Mieux détecter et suivre les épidémies à l’hôpital grâce aux données déjà disponibles : c’est l’ambition du réseau Orchidée (Organisation d’un Réseau de Centres Hospitaliers Impliqués Dans la surveillance Epidémiologique et la réponse aux Emergences), coordonné par Santé publique France et cofinancé par la Commission européenne.
Ce réseau vise à renforcer la surveillance épidémiologique hospitalière en suivant l’évolution des maladies à l’hôpital, qu’elles soient infectieuses ou non. En obtenant une vision globale de la situation sanitaire dans les hôpitaux, il devient possible de mieux évaluer l’ampleur et la gravité des maladies et des épidémies ainsi que leur impact sur la tension hospitalière.
Orchidée, qui continue de se structurer et de s’élargir, comprend aujourd’hui près de 80 % des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) présents en France.
Les premiers indicateurs relatifs aux infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) seront progressivement mis à disposition en open data, dès cet automne.
Un système innovant et robuste, qui renforce le dispositif de surveillance hospitalière en France
Le réseau Orchidée vient compléter le dispositif de surveillance hospitalière de Santé publique France, aujourd’hui alimenté par les données des services d’urgence, en l’étendant aux hospitalisations conventionnelles et à la réanimation.
Concrètement, ce nouveau réseau de surveillance permet à Santé publique France d’identifier la part des patients hospitalisés pour la prise en charge d’un ensemble de pathologies. Il permet d’obtenir des indicateurs capables de mieux caractériser la fréquence et la sévérité de maladies infectieuses et non infectieuses parmi les patients hospitalisés.
Les pathologies ciblées dans un premier temps sont les suivantes : infections respiratoires aigües, infections associées aux soins, infections bactériennes sévères, résistance aux antibiotiques, arboviroses et traumatismes. L’approche sera ensuite étendue à d’autres enjeux de santé publique.
Cette nouvelle surveillance offre également la possibilité de mieux se préparer et répondre aux futures situations sanitaires exceptionnelles, notamment à l’émergence de nouveaux virussusceptibles d’avoir un impact important sur les hospitalisations, la réanimation ou la mortalité.
« Nous disposons en France d’un système de surveillance multi-sources fiable et très large : dispositif des maladies à déclaration obligatoire, services d’urgence, médecine de ville, établissements ou services médico-sociaux, données biologiques, données virologiques, surveillance des eaux usées… Néanmoins, en dehors, des urgences, il n’y avait pas de collecte de données nous permettant d’avoir une vision globale sur l’hôpital.
C’est dans cette optique que le projet Orchidée a été créé ; ces données nous permettront de savoir et d’indiquer en temps réel la proportion des personnes actuellement hospitalisées pour grippe, pour Covid-19, pour bronchiolite ou autre pathologie… parmi l’ensemble des patients hospitalisés dans un établissement », explique le Dr Etienne Pot, Directeur général par intérim de Santé publique France.
Avec Orchidée, la surveillance hospitalière sera plus large sans solliciter davantage le personnel hospitalier pour la collecte des informations. Son fonctionnement repose sur des données existantes, déjà collectées dans le cadre des soins et stockées dans les entrepôts hospitaliers. Orchidée exploite ces données sans qu’aucune ressaisie soit nécessaire, offrant des garanties majeures : la qualité des indicateurs et la continuité de la collecte.
26 établissements hospitaliers universitaires engagés au sein du réseau, répartis dans l’hexagone et aux Antilles
Le projet Orchidée s’appuie sur un consortium coordonné par Santé publique France, associant 26 Centres Hospitaliers Universitaires (CHU)[1], la Plateforme des données de santé (PDS), Bordeaux Population Health Research Center (université de Bordeaux/Inserm) et l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).
En deux ans seulement, les partenaires ont construit et structuré un réseau d’entrepôts de données hospitaliers, permettant aux établissements de contribuer à une surveillance épidémiologique novatrice. Cette organisation leur permet de produire en temps quasi réel, selon des méthodes développées collectivement, des indicateurs harmonisés et robustes.
« En seulement deux ans, les partenaires d’Orchidée ont relevé des défis scientifiques, organisationnels et de gouvernance importants : fédérer les entrepôts de données de 26 CHU selon un cadre commun afin de construire un nouveau dispositif national de surveillance épidémiologique hospitalière » précise Geneviève Chêne, professeure de santé publique à l’université et au CHU de Bordeaux et responsable du Work Package scientifique d’Orchidée.
Avec près de 80 % des CHU français aujourd’hui embarqués dans le réseau, Orchidée a vocation à poursuivre son élargissement en accueillant d’autres établissements hospitaliers, afin de fournir une surveillance toujours plus représentative.
Dès la saison 2026/2027, des premiers indicateurs disponibles sur les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS)
La surveillance intégrée de la grippe, du COVID-19 et de la bronchiolite est un enjeu clé, souligné par l’ECDC et l’OMS, pour mieux comprendre la dynamique et la gravité des épidémies liées aux maladies respiratoires ainsi que leur impact hospitalier. Le réseau Orchidée y répond directement.
Les premiers indicateurs épidémiologiques relatifs à ces pathologies sont déjà transmis à Santé publique France, qui assure leur centralisation, leur compilation et leur interprétation.
Les indicateurs issus du réseau Orchidée seront progressivement mis à disposition sur Odissé, le portail open data de Santé publique France, dès cet automne.
Pour tout savoir sur le projet Orchidée
[1] 26 CHU : Amiens, Angers, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen Normandie, Dijon, Grenoble, Guadeloupe, Lille, Limoges, Lyon, Martinique, Metz-Thionville, Montpellier, Nantes, Nancy, Nice, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Tours.