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Dépistage du cancer : les personnes modestes y recourent moins souvent (Etude)

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La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur les inégalités sociales de recours au dépistage du cancer. Les statistiques présentées ici sont issues de l’EDP-santé qui associe l’échantillon démographique permanent (EDP) de l’Insee aux données de consommation de soins et d’hospitalisation du système national des données de santé (SNDS). Les trois types de cancer pour lequel le dépistage est analysé dans cette étude sont ceux faisant l’objet de programmes nationaux : le cancer colorectal, le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus.

En France hors Mayotte, entre 2017 et 2020, le recours au dépistage du cancer colorectal des personnes âgées de 50 à 74 ans est deux fois plus fréquent chez les 10 % les plus aisés que chez les 10 % les plus modestes de la population. Dans la même classe d’âge, le recours au dépistage du cancer du sein des femmes les plus aisées est 1,6 fois plus élevé que pour celles les plus modestes. Un constat identique est posé pour le dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes âgées de 25 à 65 ans.

L’ampleur des inégalités sociales de recours aux dépistages des cancers apparaît de façon moins marquée lorsque ces inégalités sont mesurées à l’échelle des territoires et non des individus. Cette étude porte sur une période antérieure à la réforme du pilotage des programmes de dépistage organisé des cancers décidée en 2024.

La Drees met à disposition le code source permettant de produire les résultats présentés dans cette étude.

 

Deux fois plus de dépistage du cancer colorectal parmi les 10 % de la population les plus aisés que les 10 % les plus modestes

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus incident de France. Son dépistage repose sur un test immunochimique fécal (FIT) à réaliser tous les deux ans. Sur la période 2017-2020, le taux de participation au dépistage organisé des personnes âgées de 50 à 74 ans parmi les 10 % les plus aisés est de 31 % contre 16 % pour les 10 % les plus modestes, soit un dépistage deux fois plus fréquent selon le niveau de vie.

En revanche, l’inégalité sociale de participation au dépistage organisé est un peu plus marquée chez les hommes que chez les femmes : les hommes âgés de 50 à 74 ans faisant partie des 10 % les plus aisés de la population ont 2,1 fois plus de chances d’avoir été dépistés que les 10 % les plus modestes. Chez les femmes, ce ratio n’est que de 1,8.

 

De plus en plus de dépistage individuel ou organisé du cancer du sein à mesure que le niveau de vie augmente 

En France, le cancer du sein est le cancer le plus incident chez les femmes. La participation générale au dépistage du cancer du sein (qu’il soit organisé ou individuel) augmente tout au long de l’échelle de niveau de vie, passant de 42 % pour le premier dixième à 67 % pour le dernier dixième.

Sur la période 2015-2020, 33 % des femmes de 50-74 ans parmi les 10 % les plus modestes sont considérées à jour de leur dépistage organisé (une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans) contre 48 % dans le dixième de revenu le plus haut. Plus précisément, le taux de recours au dépistage organisé augmente jusqu’au huitième dixième de niveau de vie (D8), où il atteint 54 %, puis redescend jusqu’au dernier dixième (graphique). Parallèlement, le taux de recours au dépistage individuel des femmes de 50 à 74 ans croît avec le niveau de vie, passant de 9 % pour les plus modestes à 21 % pour les plus aisées. La hausse observée entre les deux derniers dixièmes pour le recours au dépistage individuel fait plus que compenser la baisse observée pour la participation au dépistage organisé.

Pour les femmes âgées de moins de 50 ans et qui ne sont pas éligibles au dépistage organisé, le taux de recours au dépistage individuel via l’un des trois examens (la mammographie bilatérale sans deuxième lecture, l’échographie mammaire ou l’IRM) est 1,9 plus fréquent parmi les 10 % des femmes les plus aisées que parmi les 10 % les plus modestes.

Consulter l’étude

Contact presse : drees-presse@sante.gouv.fr

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