La Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) dénonce avec la plus grande fermeté l’exclusion répétée des infirmières et infirmiers libéraux des dispositifs d’aide au carburant annoncés par le Gouvernement.
En moins d’un mois, la profession a été écartée à trois reprises de mesures dont elle avait pourtant été publiquement identifiée comme bénéficiaire. Le 25 mars, une ouverture était évoquée à l’Assemblée nationale. Le 27 mars, le plan de soutien de 70 millions d’euros excluait les infirmiers libéraux. Le 21 avril enfin, le nouveau dispositif destiné aux « travailleurs modestes grands rouleurs » les ignore à nouveau.
« Trois annonces, trois exclusions : le Gouvernement ne peut plus parler d’oubli, il s’agit d’un mépris assumé envers 132 000 infirmiers libéraux. Pendant que certains bénéficient de dispositifs pérennes, ceux qui soignent à domicile et garantissent la continuité des soins sont laissés seuls face à l’explosion des coûts. À ce niveau, ce n’est plus une erreur, c’est une faute politique. »
Daniel Guillerm — Président de la FNI
Une politique incohérente, injuste et intenable
Incohérente, d’abord : les pouvoirs publics appellent les infirmiers libéraux à porter le virage domiciliaire, tout en refusant de reconnaître que leurs déplacements constituent une mission de service public.
Injuste, ensuite : d’autres professions fortement dépendantes du carburant bénéficient de dispositifs de soutien, voire de mécanismes de détaxation pérenne. Les infirmiers libéraux, qui parcourent chaque jour parfois plus de 200 kilomètres pour assurer la continuité des soins à domicile, n’ont accès à aucun dispositif équivalent.
Intenable, enfin : plus de la moitié du prix du carburant reste constituée de taxes, appliquées à des déplacements strictement professionnels et indispensables à la prise en charge des patients.
La FNI exige la mise en place d’un carburant professionnel détaxé (TICPE et TVA) pour les infirmiers libéraux, sur le modèle des dispositifs existants pour d’autres professions fortement dépendantes de leurs déplacements.
La FNI appelle le Gouvernement à corriger immédiatement cette injustice, La parole publique engage. Trois reniements en un mois ne peuvent rester sans conséquence.
Face à cette situation, la FNI maintient et renforce ses consignes :
arrêt immédiat de l’acceptation de toute nouvelle prise en charge en sortie d’hospitalisation ; Dès demain, la FNI convoque ses instances syndicales afin de définir les modalités de poursuite du mouvement.
Site : fni.fr