La Filière Ophtalmologique Française (FOF) alerte sur la situation critique des produits de santé ophtalmiques en France. Elle appelle à la création urgente d’un groupe de travail interministériel pour adapter la régulation à la spécificité de ces produits et garantir leur disponibilité. Elle rend également public son « Manifeste des produits de santé ophtalmiques », qui formule une série de recommandations concrètes, à la fois médicales, économiques et industrielles.
L’ophtalmologie : une classe thérapeutique essentielle mais fragilisée
Les produits de santé ophtalmiques dits « classiques » (collyres, gels, pommades) représentent un segment thérapeutique essentiel pour la prise en charge de maladies ophtalmologiques sérieuses (glaucome, sécheresse oculaire, notamment). Par leur action, ces traitements contribuent à prévenir la perte d’autonomie, à améliorer la qualité de vie des patients et à éviter des complications graves, pouvant aller jusqu’à la cécité.
Pourtant, les produits de santé ophtalmiques, qui représentent moins de 1% des dépenses de produits de santé remboursés, sont aujourd’hui en voie de marginalisation. Ils sont délaissés par les grands groupes pharmaceutiques, jugés non rentable par les génériqueurs et soumis à un cadre économique et réglementaire de plus en plus contraignant. Cette situation se traduit par :
▪ des pénuries ou risques de pénuries de collyres essentiels
▪ la disparition progressive de certaines références
▪ l’impossibilité de lancer des innovations pourtant disponibles dans d’autres pays européens
▪ une pression croissante sur les industriels français encore présents dans ce secteur stratégique.
Une demande claire : créer un groupe de travail interministériel spécifique à l’ophtalmologie
Face à cette dégradation silencieuse et continue, la Filière Ophtalmologique Française appelle les pouvoirs publics à mettre en œuvre une mesure prioritaire : la création d’un groupe de travail interministériel dédié à la régulation des produits de santé ophtalmiques.
Recommandée dès 2023 par le rapport de la mission « Borne » sur la régulation des produits de santé, cette instance réunirait les représentants des ministères de la Santé, de l’Industrie, de la Recherche, ainsi que les agences compétentes, l’Assurance maladie, le CEPS, les professionnels de santé, les associations de patients et les industriels concernés. Elle permettrait :
▪ de mieux anticiper les risques de ruptures ▪ d’identifier de nouveaux leviers de régulation 2
▪ de soutenir l’innovation adaptée aux besoins des patients
▪ de préserver la souveraineté sanitaire en ophtalmologie.
Un manifeste pour poser un cadre d’action commun
Le Manifeste des produits de santé ophtalmiques, publié aujourd’hui par la Filière Ophtalmologique Française, constitue le socle de cette mobilisation. Il est porté conjointement par des représentants de patients, de professionnels de santé hospitaliers et libéraux, de laboratoires exploitants et fabricants des produits de santé ophtalmiques, de sous-traitants fabriquant en France des produits de santé ophtalmiques. Ce manifeste formule 18 recommandations structurées autour de 4 priorités :
1. Faire de l’ophtalmologie une priorité de santé publique
2. Adapter la régulation économique à la réalité du secteur
3. Reconnaître l’innovation continue en ophtalmologie
4. Renforcer la capacité de production française
La Filière Ophtalmologique Française souhaite engager un dialogue constructif avec les pouvoirs publics pour éviter un scénario irréversible. Elle rappelle que des solutions existent, à condition de reconnaître les spécificités de l’ophtalmologie, de substituer à la logique budgétaire une logique thérapeutique et de redonner une visibilité aux patients, aux professionnels de santé et aux entreprises.
Consultez le Manifeste des produits de santé ophtalmiques
Contact : Germain Hezard – germain.hezard@nile-consulting.eu
La Filière Ophtalmologique Française est un collectif d’acteurs engagés dans la santé visuelle en France. Elle réunit des représentants de l’ensemble des parties prenantes de l’ophtalmologie :
▪ des patients (Association SOS Syndrome de l’œil sec, Association France Glaucome)
▪ des professionnels de santé hospitaliers et libéraux (Conseil national professionnel d’ophtalmologie, Société française d’ophtalmologie, Syndicat national des ophtalmologistes français)
▪ des laboratoires spécialistes de l’ophtalmologie (Horus Pharma, Laboratoire Chauvin/Bausch+ Lomb, Théa Pharma)
▪ des sous-traitants fabricants en France des produits de santé ophtalmiques (Fareva, Meribel Pharma Solutions, Unither Pharmaceuticals)
46 ans, atteinte de sécheresse oculaire. Besoin de collyres à l’acide hyaluronique plusieurs fois par jour et gel au carbomere la nuit. Traitée par la lumière pulsée. Allergies. Douleurs. Lunettes à chambre humide.
63 ans. Je souffre d’un dysfonctionnement des glande meibomius depuis bientôt 10 ans qui est responsable d’une sècheresse oculaire sévère.
Très handicapant. 10 â 12 instilations de collyre par jour. Je ne peux plus conduire plus de 20 mn, j’évite les espaces trop ventilés, climatisés, poussiéreux, pollués. Plus de cinéma.J’évite le soleil (photophobie). Sans compter les douleurs…
Je sais qu’il existe des traitements aux États-Unis qui pourraient NOUS soulager mais rien en France… Oui, nous sommes nombreux dans ce cas. Nous sommes en errance thérapeutique et nous demandons de l’aide pour obtenir ces traitements !