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72 secondes par patient : Health Hero crée la médecine super low cost pilotée par l’IA. Stoppons-la ! (Communiqué)

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Le groupe britannique Health Hero, propriétaire de Qare, l’une des principales plateformes de téléconsultation en France, affiche sur son site son plan pour la médecine de demain. Il tient en trois chiffres.

5 patients par heure. C’est pour eux, la médecine « traditionnelle », celle où un médecin regarde son patient, l’écoute et l’examine. Pour eux, c’est le passé.

15 patients par heure. C’est la médecine « assistée par l’IA ».
50 patients par heure. C’est la consultation dite « asynchrone ». Soixante-douze secondes par malade.

Dans ce modèle, leur propre schéma le dit : l’IA recueille les antécédents, détecte les risques, gère « l’interaction avec le patient », prépare le diagnostic, le traitement et le plan de soins, puis remplit le dossier. Il ne reste au médecin qu’une case : la « décision ultime ».

La décision ultime, en 72 secondes, sur un patient qu’il n’a jamais vu. Ce n’est plus de la médecine. Le patient y est réduit à un formulaire, le médecin à une signature, et cette signature porte toute la responsabilité.

L’outil maison « rédige les ordonnances ». Le médecin n’a plus qu’à « relire et confirmer ». Le patient peut obtenir son ordonnance « sans rendez-vous » en remplissant un formulaire. Le tout est présenté avec aplomb comme « notre solution à la pénurie de médecins ».

Leur solution à la pénurie de médecins, c’est que les patients ne voient plus de médecin.

En juillet, la présidente de Qare, Sylvie Nhansana, se félicitait dans la presse que « la résistance à l’IA soit faible » dans son entreprise. Elle va découvrir celle des médecins de ce pays.

Une médecine super low cost pour les patients qu’on ne verra plus.

En France, une téléconsultation remboursée doit se faire en vidéo. Une consultation sans échange avec le patient n’ouvre pas droit au remboursement. Ce modèle se vend donc ailleurs : aux assureurs et aux complémentaires, qui y verront une médecine pas chère, rapide et sans médecin dans la boucle.

On connaît la suite. D’un côté, ceux qui pourront encore voir un médecin. De l’autre, ceux à qui l’on proposera un formulaire, un algorithme et une signature à la chaîne. C’est la médecine à deux vitesses, emballée dans un discours sur l’innovation.

Pendant ce temps, on insulte les médecins.

Pendant qu’on traite les médecins de fainéants, qu’on les menace de contraintes, de quotas et de sanctions, qu’on rabote leurs moyens et qu’on les agresse dans leurs cabinets, des groupes financiers préparent tranquillement leur remplacement. Ils se présentent comme à la pointe de la technologie. En réalité, le patient devient une ligne de code, et le médecin une signature.

Face aux marchands du temple et autres profiteurs de crise, face à la financiarisation des soins, il n’existe pas de position médiane : on est pour ou contre.

C’est pourquoi l’UFMLS demande :

  • à la CNAM et au ministère de la Santé de dire clairement qu’aucune cotation et aucun remboursement ne seront accordés à ces consultations sans contact avec le patient, et d’encadrer sans délai les plateformes qui s’approchent de ce modèle;
  • au Conseil national de l’Ordre des médecins de déclarer publiquement qu’un acte sans relation directe entre un médecin et son patient n’est pas un acte médical, et qu’aucun médecin ne peut engager sa signature dans ces conditions ;
  • aux complémentaires et aux assureurs de s’engager à ne pas acheter cette médecine au rabais pour leurs assurés.
  • à l’Académie de médecins et à la HAS de se prononcer sur l’impact de cette médecine low cost sur le système sanitaire ;
  • à Health Hero et Qare de dire publiquement et sans détour s’ils ont l’intention de déployer ce modèle en France, auprès de qui, à partir de quelles données de patients et avec quel consentement ;
    et si oui :
  • à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, de retirer les agréments dont dispose Qare, au vu de ses projets funestes pour la médecine de France ;
  • aux médecins de cesser immédiatement tout partenariat ou engagement auprès de la société Qare, qui doit être bannie de France par la profession ;

L’UFMLS combattra sans relâche ce type de modèle par tous les moyens syndicaux, juridiques et médiatiques à sa disposition. La téléconsultation peut être un outil utile. L’industrialisation de la signature médicale est une faute très grave lorsque le médecin ne voit pas, au sens médical du terme, le patient. Vendre cette plateforme comme une solution à la pénurie de médecins relève d’une atteinte aux médecins, à la médecine et surtout à la santé des patients.

Le Bureau de l’UFMLS

www.ufml-syndicat.org

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