NEUDER, ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins, le 4 février dernier à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les cancers. Il a annoncé le déploiement d’une stratégie globale d’élimination du cancer du col de l’utérus, associant le déploiement de la vaccination contre les papillomavirus, l’augmentation de la participation au dépistage organisé du cancer du col de l’utérus et un meilleur accès au diagnostic et traitement des lésions.
Il a rappelé l’importance d’accompagner la montée en puissance de la vaccination contre les papillomavirus humains. Pour y parvenir, nous devons toutes et tous être mobilisés et l’engagement des associations, comme IMAGYN, à nos côtés, est indispensable ». Nicolas Scotté, directeur général de l’Institut national du cancer
Le tissu associatif : un accompagnement et soutien indispensable au plus près des femmes
Ce 6 février, Nicolas Scotté, directeur général de l’Institut national du cancer a pu échanger avec les membres de l’association IMAGYN et des bénévoles. Ces échanges ont été l’occasion, pour la présidente de l’association, Coralie Marjollet, de présenter les missions d’IMAGYN et les actions développées sur l’ensemble du territoire. Les échanges avec les bénévoles ont par ailleurs permis de revenir très concrètement sur les enjeux et les actions qui sont développées, dans les territoires en contact direct avec les femmes atteintes par la maladie.
Notes
[1] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32997908
* Panorama des cancers édition 2024.
** Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018. Institut national du cancer – Santé publique France – Registre des cancers FRANCIM – Hospices civils de Lyon.
Plus d’information sur :
- le dépistage du cancer du col de l’utérus : jefaismondepistage.fr
- la vaccination contre les HPV
- Télécharger le « POINT SUR LA SANTÉ DES FEMMES – LA LUTTE CONTRE LES CANCERS DU COL DE L’UTÉRUS »
CONTACTS PRESSE – presseinca@institutcancer.fr