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Le Collège national des sages-femmes de France rend public son rapport sur la réorganisation de la périnatalité (Document)

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Le Collège national des sages-femmes de France rend public son rapport sur la réorganisation de la périnatalité. Ce travail s’inscrit dans un contexte où la mortalité infantile ne diminue plus depuis 2015 en France et atteint 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2024. La moitié des décès survient au cours de la première semaine de vie.

La mortalité maternelle, bien que rare, reste évitable dans 60 % des situations ; 272 décès maternels ont été recensés entre 2016 et 2018. Ces chiffres révèlent les limites d’une organisation qui peine encore à prévenir tôt, à repérer les vulnérabilités, à coordonner clairement les acteurs et à adapter les réponses aux besoins réels des co-parents.

Réorganiser le système autour des grossesses majoritairement physiologiques

Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de constater les limites du système actuel, mais de réfléchir à son point d’équilibre. La périnatalité ne peut pas être pensée uniquement à partir des situations les plus complexes. Elle doit aussi être organisée à partir de ce qui constitue la réalité la plus fréquente du parcours : des grossesses majoritairement physiologiques, qui nécessitent avant tout un accompagnement précoce, continu, gradué et coordonné.

Les sages-femmes sont présentes tout le long du parcours des femmes et des familles

Dans cette organisation, la place des sages-femmes apparaît naturellement. En effet environ 70 % des accouchements sont réalisés par des sages-femmes, tandis que 80 % des grossesses relèvent du bas risque. Professionnelles de premier recours dans le champ de la périnatalité, présentes à chaque étape du parcours, elles interviennent à la fois dans le suivi des grossesses physiologiques, la préparation à la naissance, l’accouchement, le post-partum, le repérage des vulnérabilités et l’orientation vers d’autres professionnels lorsque la situation le nécessite.

Leur rôle ne procède donc pas d’un déplacement artificiel des responsabilités ; il découle au contraire de la nature même du parcours périnatal, qui exige à la fois proximité, continuité, expertise clinique et capacité de coordination. Là où la grossesse est physiologique, le suivi doit pouvoir être clair, accessible et cohérent. Là où apparaissent des facteurs de risque ou des complications, les réorientations doivent être rapides, lisibles et sécurisées.

Renforcer la prévention aux étapes clés du parcours des femmes enceintes

Cette approche conduit également à redonner toute leur place à des séquences encore insuffisamment structurées du parcours. La période pré-conceptionnelle, le début de grossesse, l’entretien prénatal précoce, le repérage médico-psycho-social, le retour à domicile et le post-partum doivent être considérés comme des temps majeurs de la politique périnatale. Ce sont souvent dans ces moments que se jouent la qualité du suivi, l’anticipation des vulnérabilités, la prévention des complications et la continuité effective de la prise en charge.

La réflexion portée par le CNSF s’organise autour de six axes complémentaires :

  • prévention anténatale : enjeux et pistes d’amélioration
  • le parcours anténatal : clarification des étapes et pertinence des actions
  • postpartum : renforcement de l’accompagnement et ajustement en fonction des besoins
  • lieux de naissance : adéquation des ressources et respect de la physiologie
  • coordination territoriale : renforcement de la coopération de la communication et de l’adéquation des besoins
  • profession de sage-femme : ajustements institutionnels et évolutions nécessaires.

Pris ensemble, ces axes ne dessinent pas une réforme de rupture, mais une réforme de cohérence. Ils proposent de réordonner le système à partir des besoins concrets des femmes, des enfants et des familles, ainsi qu’à partir des compétences déjà présentes dans le parcours.

« La périnatalité a besoin d’une organisation plus lisible, plus précoce et plus continue. Le rôle des sages-femmes s’inscrit naturellement dans cette évolution, parce qu’il est au croisement de la prévention, du suivi, de l’accompagnement et de l’orientation. L’enjeu est de mieux ordonner le système à partir des besoins réels des femmes et des familles » – Éléonore Bleuzen-Her, Présidente du Collège National des Sages-Femmes.

Téléchargez le communiqué et le rapport

Contacts
Éléonore BLEUZEN-HER – eleonore.bleuzen-her@college-sages-femme.fr
Laurence PERRIER – laurence.perrier@nile-consulting.eu

À propos du CNSF – www.college-sages-femmes.fr
Fondé en 2001, le Collège National des Sages-Femmes de France (CNSF) est la société savante de la profession. Structure indépendante, il rassemble des sages-femmes diplômé.e.s dans tous les modes d’exercice — hospitalier, libéral, territorial et enseignant — ainsi que les étudiantes et étudiants sages-femmes, autour d’une mission commune : promouvoir la qualité des soins, soutenir la recherche en maïeutique et contribuer à l’élaboration des politiques de santé périnatale.

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