En septembre se sont ouvertes les négociations pour un nouvel avenant qui avait pour objectif de faire rentrer la médecine bucco-dentaire dans le 21ème siècle. Après quatre mois de négociations, que de désillusions. Un début d’engagement de l’UNCAM existe, mais tout reste à faire pour permettre aux Français de ne plus avoir une santé bucco-dentaire médiocre comme qualifiée dernièrement par la Cour des Comptes.
Pour l’UNCAM, il reste préférable de laisser s’installer la maladie carieuse et de boucher des trous plutôt que de protéger la dent en la renforçant, sans le moindre coup de fraise.
Par ailleurs, la réduction du reste à charge pour les patients est toute symbolique de par le faible engagement de la sécurité sociale dans le remboursement des soins dentaires. La sécurité sociale abandonne la santé bucco-dentaire des Français aux complémentaires dont les remboursements sont tous les jours plus injustes et limités, laissant chaque jour plus de Français sur le bas-côté avec un pouvoir d’achat diminué.
Ce manque d’engagement est encore plus marquant lorsqu’il ne prend pas en compte la patient dans sa différence (âge, état de santé). Les populations les plus fragiles et les plus éloignées du cabinet restent exclues ; rien n’est fait pour qu’elles soient prises en charge.
Nous internes en odontologie, avons fait le choix de travailler au sein des hôpitaux et universités publics pour savoir soigner tous les Français, quels que soient leur âge ou leur état de santé.
Nous internes permettons à nos patients de recevoir, en toute sécurité, leur greffe, leur prothèse orthopédique ou leur chimiothérapie.
Nous internes, prenons en charge, tous les jours, beaucoup trop de patients qui subissent le manque d’engagement de la sécurité sociale dans le domaine bucco-dentaire.
Nous, internes, apprenons durant 9 à 10 ans qu’il est essentiel de préserver les dents de nos patients à l’aide de nouvelles techniques de moins en moins invasives.
Nous, internes, ne comprenons pas, ne nous reconnaissons pas et refusons de soigner nos patients demain avec une dentisterie mutilante, non conforme aux données acquises de la Science et sans pouvoir offrir et garantir une traçabilité de nos traitements.
Nous internes souhaitons répondre au code de déontologie.
L’UNCAM veut que demain, nous mutilions les dents de nos patients en envisageant la prothèse avant la prévention.
C’est pourquoi le SNIO demande à Mr FRAGONARD, arbitre du nouvel avenant, de faire en sorte qu’une bonne santé bucco-dentaire soit un droit effectif pour tous les Français.
Le nouvel avenant doit donc :
– Permettre une véritable préservation des dents et ne plus valoriser les restaurations prothétiques mutilantes
– Améliorer la répartition des praticiens sur le territoire en l’expliquant et en s’engageant lors de la formation initiale
– Engager pleinement la Sécurité Sociale dans la santé bucco-dentaire des Français, pour que demain tous les Français bénéficient d’une juste prise en charge et ne renoncent plus à se faire soigner.
– Prendre en compte les Français dans toute leur diversité (âge, état de santé) pour que demain se faire soigner chez un chirurgien dentiste ne soit pas un droit hypothétique
Nous internes, spécialistes en odontologie de demain, conscients des coûts et enjeux de santé publique dans le domaine bucco-dentaire, nous refusons de pratiquer une dentisterie passéiste. Nous sommes au 21ème siècle et il nous apparait inacceptable, qu’en France, un patient rencontre des difficultés à recevoir des soins de qualité, conformes aux données acquises de la science, pour des raisons économiques, d’âge ou d’état de santé.
Contact :
Pierre-Jean BERAT
Président du Syndicat National des Internes en Odontologie (SNIO)
président@snio.fr
pj.berat@orange.fr