Le projet de loi relatif à la décentralisation dans son volet « Beauvau de la Sécurité civile » devrait venir modifier la gouvernance de la régulation des transports urgents préhospitaliers (TUPH). Les ambulanciers expriment leurs inquiétudes et soulignent que toute évolution organisationnelle qui affaiblirait ou contournerait la régulation médicale ferait peser des risques majeurs sur la sécurité des patients et sur l’efficience globale de notre système de santé.
Le 20 février pourrait marquer un tournant critique pour l’urgence préhospitalière. La Chambre Nationale des Services d’Ambulances se mobilise et alerte sur un risque d’affaiblissement du pilotage du système de secours d’urgence.
Les ambulanciers jouent un rôle primordial dans l’accès aux services d’urgences grâce à la régulation médicale, pivot du dispositif. Ils réalisent chaque année près de 3 millions d’interventions urgentes, soit près de 40 à 50 % des admissions hospitalières en urgence selon les départements*.
Ces professionnels de santé, formés aux gestes d’urgence interviennent en premier ressort sur prescription des médécins régulateurs du SAMU. La part des patients adressée dans un service d’urgence par les ambulanciers est de 14% vs 12% par les véhicules de secours et d’assistance aux victimes**. Les 73 % restants se présentent aux urgences par leurs propres moyens et 1% par le service mobile d’urgence et de réanimation – SMUR.
L’activité UPH des ambulanciers représente près de 550 millions d’euros, contre 2,8 milliards d’euros pour le secours à la personne. Pour la CNSA, toute évolution qui diluerait la compétence sanitaire dans un dispositif principalement orienté vers la sécurité civile exposerait le système à un risque de désorganisation et de perte d’efficience médicale.
« L’urgence préhospitalière relève d’une logique médicale. La régulation par les SAMU constitue une garantie de sécurité pour les patients. Formés à l’urgence pré-hospitalière, les ambulanciers doivent disposer de moyens adaptés à leur mission d’intérêt général. La réunion du 20 février prochain constitue une étape décisive pour l’avenir de l’urgence en France. Placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, elle déterminera la place accordée aux ambulanciers : un choix susceptible d’engager durablement l’équilibre de notre système sanitaire. La CNSA demande une reconnaissance explicite et sécurisée de leur statut de professionnels de santé ». déclare Dominique Hunault, président de la CNSA.
Contact presse : Annie Bost – annie.bost@aloeconseil.com
*source : www.interieur.gouv.fr – Caisse Nationale d’Assurance Maladie – CNAM
**source : Rapport 2024 – Fédération des Observatoires Régionaux des Urgences – FEDORU