Face à la hausse des infections à chlamydia et à gonocoque, l’Assurance Maladie propose aux jeunes adultes un test de dépistage à domicile, à réaliser même en l’absence de symptôme. En quelques minutes depuis le site https://mon-test-ist.ameli.fr, il est possible de commander gratuitement, et sans ordonnance, un kit d’auto-prélèvement à réaliser chez soi.
Actuellement en phase pilote, ce dispositif est déjà proposé aux jeunes femmes de 18 à 25 ans depuis l’été 2025. Son extension aux hommes du même âge marque une nouvelle étape dans la prévention de la propagation des IST qui peuvent avoir des conséquences sérieuses sur la santé.
En effet, la chlamydiose et la gonorrhée sont des infections capables de progresser silencieusement pendant des mois voire des années. Pourtant, si elles ne sont pas traitées, elles peuvent entraîner des complications graves et irréversibles (infertilité, grossesse extra-utérine). D’où l’importance d’un dépistage régulier, même en l’absence de symptômes.
En facilitant sa réalisation, le dispositif Mon test IST à domicile entend lever des freins susceptibles de dissuader certains jeunes de se faire tester : crainte du jugement, précarité, difficulté d’accès aux laboratoires d’analyses qu’elles soient liées à leur éloignement ou à des contraintes de mobilité.
A l’instar du kit vaginal, le kit urinaire peut être commandé après avoir complété un questionnaire rapide. Aucune information bancaire n’est à renseigner : la prise en charge est à 100% et sans avance de frais. Disponibles sous 5 jours ouvrés maximum, les résultats sont consultables gratuitement, et en toute confidentialité, via le portail mesanalyses.fr (une notification SMS signale leur mise en ligne).
À ce jour, près de 10 000 femmes ont commandé un kit de dépistage. Prévu pour fin 2027, l’évaluation du dispositif visera notamment à définir les conditions de son extension, tel que l’élargissement des capacités d’analyse du nombre de tests.
POURQUOI ET QUAND SE FAIRE DÉPISTER ?
Les infections à chlamydia et à gonocoque sont particulièrement fréquentes chez les jeunes. Souvent asymptomatiques, ces IST passent pour beaucoup inaperçues et ne sont de fait ni diagnostiquées ni traitées, ce qui favorise leur transmission. C’est pourquoi il est recommandé de recourir au dépistage dans plusieurs situations, y compris en l’absence de symptômes, notamment si :
· son partenaire ou ex-partenaire présente des signes évocateurs ou a été diagnostiqué positif à une infection sexuellement transmissible ;
· en cas de rapport sexuel non protégé (y compris oral), en particulier avec un nouveau partenaire ;
· avant d’arrêter le préservatif ;
· en cas de prise de risque, de doute ou de multiplicité de partenaires.
Lorsque des symptômes apparaissent, les plus habituels sont des douleurs en urinant ou pendant les rapports sexuels, des écoulements vaginaux et des maux de ventre chez la femme, ainsi que des picotements ou brûlures en urinant, et des écoulements au niveau du pénis chez l’homme.
Sans traitement, ces infections peuvent entraîner des complications graves, notamment une inflammation de l’urètre, de la prostate ou des testicules chez l’homme, pouvant évoluer vers des douleurs chroniques, une altération de la qualité du sperme et, à terme, une infertilité.
Elles augmentent également le risque de transmission du VIH : l’inflammation et les micro-lésions qu’elles provoquent facilitant l’entrée du virus dans l’organisme.
Enfin, même après leur élimination, des réinfections à chlamydia et à gonocoque restent possibles en raison de la faible immunité acquise contre ces bactéries. Ainsi, le dépistage régulier est essentiel pour détecter au plus tôt ces infections et éviter leurs conséquences à long terme.
DE LA COMMANDE AU DÉPISTAGE, UN PARCOURS SIMPLE EN TROIS ÉTAPES
Très facile, la démarche pour réaliser le test se déroule en trois temps seulement : commander le kit en ligne, effectuer l’auto-prélèvement et envoyer l’échantillon grâce à l’enveloppe pré-affranchie fournie.
Après avoir rempli un court questionnaire sur le site https://mon-test-ist.ameli.fr, le kit est expédié à l’adresse indiquée sous 48 heures. Une fois le prélèvement accompli – urinaire ou vaginal selon le genre de la personne – l’échantillon est placé dans un tube prévu à cet effet, puis dans un sachet de protection avant d’être glissé dans l’enveloppe T destinée au laboratoire.
