À l’ouverture des discussions du PLFSS au Sénat, l’AMLIS (Association des Moyens Laboratoires et Industries de Santé) dresse l’alerte : la disponibilité des médicaments essentiels du quotidien et la souveraineté industrielle et sanitaire française sont en péril.
Les députés ont adopté plusieurs mesures clés pour soutenir ces traitements indispensables, en allégeant la fiscalité qui les fragilise et en valorisant la production réalisée en France et en Europe. Ces avancées doivent être impérativement confirmées au Sénat.
Lire la tribune signée par l’AMLIS, CDMO France, METI Santé, NèreS et SICOS
Garantir l’accès aux médicaments essentiels : un enjeu de santé publique et de souveraineté
Hypertension, diabète, épilepsie, douleur, infections courantes… Les médicaments dits « matures » soignent des millions de Français chaque jour. Ils sont anciens, éprouvés, peu coûteux, et souvent fabriqués par des PME et ETI françaises ou européennes. Sans eux, pas de continuité des soins, pas de prise en charge fiable, pas de sécurité d’approvisionnement.
Pourtant, ces médicaments sont aujourd’hui fragilisés par un modèle de régulation qui, depuis des années, augmente leur fiscalité tout en baissant leurs prix, sans prendre en compte les coûts réels de production ni les charges réglementaires croissantes.
Les conséquences sont lourdes : marges en chute, tensions d’approvisionnement et arrêts de commercialisation de plus en plus fréquents. En 2024, 39 % des Français ont fait face à une pénurie, souvent sans alternative.
Derrière cette fragilisation se joue un enjeu stratégique : la perte progressive de la souveraineté industrielle et pharmaceutique française, entraînant un recours croissant à des chaînes d’approvisionnement mondialisées.
L’AMLIS en appelle à la responsabilité des sénateurs et du Gouvernement
L’augmentation des dépenses de santé est portée par les innovations thérapeutiques, comme le reconnaît l’Assurance maladie. Pourtant, médicaments innovants et médicaments essentiels sont soumis à la même régulation, alors que leurs modèles économiques n’ont rien de comparable.
Cette approche indifférenciée met en danger les traitements du quotidien, indispensables pour stabiliser les maladies, éviter les hospitalisations et permettre l’administration des innovations.
Les députés ont ouvert la voie à une régulation plus soutenable en :
- Exonérant de fiscalité certains médicaments essentiels à bas prix, afin d’éviter leur disparition du marché ;
- Reconnaissant la valeur de la production localisée en France ou en Europe, par un ajustement ciblé de la fiscalité.
L’AMLIS appelle solennellement les sénateurs et le Gouvernement à ne pas défaire les progrès votés à l’Assemblée nationale, mais à consolider ces avancées indispensables.
Il ne s’agit pas d’un privilège accordé à un secteur, mais de garantir l’accès aux soins pour tous les Français, de préserver des emplois industriels à travers tout l’Hexagone et de renforcer la souveraineté sanitaire de notre pays.
Contact presse :
Patrick Chastel
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