Filtres
Type d'information
Secteur
Zone géographique
Période
Tri

Accès aux soins psychiatriques : la communication ne suffit pas ! (Communiqué)

Imprimer la liste
Share

Parents, enseignants, éducateurs, tous sont désemparés face à un enfant ou un adolescent qui va mal : comment avoir un avis psychiatrique rapidement ?

Ils étaient quatre ministres pour faire des annonces à l’occasion de l’événement « Santé mentale, Grande cause nationale » organisé le 2 juin. Les personnels spécialisés de l’Éducation Nationale (médecins, infirmièr.es, psychologues, assistant.es sociaux) pourront recourir à un dispositif de prise en charge accélérée vers les structures adaptées, un coupe-file comme l’ont relayé les medias.

Vu le faible nombre des personnels de santé dans les établissements scolaires, il va déjà falloir que les enseignants les trouvent ! Quand aux parents ils pourront bénéficier d’une prise en charge immédiate grâce au Service d’accès aux soins et aux filières psychiatriques d’urgence en cas de risque de passage à l’acte ou de danger vital. On laisse à la famille la responsabilité d’évaluer le risque.

Tout cela n’est pas sérieux ! Si les délais d’attente dans les structures comme les CMP (centres médico psychologiques) sont si longs, c’est parce qu’ils manquent de personnels, pas parce qu’ils y mettent de la mauvaise volonté ! Le coupe-file n’est que de la communication, car la suite de la prise en charge sera aussi longue si on n’y met pas les moyens, multipliant d’ailleurs le recours à des dispositifs d’urgence.

En ce moment, le centre psychiatrique d’orientation et d’accueil (CPOA) de Sainte-Anne est en grève. Ce service parisien a la spécificité d’être dédié aux urgences psychiatriques. Faute de places d’hospitalisation en aval, les malades peuvent y rester plusieurs jours, à dormir sur des matelas dans les couloirs ou les bureaux.

La communication du gouvernement ne suffit pas ! Elle doit s’accompagner de moyens pour la psychiatrie publique. Certes, on manque de psychiatres dans notre pays. Il est urgent de former plus de médecins : plus se destineront à la psychiatrie ! Et dans l’immédiat, ils peuvent se faire aider par les psychologues. Encore faut il que des postes soient créés dans le service public ! Le gouvernement se félicite du dispositif MonSoutienPsy, sauf que ce dispositif libéral ne permet ni le suivi, ni la prise en charge par une équipe comme il serait indispensable. Pour la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité il est urgent de redonner à la psychiatrie publique de secteur, garante du maintien de la nécessaire proximité, et aujourd’hui justement si mise à mal, les moyens de répondre aux besoins de la population.

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

Site web
https://coordination-defense-sante.org/

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Share