Patients et soignants se mobilisent contre la « maladie du foie gras »
« Les premiers États généraux de la MASH » se tiendront le 29 octobre au ministère de la Santé. Représentants des patients et des professionnels de santé y chercheront ensemble comment enrayer l’alarmante progression de cette maladie du foie, qui tue 7 000 personnes chaque année en France.
Organisés à l’initiative de l’association de patients SOS hépatites & maladies du foie, les premiers États généraux de la MASH rassembleront ce 29 octobre à Paris l’ensemble des acteurs concernés par cette maladie : associations de patients et de soignants, sociétés savantes, chercheurs, acteurs sociaux, etc. Durant une journée, les participants sont invités à réfléchir aux moyens d’agir contre cette maladie silencieuse, véritable « bombe sanitaire à retardement » qu’est la MASH.
Cet acronyme encore peu connu du grand public désigne une maladie inflammatoire chronique du foie de plus en plus répandue dans le monde, la “stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique” (Metabolic dysfunction-Associated SteatoHepatitis, en anglais). Elle se développe en cas de surcharge graisseuse du foie, ou stéatose, et peut évoluer sans symptômes vers une cirrhose ou un cancer. Aujourd’hui, 8 millions de Français ont une stéatose, porte d’entrée dans la maladie du foie gras ; 1 million d’entre eux souffrent d’une MASH active, dont 220 000 d’une forme avancée de la maladie, au stade de précirrhose ou de cirrhose.
Étroitement liée à une alimentation déséquilibrée et à la sédentarité, la MASH est associée à de nombreuses autres pathologies, métaboliques (diabète, obésité), cardiaques ou rénales notamment. Elle est aussi un marqueur fort d’inégalités sociales et territoriales, et touche des personnes de plus en plus jeunes.
Pour le Dr Pascal Mélin, président de SOS hépatites & maladies du foie, « l’enjeu de ces États généraux est éminemment politique : il s’agit de faire reconnaître la MASH comme une priorité nationale de santé publique, au même titre que les autres maladies cardiométaboliques ».
Comment définir un parcours de soins qui convienne à chacun ? Quelles sont les places respectives du médecin généraliste, des spécialistes, des autres professionnels de santé, de l’entourage ? Quelles perspectives nouvelles apporte l’intelligence artificielle ? Quelles décisions politiques prendre pour mieux protéger les enfants ou les personnes en situation de précarité sociale ? « Participer au débat citoyen sur la stéatose et la MASH, c’est réfléchir bien au-delà du foie », commente le Dr Mélin.
Les premiers médicaments aujourd’hui disponibles contre la MASH ne doivent pas masquer l’enjeu essentiel : c’est par une vigoureuse politique de prévention et de dépistage que cette maladie doit être combattue. Le 29 octobre, les participants auront à cœur d’aborder la question sous toutes ses facettes, scientifique, médicale, socio-économique et politique.
Contacts :
➤ Dr Pascal Mélin, président de la fédération SOS hépatites & maladies du foie : pascal.melin@soshepatites.org
➤ Selly Sickout, directrice de la fédération SOS hépatites & maladies du foie : direction@soshepatites.org