L’intelligence artificielle, domaine en plein développement, a progressivement fait son entrée à l’hôpital ces dernières années, avec de multipleschamps d’applications : soutien aux tâches administratives, aide au diagnostic de précision, réduction des erreurs médicales, etc. Précurseur dans le domaine du numérique en santé, l’Hôpital Foch poursuit activement sa transformation en intégrant l’IA de manière concrète et progressive au sein de ses différents services. En s’appuyant sur de nombreux partenariats avec des startups et des acteurs clés du secteur, l’établissement déploie une stratégie ambitieuse visant à améliorer les conditions de travail des soignants, optimiser la qualité des soins pour les patients et renforcer la recherche clinique.
Jacques Leglise, directeur général de l’Hôpital Foch, confirme cette ambition : « Tout au long de son histoire, l’Hôpital Foch a été le berceau de nombreuses avancées en médecine et en chirurgie. Nous ne pouvons donc pas ignorer le tournant que représente l’intelligence artificielle. Si elle est utilisée avec discernement et éthique, l’IA peut transformer en profondeur la prise en charge des patients tout en libérant du temps médical. »
L’IA au service des soignants : alléger la charge administrative et soutenir la performance
Pour recentrer les professionnels sur leur cœur de métier et réduire leurs tâches administratives, l’Hôpital Foch a franchi une nouvelle étape en 2025 en déployant plusieurs solutions d’IA destinées à optimiser l’organisation des soins.
Grâce à un partenariat avec Microsoft, c’est une cinquantaine de médecins de Foch qui sont bêta-testeurs sur l’outil DAX Copilot, basé sur l’IA générative. Il permet de retranscrire automatiquement les échanges entre médecin et patient en compte-rendu médical structuré. Cette avancée améliore l’échange médecin-patient en permettant au professionnel de santé de se tourner intégralement vers le patient plutôt que vers un ordinateur. À ce jour, plus de 1000 comptes rendus ont été produits et ont permis, grâce aux retours critiques des médecins de l’hôpital Foch, de continuer à perfectionner l’outil.
Dans le même objectif, l’optimisation des planningsest en phase d’expérimentation en partenariat avec la startup Hopia. Un algorithme intelligent élabore des emplois du temps sur mesure, prenant en compte absences, contraintes réglementaires et disponibilités des professionnels de santé. Cet outil est désormais déployé au bloc opératoire permettant d’optimiser le temps de réalisation des plannings en libérant ainsi du temps pour les cadres de soins.
Au-delà des outils pensés pour les soignants, l’IA permet aussi de fluidifier le parcours patient et de désengorger les services. Un chatbot dédié aux démarches administratives a été mis en production pour soulager le standard téléphonique.
L’IA pour un diagnostic plus rapide et plus précis
Alors que le cancer est responsable de près de 10 millions de décès chaque année, et que le nombre de cas pourrait augmenter de 77% d’ici 2050, l’Hôpital Foch s’engage depuis plusieurs années dans la détection précoce des tumeurs grâce à l’intelligence artificielle.
Le service d’imagerie médicale a initié des programmes de dépistage innovants avec la société INCEPTO (détection de fractures et luxation, détection de nodules pulmonaires et aide à l’interprétation des mammographie), permettant un diagnostic plus rapide, et une mesure plus précise de leur taille. Selon les résultats, les patients sont orientés vers des parcours de soins coordonnés et adaptés à leur pathologie.
Philippe BOULOGNE, Directeur des Systèmes d’Information, ajoute : « Une expérimentation est en cours afin d’évaluer l’impact de l’utilisation en routine clinique d’une solution d’IA d’aide au diagnostic pour l’IRM de prostate. Cette solution s’intègre aux outils métier radiologiques et propose la détection et caractérisation des lésions cliniquement significatives, et la mesure du volume prostatique. Ces éléments sont, sous contrôle du radiologue, intégrés au compte rendu radiologique. La même expérimentation sera lancée pour l’IRM du genou. »
Dans le service de médecine nucléaire, un logiciel de segmentation par IA est utilisé depuis plusieurs mois pour aider à l’interprétation des TEP/TDM aux ligands du PSMA réalisées dans le cadre du cancer prostatique. L’objectif est de simplifier la quantification des lésions tumorales afin d’établir une cartographie complète sur l’ensemble du corps, visualisable en un coup d’œil.
Enfin, l’Hôpital Foch a engagé un partenariat stratégique avec Owkin, visant à étendre la collaboration sur les données et les échantillons biologiques afin de poursuivre ses travaux de développement de nouvelles thérapies et biomarqueurs grâce à l’IA. Cette collaboration s’inscrit dans la continuité d’un projet mené sur le cancer de la vessie, lors duquel des organoïdes (mini-tumeurs cultivées en laboratoire) dérivés à partir d’échantillons biologiques humains ont été utilisés pour valider de nouvelles cibles thérapeutiques.
Alexandre Drezet, directeur de la Recherche et de l’Innovation à l’Hôpital Foch explique : « La mise en place de ces partenariats stratégique nous permet de bâtir une médecine de précision, plus ciblée et personnalisée, au profit des patients atteints de cancer. Travailler avec les meilleurs acteurs nous positionne à la pointe de l’innovation pour mieux diagnostiquer et in fine, mieux traiter. »
L’IA comme accélérateur pour la recherche clinique et la médecine de demain
L’inclusion de patients dans les essais cliniques et l’étude des données médicales a permis de fonder la médecine basée sur les preuves. Mais parfois les inclusions de patients sont difficiles (maladie rare, personnel dédié pris par d’autres études concomitantes, nécessité d’obtenir des réponses urgentes, etc.).
