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« Stop au Généralistes Bashing » (Edito)

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« Le mois de mars 2019 a été l’occasion pour les parlementaires de l’Assemblée Nationale de dénigrer pendant 15 jours le travail des médecins généralistes français lors de l’examen du projet de Loi de Santé « Ma Santé 2022 », tant en Commission des Affaires Sociales que lors des débats en 1ère lecture.

Au-delà des amendements proposés, c’est la lecture de l’exposé des motifs de ces amendements et les arguments développés par des parlementaires de tous bords qui ont révolté des milliers de médecins généralistes dont bon nombre sont en mode survie sur leur territoire pour répondre au mieux aux demandes de soins de la population.

Des représentants des pharmaciens ont alimenté les parlementaires de fake news. Les pharmaciens nous ont mis dans le lave-linge et les parlementaires ont appuyé sur la touche essorage.

Ainsi, nous avons appris, entre autres, que les médecins généralistes ne prenaient plus en charge les cystites, les angines, les conjonctivites, les vaccinations et que la permanence des soins ne fonctionnait pas !

Les parlementaires, estimant que leur expertise n’avait aucune limite, ont érigé de nouvelles recommandations médicales : pour les maux de gorge, si le streptotest est négatif, il n’y a pas besoin de voir un médecin. Ils ont aussi modifié les contours des métiers, permettant ainsi aux pharmaciens de faire des diagnostics et de prescrire des médicaments, …

Les propositions irresponsables les plus folles ont foisonné : trois années de service médical obligatoire dans un désert médical pour les jeunes médecins généralistes pour s’acquitter de leur dette vis-à-vis de l’Etat liée au coût de leurs études, des patients imposés aux médecins traitants par les CPAM, …

Les jeunes médecins ont pourtant largement payé leur dû à la société pour le coût de leur formation en permettant à tous les hôpitaux de continuer à fonctionner car, sans internes, bon nombre de services hospitaliers fermeraient.

La qualité des soins n’a jamais été la préoccupation de ces parlementaires qui ont multiplié les propositions démagogiques espérant ainsi faire oublier qu’ils étaient les seuls responsables de la situation où se trouve aujourd’hui la médecine générale en France : une spécialité médicale qui n’attire pas les jeunes et où l’exercice salarié est préféré à l’exercice libéral car son modèle économique n’est plus viable.

Ces parlementaires doivent savoir qu’il est aussi intolérable pour les médecins généralistes de savoir que des patients atteints de pathologies chroniques n’ont plus de médecin traitant et c’est pour cette raison que, dans les zones à faible démographie médicale, ils sont médecins traitants de 1500 à 2500 patients alors que la moyenne nationale est de 850 patients par médecin traitant.

Les médecins généralistes ont identifié les solutions qui peuvent permettre à chaque français qui le souhaite d’avoir un médecin traitant.

Comme dans les pays étrangers, chaque médecin doit pouvoir bénéficier d’un assistant médical et non pas, comme le propose l’Assurance Maladie, d’avoir un assistant pour 3 médecins.

Concernant la télémédecine, les ARS ne doivent pas imposer leurs plateformes qui le plus souvent ne correspondent pas à nos besoins et qui rendront impossible les téléconsultations sauf à ce que les médecins, choisissant une autre plateforme, se voient obliger de financer eux-mêmes la totalité des équipements nécessaires.

Concernant les infirmières de pratiques avancées (IPA), les Universités ne doivent pas réserver leurs formations aux seules infirmières hospitalières.

Concernant les soins non programmés, ils doivent faire l’objet d’une rémunération à l’acte et non pas forfaitaire.

Enfin, concernant les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé, les CPTS, l’objectif prioritaire doit être de favoriser l’exercice coordonné et non pas d’imposer un carcan d’obligations dont les premières victimes seront les médecins généralistes libéraux.

Voilà messieurs les députés quelques-unes des demandes des médecins généralistes français, chefs d’orchestre du parcours de santé, afin de mieux répondre aux demandes de soins de la population,

Et arrêtez le Généralistes Bashing ! »

Dr Luc DUQUESNEL,
Président Les Généralistes CSMF

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