Dans le gouvernorat de Taïz, au Yémen, les hôpitaux peinent à maintenir des services vitaux face à une pénurie critique de carburant, d’oxygène, de médicaments et de fournitures médicales. Alors que les services hospitaliers sont fortement perturbés et que les stocks s’épuisent dangereusement, une action urgente est nécessaire pour assurer la continuité des soins vitaux à des milliers de patients.
Rien que dans la ville de Taïz, 42 établissements de santé signalent des pénuries aiguës. Plus de 1 110 personnes souffrant d’insuffisance rénale nécessitent des séances de dialyse quotidiennes, 192 patients sont en soins intensifs et 154 nouveau-nés sont en couveuse. Sans réapprovisionnement urgent, les interventions chirurgicales d’urgence, les dialyses, les soins intensifs et les services de maternité et de néonatalogie risquent d’être encore plus perturbés.
Les hôpitaux et les ambulances ont besoin de plus de 156 000 litres de carburant par mois pour fonctionner. Les pénuries de carburant menacent également la production d’oxygène, les transports d’urgence et la chaîne du froid des vaccins. Le ministère de la Santé publique et de la Population signale une situation critique. Les fréquentes coupures des réseaux de communication ont entravé les efforts visant à obtenir des informations actualisées, et l’OMS collabore avec les autorités sanitaires pour vérifier les stocks de carburant restants et évaluer l’ampleur des perturbations des services hospitaliers.
La crise se déroule en parallèle avec l’augmentation des déplacements de population. Plus de 256 000 personnes ont été déplacées à travers le Yémen entre le 1er août et le 19 octobre, Taïz étant l’un des principaux points de départ et d’arrivée. Les pénuries de carburant perturbent l’approvisionnement en eau et les services d’assainissement, accroissant le risque de choléra et d’autres maladies diarrhéiques parmi les familles déplacées. Bien que le nombre de cas suspects de choléra ait diminué ces dernières semaines, l’accès réduit aux structures de santé pourrait avoir des répercussions sur le signalement des cas à Taïz.