Les médecins de médecine physique et de réadaptation (MPR) accompagnent les personnes en situations de handicap dans le but d’améliorer la participation sociale et la qualité de vie.
Ces situations de handicap résultent de situations aussi diverses qu’une amputation d’un membre, un traumatisme du crâne, un accident vasculaire cérébral ou une paralysie cérébrale. Ces situations présentent malheureusement de nombreuses complications qui altèrent de façon supplémentaire l’état de santé. Ils sont toujours associés à une souffrance psychique.
Le texte du projet de loi prévoit outre le critère d’âge et de nationalité, l’accès à l’aide à mourir pour les personnes atteintes d’une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital, entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie et dont la souffrance physique ou psychologique est jugée insupportable selon la personne.
Ces critères ouvrent de fait l’accès à l’aide à mourir à la plupart de ces personnes. Loin d’être une restriction, l’aide à mourir deviendrait en l’état actuel de la proposition de loi une possibilité pour toute personne présentant un handicap grave.
L’accompagnement pluri professionnel et multidimensionnel des personnes en situation de handicap intervient à toutes les étapes de l’histoire de la maladie tout au long de la vie et dans tous les lieux de la vie. Ces étapes s’inscrivent dans le temps long avec des ajustement personnels, familiaux, environnementaux permettant la construction d’un projet individualisé.
L’expérience des médecins MPR qui accompagnent ces personnes montre l’extrême résilience sous l’effet du temps d’une prise en charge adaptée. Plusieurs semaines ou mois plus tard, un véritable projet de vie se construit. L’absence de critère de temps dans le projet de loi, relatif tant au diagnostic et/ou l’annonce des séquelles met clairement en danger les personnes les plus fragiles, alors qu’elles devraient être protégées dans ces périodes de détresse psychologique.
Parmi ces personnes prises en soins en MPR, nombre présentent des troubles des fonctions intellectuelles qui majorent cette fragilité. Le refus en commission des amendements tentant d’obtenir une procédure de vérification d’un accord libre et éclairé qui nécessite toujours du temps, est un élément porteur d’un danger réel de méconnaissance de l’avis réel et constant de la personne ainsi fragilisée.
Enfin, la proposition d’une aide à mourir est la transgression d’un interdit majeur de nos sociétés occidentales. Elle ne relève pas d’un acte de soins et ne doit pas être imposée aux soignants qui se consacrent à accompagner les personnes en situation de handicap.
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