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Une étude mondiale suggère que les obstacles liés au sexe brident le potentiel du personnel infirmier en matière de leadership (Rapport)

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Un rapport sur le leadership infirmier publié hier, suggère que la discrimination, les préjugés et les stéréotypes empêchent les infirmières d’acquérir des compétences, perpétuent l’écart salarial entre les sexes et entraînent une inégalité de traitement entre les femmes et les hommes dans le domaine de la santé dans le monde. Le rapport est le fruit d’une collaboration de recherche entre IntraHealth International, Nursing Nowet Johnson & Johnson.

D’après le rapport, intitulé Investir dans le pouvoir du leadership infirmier : qu’est-ce que cela coûterait ? les femmes représentent 70 % du total des effectifs de la santé et des services sociaux, mais 25 % seulement des fonctions de direction du système de santé.

« Les voix des nombreuses infirmières qui ont contribué à ce rapport doivent être entendues par les gouvernements et les dirigeants du secteur de la santé, partout dans le monde. Les infirmières peuvent être la réponse à tant de problèmes de santé dans le monde, mais uniquement si des mesures sérieuses et durables sont déployées pour éliminer les obstacles qui se dressent régulièrement sur leur chemin », a déclaré Annette Kennedy, la Présidente du Conseil international des infirmières. « Établissez les mêmes règles pour tout le monde, brisez le plafond de verre et abandonnez toute notion de ‘travail de femmes’, et les infirmières changeront le monde. »

« Il peut y avoir d’immenses possibilités en termes de santé et de rentabilité économique, si l’on investit dans les personnels de santé, en particulier les infirmières », a déclaré Barbara Stillwell, la Directrice générale de Nursing Now. « Mais les obstacles liés au sexe nous empêchent encore d’exploiter pleinement ce potentiel. Les infirmières et les sages-femmes sont essentielles à la réalisation des objectifs de développement durable en matière de santé, d’égalité des sexes, de travail décent et de réduction de la pauvreté, pourtant, les infirmières nous répètent inlassablement qu’on entrave leur rôle de leaders. »

Le rapport constitue une réponse globale, à grande échelle, des infirmières concernant les obstacles posés au leadership pour des raisons de problématique femmes-hommes. Les conclusions et les recommandations sont issues d’une étude menée auprès de 2 537 infirmières et sages-femmes de 117 pays, mais aussi d’une analyse bibliographique et de huit entrevues avec des informateurs principaux. Les auteures ont constaté que lorsqu’elles ont interrogé les infirmières sur les facteurs les empêchant d’accéder à des postes plus élevés, les réponses les plus fréquentes étaient les suivantes :

  • Elles ne disposent pas de l’équipement et des autres ressources nécessaires pour assurer leur travail (47 % des répondants l’ont classé parmi les cinq premiers facteurs)
  • La formation en leadership (45 % des répondants l’ont classée parmi les cinq premiers facteurs)
  • Un salaire correct et juste (45 % des répondants l’ont classé parmi les cinq premiers facteurs)

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime à 18 millions la pénurie de professionnels de santé d’ici à 2030 – principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire –, dont la moitié seront des infirmières et des sages-femmes. Pour atteindre l’objectif d’une couverture sanitaire universelle, il est essentiel de s’attaquer aux obstacles empêchant les femmes d’intégrer la profession d’infirmière et de sage-femme, d’y rester et de s’y épanouir. Lors de la soixante-douzième Assemblée mondiale de la Santé, qui s’est tenue le mois dernier à Genève (Suisse), les États Membres de l’OMS ont proclamé l’année 2020 « Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier ». L’OMS pilote également un nouveau rapport sur l’état des soins infirmiers dans le monde, qui sera publié en 2020.

« Il est indispensable que les infirmières puissent donner directement leurs points de vue sur les questions d’égalité des sexes et de leadership, pour éclairer le programme mondial sur les soins infirmiers et la couverture sanitaire universelle », a déclaré Constance Newman, la chef d’équipe principale sur les questions d’égalité des sexes et de santé chez IntraHealth et chercheuse principale. « C’est dans ce but que nous avons conduit cette étude : pour mieux comprendre et déterminer les facteurs, et leur ampleur, faisant que, parce qu’elles sont des femmes, les infirmières ne peuvent accéder à des fonctions de direction, afin que les décideurs mondiaux, nationaux et institutionnels s’y attaquent. »

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

  • La perception des soins infirmiers comme une profession féminine et enrichissante et la dévaluation du travail en rapport avec les femmessont citées comme obstacles à l’avancement des femmes dans la profession et au statut des infirmières dans le secteur de la santé.
  • Les infirmières perçoivent les effets d’un plafond de verre—lorsqu’elles sont empêchées de progresser professionnellement, souvent en raison de responsabilités familiales—mais sont aussi témoin de « l’escalator de verre »—lorsque les collègues hommes moins expérimentés progressent plus vite en raison des inégalités culturelles.
  • La grande majorité des répondants indique que les défis relatifs à l’équilibre entre les tâches non rémunérées et le travail rémunéréconcernent davantage les femmes que les hommes dans le secteur des soins infirmiers.
  • Les infirmières ressentent un pouvoir décisionnel limité, indépendamment de leur sexe.
  • Les répondants citent le manque de confiance en soi comme un obstacle pour accéder à des postes de direction.

Le rapport appelle à changer les politiques et les cadres réglementaires, les systèmes de formation des professionnels de santé, mais aussi à augmenter les investissements dans la formation des infirmières et le développement du leadership. Il contient des recommandations à l’intention des décideurs et des responsables de la mise en œuvre, afin de renforcer le leadership infirmier et l’égalité des sexes au sein des effectifs infirmiers à l’échelon mondial, notamment en :

  • Modifiant la perception de la profession infirmière en tant que « sciences humaines » et en améliorant le statut et l’image de la profession infirmière dans le secteur de la santé.
  • S’attaquant aux facteurs alimentant la discrimination professionnelle liée au sexe, qui contribuent à faire penser que les soins infirmiers sont un travail de femmes.
  • Éliminant les stéréotypes de l’employeur fondés sur le sexe, notamment le rôle dévolu aux femmes en matière de procréation ou son rôle de mère de famille.
  • Renforçant la confiance en soi des infirmières pour se sentir prêtes à assumer des fonctions de leadership.
  • Veillant à ce que le cadre professionnel soit sûr et adapté à l’équilibre professionnel / personnel et qu’il offre une souplesse aux employés en vue de s’acquitter de leurs tâches professionnelles rémunérées et celles qui ne le sont pas.
  • Permettant aux infirmières d’obtenir les financements pour se perfectionner en matière de leadership, de se former au plus haut niveau ou de suivre d’autres activités pour évoluer au niveau professionnel.
  • Assurant un meilleur accès aux réseaux professionnels et aux programmes de mentorat pour les infirmières.

« Malgré l’influence formidable des infirmières au quotidien, la société leur refuse la reconnaissance qu’elles méritent et les moyens d’exercer des responsabilités », a déclaré Lauren Moore, la Directrice générale chargée de l’impact communautaire mondial chez Johnson & Johnson. « Il est temps que l’on élabore des systèmes favorables et solidaires, permettant aux infirmières d’exprimer leur potentiel. »

Lire le rapport ICI

Contact : Gyorgy Madarasz, attaché de presse, madarasz@icn.ch

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