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Pour près de quatre Français sur dix, l’efficacité de leur système de santé s’est détériorée au cours des cinq dernières années

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L’amélioration de l’accès aux soins et du rapport qualité/coût représentent pour 80% d’entre eux un enjeu majeur pour les prochaines années

 

 

 

Conduite auprès de 15 735 personnes dans 12 pays dont la France, l’enquête de Deloitte révèle un certain nombre de paradoxes et alerte sur l’état du système de santé en France. Bien que plus des 2/3 (71%) des Français le considèrent comme l’un des plus performants au monde, ils se montrent critiques à plusieurs titres. L’étude fait ainsi ressortir leurs attentes vis-à-vis des responsables politiques en matière de santé.

 Un système de santé jugé globalement performant, bien que largement perfectible

Seule la moitié des Français (51%) estiment en avoir une bonne ou assez bonne compréhension, cette proportion étant significativement plus faible pour les plus jeunes générations et pour les personnes qui déclarent avoir une couverture d’assurance maladie insuffisante.  

Si à une large majorité, 73%, les Français considèrent toujours le système français comme un des meilleurs du monde, ils ne sont plus que 51% à avoir une appréciation positive de ses performances, les plus critiques étant ceux qui en ont la moins bonne compréhension.

« L’enquête que nous avons menée révèle clairement, de la part des Français, une connaissance insuffisante du système de santé, ce qui induit des perceptions négatives quant à ses performances et à son efficacité. Il s’agit d’un véritable enjeu pour les pouvoirs publics, ce déficit de compréhension étant très préjudiciable à toutes les parties concernées et au système lui-même. Une meilleure communication et plus de pédagogie semblent nécessaires » déclare Yves Jarlaud, Associé Conseil et Responsable du secteur Santé et des Sciences de la Vie chez Deloitte.

Pour près de 4 Français sur 10, l’efficacité du système de santé français s’est détériorée au cours des 5 dernières années.

Cependant, le jugement global sur la qualité des soins reste très positif (au niveau des meilleurs du Monde pour 71%), les motifs de satisfaction portant sur l’innovation médicale et sur l’accès aux meilleures technologies.

En revanche, les Français sont déçus de leur expérience de « patient-consommateur » et sont critiques sur plusieurs aspects du service rendu : en particulier concernant les temps d’attente pour accéder à un service, mais ils notent aussi un manque d’attention portée au patient individuel.

 Les Français sont de plus en plus sensibles au coût de la santé et préoccupés par son évolution

La moitié des ménages français déclarent avoir vu leurs dépenses de santé augmenter en 2011 par rapport à 2010, à hauteur de plus de 10% pour 40% d’entre eux. 

Par ailleurs, près des deux tiers estiment que le ralentissement économique a eu des conséquences sur le budget qu’ils consacrent à leur santé, ceux ayant les plus bas revenus et la moins bonne couverture d’assurance étant les plus affectés. Cette tendance semble être plus durement ressentie par les Français (66%) que par les citoyens de la plupart des autres pays couverts par l’enquête.

 L’inquiétude est grande quant à la capacité future à faire face aux dépenses de santé : 1/4 des ménages en moyenne pense ne pas être prêt à assumer ses frais de santé à venir (un sur trois pour ceux dont les revenus sont les plus modestes), et ce indépendamment de l’étendue de leur couverture santé.

Le système de santé français est jugé dispendieux et peu efficace :

       2 Français sur 3 estiment que notre système de santé gaspille plus de 30% des sommes qui y sont consacrées. Ils soulignent en particulier la bureaucratie, le « tout papier », le manque de responsabilisation individuelle en matière de santé et l’acharnement thérapeutique en fin de vie.

       Ils considèrent en majorité (55%) que la qualité des soins pourrait être améliorée tout en réduisant les coûts.

« Nos concitoyens déclarent qu’ils attacheront beaucoup d’importance aux questions relatives à l’amélioration  de l’accès aux services, à la réduction des frais de santé et à l’amélioration du ratio qualité / coût des services de santé dans le choix d’un candidat sollicitant leurs suffrages. » souligne Danièle Guyot-Caparros, Directeur Conseil et Business Advisor secteur Santé et Sciences de la Vie chez Deloitte.

 Les Français sont moyennement satisfaits de leur état de santé et de son évolution, mais paradoxalement ils font peu d’efforts pour l’améliorer

Les Français sont sensiblement plus pessimistes sur leur santé que les citoyens d’autres pays (moins de 40% d’entre eux se considèrent en très bonne santé et un sur quatre juge son état de santé médiocre). De plus, un sur quatre estime également que son état de santé s’est dégradé au cours de la dernière année, cette perception affectant toutes les classes d’âge.