Pour les personnes transgenres, queer ou non-binaires, il existe la possibilité de choisir le type de kit de dépistage qu’elles souhaitent recevoir au moment de la commande (kit urinaire ou kit vaginal), indépendamment des informations administratives associées à leur numéro de Sécurité sociale. Lorsque cela est possible, il est recommandé de privilégier le kit vaginal.
Environ cinq jours ouvrés plus tard, la personne reçoit un SMS l’invitant à consulter ses résultats sur le portail mesanalyses.fr.
Aucun frais n’est demandé à aucun moment de ce parcours à condition que le prélèvement soit renvoyé et analysé avant que la personne n’atteigne l’âge de 26 ans. Comme pour la majorité des analyses de biologie médicale, une participation forfaitaire de 2 euros reste applicable, elle sera déduite d’un prochain remboursement.
Quels sont les bons réflexes pour un test fiable ?
La fiabilité des résultats dépend des conditions de recueil et de transport du prélèvement : chaleur et délais trop longs peuvent fausser l’analyse.
En cas de fortes chaleurs, prudence !!
Lorsque les températures sont élevées (dès 33°C), il est important de reporter la réalisation de son prélèvement à une période plus fraîche.
La chaleur, y compris pendant le transport, peut altérer l’échantillon. En cas de canicule, il est recommandé de réaliser le test après l’épisode de fortes chaleurs, lorsque les températures sont repassées sous la barre des 33°C, ou de se rendre si c’est possible dans un laboratoire d’analyse de biologie médicale, notamment en cas de symptômes.
Choisir le bon moment pour l’envoi
Afin d’éviter tout stockage prolongé dans une boîte aux lettres, il ne faut pas réaliser ni déposer son prélèvement la veille d’un week-end ou d’un jour férié, car cela rallonge l’acheminement.
Un envoi rapide, c’est essentiel
Une fois le prélèvement réalisé, il convient de le poster dans les 24 heures afin de limiter l’altération de l’échantillon.
À conserver simplement
En attendant un envoi rapide, le prélèvement doit être conservé à température ambiante (inférieure à 33°C). Il ne doit en aucun cas être placé au réfrigérateur.
IST BACTÉRIENNES : UN DÉPISTAGE EN PROGRESSION MAIS UNE PROTECTION EN DIMINUTION
Entre 2014 et 2023, les infections à chlamydia et à gonocoque ont augmenté en France, notamment chez les jeunes adultes (15-24 ans) : le taux de diagnostic de la chlamydia a été multiplié par près de 3, tandis que celui de la gonorrhée a doublé ou triplé selon les années, malgré un recul transitoire pendant la pandémie de Covid-19. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de forte augmentation du recours au dépistage dans cette tranche d’âge.[1]
Ce bond des infections sexuellement transmissibles s’explique également par un recours insuffisant au préservatif, qui demeure pourtant le moyen le plus efficace de se protéger de la plupart des IST.
Après une forte progression jusqu’au milieu des années 2000, l’utilisation du préservatif lors du premier rapport sexuel a diminué. En 2023, 75% des femmes (contre 98% en 2004-2006) et 84% des hommes (vs 97% en 2004-2006) ont utilisé un préservatif lors de leur première fois. Les données concernant les 18-29 ans montrent qu’en cas de nouvelle relation, le recours au préservatif est encore plus limité : une femmes sur deux et six hommes sur 10 dans cette tranche d’âge déclarent s’en servir avec un partenaire rencontré dans les 12 derniers mois[2].
Face à cette baisse du port du préservatif et à la progression des contaminations, les pouvoirs publics agissent sur deux fronts : renforcer l’accès à la prévention et faciliter le dépistage. Ainsi, depuis janvier 2023, les préservatifs sont gratuits pour les moins de 26 ans en pharmacie, sans ordonnance ni avance de frais.
Parallèlement, depuis septembre 2024, chacun peut demander en laboratoire de biologie médicale un dépistage sans ordonnance ni rendez-vous de quatre IST en plus du VIH : gonorrhée, chlamydiose, hépatite B et syphilis.
Pour les moins de 26 ans, le dépistage de ces cinq IST est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. Au-delà de 26 ans, seul le dépistage du VIH est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie ; celui des quatre autres IST est remboursé à 60% par l’Assurance Maladie et à 40% par la complémentaire santé.
Contacts presse : presse.cnam@assurance-maladie.fr
Notes :
[1] BEH 25/11/2025 – Dépistage, prévention et traitement du VIH et des infections sexuellement transmissibles : enjeux et déterminants.
[2] Premiers résultats de l’enquête Contexte des sexualités en France-2023 Inserm-ANRS-MIE.