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Le rapport du député Cyrille Isaac-Sibille inscrit l’audition dans la prévention primordiale du vieillissement (Communiqué)

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Le Syndicat des audioprothésistes (SDA) salue le rapport du député Cyrille Isaac-Sibille sur la prévention, qui consacre une section entière à l’audition et en fait l’une des capacités clés du bien vieillir. Pour que ce rapport se traduise en actes, le SDA appelle à un repérage auditif dès la mi-vie et à une stratégie pluriannuelle sur l’audition. 

Le SDA accueille avec satisfaction le rapport « Construire un système de prévention primordiale », remis au Premier ministre par le député Cyrille Isaac-Sibille et présenté le 16 septembre à l’Assemblée nationale[1]. Auditionné par la mission, le SDA se réjouit d’y retrouver plusieurs des analyses qu’il a portées en matière de santé auditive et de bien vieillir. Il partage pleinement l’ambition qui inspire ses 48 recommandations : investir dans la prévention autant que dans le soin, pour préserver durablement notre modèle de protection sociale.

Le rapport rend en effet à l’audition la place qui lui revient. Dans les développements consacrés au vieillissement, érigé en champ à part entière de la prévention primordiale, une section lui est dédiée sous un intitulé explicite : « Entendre pour rester en lien »[2]. « Souvent considérée comme un sens secondaire », l’audition est « pourtant l’un des vecteurs fondamentaux de la relation à l’autre », souligne le député. Il y décrit la presbyacousie comme l’un des déficits sensoriels les plus fréquents après 65 ans, minimisée par ceux qui en souffrent et socialement banalisée, alors même que la perte auditive agit comme un « facteur de fragilisation indirect »qui « affaiblit progressivement les liens sociaux et cognitifs » protégeant contre la dépendance. Le rapport relève aussi qu’au premier échelon de l’expérimentation ICOPE, l’audition est le domaine le plus souvent altéré (43,6 %, contre 16,2 % pour la nutrition)[3].

Tirant les leçons de l’échec du plan antichute 2022-2024, il rappelle enfin que les chutes mettent en jeu l’audition, un facteur que le SDA appelle de longue date à mieux prendre en compte[4].

Le SDA soutient donc sans réserve la proposition n° 18, qui fait des capacités fonctionnelles d’ICOPE, dont l’audition, le langage commun des politiques du vieillissement : « il ne s’agit plus seulement d’éviter ou de traiter des maladies, mais de préserver des capacités »[5].

Compenser une perte auditive, c’est en effet agir en prévention sur trois autres capacités : la cognition, la santé mentale et la mobilité.C’est aussi préserver le lien social : une analyse de l’essai ACHIEVE publiée en 2025 montre que l’intervention auditive limite sur trois ans le repli du réseau social des personnes âgées malentendantes et réduit leur sentiment de solitude[6].

Sur le plan cognitif, la Commission du Lancet a établi que la perte auditive non corrigée est, à égalité avec l’excès de cholestérol LDL, le premier des quatorze facteurs de risque modifiables de démence[7]. Par ailleurs, l’OMS admet désormais que des aides auditives peuvent être proposées dans les stratégies de réduction de ce risque[8]. Selon ses évaluations médico-économiques, le retour sur investissement des soins auditifs est du même ordre de grandeur que celui de la vaccination[9], alors que la déficience auditive non soignée coûte près de 1 000 milliards de dollars par an dans le monde[10]. Le rapport résume la prévention du vieillissement en trois mots : « manger, bouger, parler ».

Or parler suppose d’abord d’entendre.

Le SDA partage également l’avertissement de la mission : repérer une fragilité sans offre locale d’intervention risque de placer les personnes « dans l’anxiété sans solution »[11]. En audiologie, cette chaîne existe : grâce au 100 % Santé, un maillage de 8 000 points de prise en charge garantit un appareillage sans reste à charge, assorti d’au moins quatre années d’adaptation et de suivi. L’intervention auditive réunit ainsi les quatre critères que la mission fixe pour déployer et financer une action de prévention : des données probantes, un accès équitable, une offre déjà présente sur tout le territoire et un retour sur investissement favorable[12].

