La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur le coût pour l’Assurance maladie obligatoire du dispositif affection de longue durée (ALD). Ce dispositif vise à alléger le reste à charge des patients souffrant d’affections graves et prolongées en les exonérant de ticket modérateur. Il constitue un outil majeur de la politique d’accès aux soins en France.
Les bénéficiaires du dispositif ALD représentent 22 % des assurés de l’Assurance maladie obligatoire mais 67 % des dépenses de santé remboursables en 2025
En France, 15 millions de personnes sont bénéficiaires du dispositif affection de longue durée (ALD) en 2025, soit 22 % des assurés de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Les bénéficiaires de l’ALD représentent 67 % des 189 milliards d’euros de dépenses de santé remboursables au sens de l’AMO, dépenses en lien avec l’ALD et hors lien confondues. La dépense remboursable par assuré est ainsi sept fois plus élevée pour les assurés en ALD que pour les autres assurés.
Le diabète et le cancer, dont la prévalence augmente, sont les ALD les plus fréquentes
Parmi les trente « ALD » (catégories de pathologies donnant droit au dispositif), six concentrent un nombre particulièrement élevé d’assurés en 2025. La plus fréquente est le diabète, avec 4,0 millions de personnes (soit 27 % de la population assurée en ALD). Viennent ensuite le cancer, avec 2,8 millions de personnes (18 %) puis les affections psychiatriques de longue durée, telles que la dépression chronique, les troubles bipolaires, l’autisme ou l’anorexie mentale, regroupant 1,8 million de personnes (12 %),
Par ailleurs, trois ALD relèvent des maladies cardiovasculaires : les insuffisances cardiaques et cardiopathies, les maladies coronaires ainsi que les artériopathies, pour un total de 4,2 millions de personnes.
Le coût du dispositif ALD s’établit à 19,7 milliards d’euros en 2025
Le dispositif ALD améliore la prise en charge des dépenses de santé en lien avec l’affection du patient, et représente ainsi une dépense supplémentaire pour l’assurance maladie obligatoire, par rapport à une situation contrefactuelle fictive dans laquelle le dispositif ALD n’existerait pas.
Le coût du dispositif ALD s’élève à 19,7 milliards d’euros en 2025, soit 1 300 euros en moyenne par assuré en ALD. Ce coût représente 10,4 % du total de la dépense remboursable et 5,6 % de la dépense courante de santé au sens international (DCSi), laquelle rassemble les dépenses de soins et biens médicaux, ainsi que les soins de longue durée destinés aux personnes âgées et handicapées. Les six ALD les plus fréquentes concentrent deux tiers de ce montant. Les cancers représentent un coût de 3,8 milliards d’euros, tout comme les diabètes ; les affections psychiatriques de longue durée, de 1,1 milliard d’euros.
Cumulées, trois ALD cardiovasculaires atteignent un coût de 3,9 milliards d’euros : les insuffisances cardiaques et cardiopathies, les maladies coronaires et les artériopathies.
Le coût du dispositif ALD augmente plus vite que la dépense courante de santé au sens international
Portée par le vieillissement de la population, la hausse de la prévalence de certaines pathologies et le coût des traitements, la part du dispositif ALD s’accroît dans le financement des dépenses de santé. Le coût du dispositif ALD est en hausse de 72 % en euros courants depuis 2015, alors que, sur la même période, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) a augmenté de 40 %.
Ce dynamisme a un effet moteur sur le taux de financement de la DCSi par les administrations publiques (APU). Ce taux a progressé de +2,3 points en dix ans (graphique) pour atteindre 77,4 % en 2025. Sans le dispositif ALD, ce taux n’aurait augmenté que de 1,3 point sur la période. Le dispositif ALD contribue ainsi pour 1,0 point à cette hausse (0,1 point par année en moyenne), et explique 44 % de la hausse de la prise en charge publique de l’ensemble des dépenses de santé entre 2015 et 2025.
Le taux de remboursement des dépenses de santé par l’AMO est quasi stable pour les assurés en ALD, mais baisse pour les autres assurés
En se focalisant sur les dépenses individualisables et présentées au remboursement de l’AMO, le taux de remboursement par l’AMO évolue de façon différenciée pour les bénéficiaires de l’ALD et les non-bénéficiaires : il progresse de 0,2 point en dix ans pour les assurés en ALD (de 89,5 % en 2015 à 89,7 % en 2025) mais baisse de 3,4 points pour les autres assurés (de 62,2 % en 2015 à 58,9 % en 2025). Les deux tiers de cette diminution interviennent en 2023 et 2024, sous l’effet des baisses de taux de remboursement puis du doublement des franchises et participations forfaitaires.
En proportion, ces mesures ont eu un effet nettement plus marqué pour les assurés non en ALD. Elles concernent aussi les assurés en ALD, mais leur effet demeure plus diffus rapporté au montant total de leurs soins.
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