Pour autant, la prévention est encore loin d’être au cœur des préoccupations des français, et de gros efforts sont à fournir en la matière par tous les acteurs de la chaine de santé

       Seul 1 Français sur 10 déclare avoir participé à un programme visant à l’amélioration de son hygiène de vie et de son bien-être.

       Le pourcentage est à peine plus élevé (11%) pour ceux souffrant d’une maladie chronique, plaçant ainsi les Français parmi les derniers de notre échantillon

 

Le médicament reste un pilier important de « l’approche santé » des Français.

       Ils comptent toujours parmi les plus gros consommateurs de médicaments de prescription au monde (56% des Français déclarent en consommer de façon régulière avec une prise quotidienne moyenne de 3 médicaments).

       L’actualité récente (affaire du Mediator notamment) ne semble pas encore avoir affecté le niveau de confiance dans les médicaments de prescription, puisque 7 patients français sur 10 sont convaincus de leur efficacité.

       Toutefois la notion de coût et de rapport qualité/prix commence à émerger dans les demandes de prescription (1 Français sur 5 a demandé à son médecin la prescription d’un générique pour des raisons économiques au cours des 12 derniers mois). Par ailleurs, moins de un Français sur deux considère que le rapport qualité/coût des médicaments de prescription est bon. Cette proportion tombe à un sur quatre pour les médicaments sans ordonnance.

 

La « e-santé » reste plus un concept qu’une réalité, et les acteurs du secteur doivent en priorité traiter les inquiétudes en matière de sécurité et de fiabilité des données.

       Les Français sont encore réticents sur beaucoup d’aspects de l’ « e-Santé ». Même s’ils affichent leur intérêt pour les évolutions technologiques, ils en restent des utilisateurs très modestes. Ils apparaissent systématiquement dans le peloton de queue du panel international sur ces questions.

       Si 51% d’entre eux sont favorables à l’introduction du DMP électronique, à ce jour seuls 6% ont créé leur propre dossier médical électronique, les risques « ressentis » en matière de sécurité et de confidentialité étant très clairement des freins sérieux.

       1 Français sur 2 atteint d’une maladie chronique serait également intéressé par un dispositif médical permettant du monitoring à domicile.

       En revanche les Français restent très largement (près de 90%) sceptiques quant à l’utilisation d’outils électroniques du type smartphone ou PDA permettant le suivi à distance de traitements ou l’obtention d’informations relatives à leur santé.

 

 Les Français sont majoritairement satisfaits de leur assurance santé, mais sont inquiets pour l’avenir

Seuls 9% des Français considèrent que leur couverture d’assurance est insuffisante, le niveau de satisfaction globale se traduisant par un taux de fidélité très élevé.

Toutefois la pression économique commence à se faire sentir et 2 Français sur 3 affirment avoir atteint ou dépassé leur limite budgétaire en matière de prime d’assurance santé.

Pour autant les Français s’orientent majoritairement vers une couverture individualisée ignorant les bénéfices d’une mutualisation des coûts.

Les assureurs font face à quelques défis importants pour l’avenir en matière de communication et d’image et doivent y travailler de façon proactive pour intégrer la place qui leur revient dans la chaîne de soins. Ainsi, pour ce qui concerne les attentes en matière de services :

       66% des Français interrogés identifient  nettement comme fondamentaux les services leur permettant de ne pas avoir à avancer de frais.

       On constate également un intérêt grandissant pour l’accompagnement en matière de prévention (39% des sondés), même si la visibilité sur ce type de services est insuffisante (55% des Français ignorent s’ils en bénéficient par le biais de leur couverture d’assurance complémentaire).

 « Le déficit de crédibilité des assureurs est considérable quand il s’agit d’accéder à des informations sur des traitements médicaux. Un décloisonnement de la chaîne de santé est ainsi nécessaire en matière de prévention. La mise en place d’une collaboration entre les organismes complémentaires santé, les pouvoirs publics et l’ensemble des professionnels de santé est essentielle pour proposer des programmes de prévention efficaces. Domaine encore trop peu exploité par les organismes d’assurance et les mutuelles.» déclare Jean-François Poletti Associé Conseil, secteur Assurances responsable du domaine protection sociale chez Deloitte.

 

Marie Goislard

Consultante

RUMEUR PUBLIQUE

Tel: +33 1 55 74 52 33

Mobile: +33 6 21 23 37 75

e-mail : marie@rumeurpublique.fr

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