Pour donner effet à ces orientations, le SDA appelle à intégrer un repérage auditif aux bilans de prévention dès 45-50 ans, la mi-vie étant décisive selon la Commission du Lancet. Le rapport range l’accès aux aides auditives parmi les politiques structurantes du pays, tout en jugeant cette richesse « trop souvent fragmentée »[13].

Le SDA plaide donc pour une stratégie pluriannuelle sur l’audition, inscrite dans la stratégie nationale de santé comme le recommandait l’IGAS dès 2021[14], et dotée d’indicateurs d’impact, comme le propose la mission[15]. Elle permettrait notamment de mieux informer le public[16] et de lutter contre la banalisation et la stigmatisation de la perte auditive. Il demande enfin que les audioprothésistes soient pleinement associés à la démarche « chaque contact compte » : le suivi régulier de patients souvent âgés en fait des acteurs de premier plan de la prévention de la perte d’autonomie.

La santé auditive n’est pas un sujet sectoriel. Elle est l’une des conditions du bien vieillir et un levier essentiel du virage préventif que ce rapport appelle de ses vœux.

Notes :

[1] Cyrille Isaac-Sibille, Construire un système de prévention primordiale. Replacer la santé sous de bonnes influences, rapport remis au Premier ministre le 13 juillet 2026.

[2] Ibid., p. 92 et 253-254.

[3] Ibid., p. 93.

[4] Ibid., p. 64-65.

[5] Ibid., p. 248.

[6] N. S. Reed et al., « Hearing Intervention, Social Isolation, and Loneliness: A Secondary Analysis of the ACHIEVE Randomized Clinical Trial », JAMA Internal Medicine, vol. 185, n° 7, 2025, p. 797-806.

[7] G. Livingston et al., Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission, The Lancet, vol. 404, 2024. La perte auditive à mi-vie et l’excès de cholestérol LDL sont chacun associés à 7 % des cas de démence ; 45 % des cas pourraient être évités ou retardés en agissant sur les quatorze facteurs identifiés.

[8] OMS, Risk reduction of cognitive decline and dementia: WHO guidelines, 2eédition, juillet 2026.

[9] OMS, Surdité et perte auditive, principaux repères, 3 mars 2026 (près de 16 dollars pour un dollar investi sur dix ans) ; S. Ozawa et al., « Return on Investment from Childhood Immunization in Low- and Middle-Income Countries, 2011–2020», Health Affairs, 2016 (16 dollars pour un dollar investi).

[10] OMS, Surdité et perte auditive, précité.

[11] Rapport précité, p. 93-94.

[12] Ibid., proposition n° 31, p. 278.

[13] Ibid., p. 247.

[14] IGAS, rapport sur la filière auditive, novembre 2021, recommandation n° 12.

[15] Rapport précité, proposition n° 21, p. 256.

[16] Communiqué SDA, Le SDA apporte son soutien à l’encadrement de la publicité en audioprothèse et en optique, pour mettre fin aux dérives commerciales, 21 septembre 2026.

À propos du SDA

Le Syndicat des audioprothésistes (SDA ex-UNSAF) est l’organisme professionnel représentatif des 5 100 audioprothésistes de France. Il siège à l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS), l’Union Nationale des Professions Libérales (UNAPL) et au Haut Conseil des professions paramédicales (HCPP). Il est le signataire de la convention nationale de tiers-payant et de l’accord cadre interprofessionnel (ACIP), conclus avec les Caisses nationales d’assurance maladie.

Le SDA est aussi membre du World Hearing Forum de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Il est présidé par Stéphane Gallégo depuis mars 2026.
Centrales et enseignes partenaires du SDA : Audio Libre, Audition Conseil, Centrale des Audioprothésistes CDA, Dyapason, Entendre, Phonème, Saga.

Voir aussi : www.sdaudio.org – linkedin.com/company/syndicat-audioprotesistes/

Contacts presse :

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