L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 15 juillet, en vote solennel définitif, la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir par 291 voix contre 241. L’association Les Éligibles et leurs Aidants accueille ce vote avec une inquiétude profonde, et annonce qu’elle contribuera aux deux saisines du Conseil constitutionnel.
« Il faut cesser de dire que ce texte est un droit : il expose, il ne protège pas. Or un droit protège », déclarent Magali Jeanteur co-présidente de l’association, présente dans les tribunes de l’Assemblée nationale au moment du vote. « Sur les milliers d’amendements déposés ces derniers mois, très peu ont été adoptés : les garanties pour les personnes isolées, dépendantes ou psychiquement vulnérables restent quasi inexistantes. Et cette procédure a donné le dernier mot à l’Assemblée sans que le Sénat, pourtant actif sur ce sujet, n’ait été entendu, à croire qu’il n’avait pas le droit d’être contre. »
Pour l’Association, le combat n’est pas clos pour autant. « Nous allons devoir nous protéger, créer une vraie communauté d’entraide et soutenir les plus précaires ou isolées à se défendre et à être entourées. Il va falloir un sursaut de fraternité et de solidarité. » déclare Louis Bouffard, co-président de l’association. En commençant par les deux recours au Conseil constitutionnel, où Les Éligibles et leurs Aidants attendent que plusieurs articles, qui exposent massivement les plus fragiles sans garde-fous ou qui font peser une coercition très forte sur les soignants et les établissements, soient retirés.
Depuis un an, Les Éligibles et leurs Aidants portent la voix des personnes isolées, dépendantes ou vulnérables. Devenue association il y a six mois, elle rassemble aujourd’hui 1 300 adhérents dans toute la France et s’est appuyée sur plus de 100 bénévoles pour rencontrer directement 80 parlementaires de tous bords. Ce mouvement ne se dissout pas avec ce vote : il entend élargir son action à tout ce qui touche les personnes éligibles et rester un interlocuteur des pouvoirs publics, comme en témoigne le dialogue engagé avec Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, dans la perspective de la conférence nationale du handicap de septembre 2026.
« Ces derniers mois ont été éprouvant, y compris pour beaucoup d’entre nous qui sommes en fin de vie et qui avons porté nos convictions jusqu’au bout de nos forces. Protéger la dignité humaine et les plus faibles est un combat de tous les instants, qui ne s’achève jamais. La tension entre liberté individuelle et fraternité collective, qui traverse notre société, ne se refermera pas avec ce vote, au contraire », concluent les co-présidents.
Contact presse : contact@leseligibles.fr