Dans ce contexte, l’Hôpital Foch et Botdesign ont lancé l’année dernière un projet pionnier destiné à enrichir les cohortes d’essais cliniques en générant des données « artificielles » (augmentées) à partir de patients réels. Un premier cas concret a été réalisé avec le Pr Colas Tcherakian, pneumologue, afin de déterminer le niveau d’un marqueur sanguin pour prédire la présence de caillot dans les poumons chez les patients atteints de COVID. Avec Botdesign, l’amplification « artificielle » du nombre de patients a permis de montrer que seulement trois mois après l’arrivée du COVID, il aurait été possible de déterminer le niveau de ce marqueur, alors qu’il aura fallu trois ans et rassembler plusieurs hôpitaux en France pour finir par y arriver. Cela démontre la puissance de ces outils du futur dans l’aide à la recherche médicale.
Deux projets structurants sont aussi en cours avec la société Lifen, qui utilise l’IA pour faciliter la collecte de données multicentriques :
- LUCC : l’Hôpital Foch est le deuxième centre d’inclusion en France de ce projet qui vise à constituer une base de données de premier rang sur le cancer du poumon, avec près de 2000 patients inclus sur les 10 000actuellement collectés.
- CUB : ce projet porté par Foch, vise à inclure d’ici la fin d’année 10 000 patients atteints de maladies bronchiques chroniques (BPCO, asthme), à évaluer l’efficacité des traitements et leurs facteurs de risques. Des centres partenaires comme le CHU de Caen ou le CH de Toulon seront prochainement associés.
Enfin, d’autres axes de recherche sont également à l’étude : la réduction des temps de saisie des dossiers de recherche, l’optimisation de la valorisation de la donnée, ou encore de nouvelles méthodologies d’études répondant aux attentes de l’industrie de santé.
L’IA pour une gestion hospitalière plus durable
Face à la flambée des prix de l’énergie en 2023, l’Hôpital Foch mène un vaste programme de réduction des dépenses énergétiques. L’Hôpital, qui a déjà̀ réduit sa consommation énergétique de 20 % depuis 2016 et vise une réduction de 40 % d’ici 2030, a fait appel à l’IA, en développant, avec la société Foobot, un jumeau numérique de ses infrastructures énergétiques. Ce modèle, alimenté par des algorithmes IA, définit les scénarios optimaux pour chaque installation (chauffage, ventilation, climatisation), tout en tenant compte des éléments externes tels que la météo ou l’affluence.
L’Hôpital est actuellement en cours d’installation des capteurs d’ambiance et de la mise à jour de son architecture d’automates afin de permettre le pilotage automatisé de son réseau de chauffage. Les tests grandeurs nature débuteront lors de la prochaine saison de chauffe à partir de septembre 2025 en calculant des consignes en fonction des données d’entrée (températures et météo) toutes les 15 minutes. Cette première étape permettra d’économiser environ 5% de sa consommation de gaz annuel.
Autre enjeu environnemental : la lutte contre le gaspillage alimentaire. En 2024 et début 2025, une expérimentation a été menée avec Kikleo au self des employés. Des caméras ont analysé les plateaux avant/après repas : l’IA a ainsi pu détecter, lors de la dernière analyse de février 2025, 49g de gaspillage par employés, soit l’équivalent de 1 700 repas sur 22 532 et plus de 10 000 euros de perte économique. Elle a alors recommandé des ajustements (réduction des portions de pains, changement des ustensiles de services, etc) ayant permis une réduction de 11 % des déchets. Une action similaire sera prochainementmenée auprès des patients.
Utiliser l’IA en conservant une approche éthique et humaine : les remparts de l’Hôpital Foch
Afin d’accompagner ce virage technologique, l’Hôpital Foch s’est doté d’une gouvernance éthique solide autour de l’IA :
* Mise en place d’un comité IA multidisciplinaire, incluant professionnels de santé et directions.
* Partenariat avec Ethik-IA, pour garantir transparence et supervision humaine des systèmes déployés, en conformité avec le règlement européen AI Act (applicable dès le 1er août 2025 pour l’IA générative).
* Formations spécifiques pour les professionnels de santé.
* Collaboration avec des startups scientifiques et responsables, dans une volonté affirmée de devenir un référent national du déploiement éthique de l’IA en santé.
A propos de l’Hôpital Foch
Avec un effectif de 2 300 collaborateurs dont près de 300 médecins, 611 lits installés, 260 000 consultations hors maternité et urgences, et plus de 60 000 hospitalisations par an, l’hôpital Foch fait partie des plus importants établissements hospitaliers d’Ile-de-France. Ses prises en charge pluridisciplinaires de haut niveau dans la quasi-totalité du champ médical et chirurgical de l’adulte, sa forte implication dans l’enseignement, la formation et la recherche, son plateau médicotechnique de pointe, sa tradition d’accueil en font l’un des hôpitaux privés à but non lucratif les plus performants de France La Fondation franco-américaine Foch, qui a créé et construit l’Hôpital Foch, en demeure aujourd’hui un acteur essentiel dans sa gestion et les choix stratégiques de ses activités. La plupart de ses services bénéficient d’une fréquentation élevée en croissance exceptionnelle rapide.
Pour en savoir plus : https://www.hopital-foch.com/
Contact presse : Laurie THEVENET – laurie.thevenet@hotmail.fr