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« Maladies cardiovasculaires : l’humain et les dispositifs médicaux au service de la survie des patients » (Communiqué)

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Lors du congrès de la Société Européenne de Cardiologie (31 août-4 septembre 2019 à Paris), trois études françaises ont été présentées devant 30 000 professionnels de santé mettant en avant l’importance du défibrillateur cardiaque, le rôle du témoin et de la réanimation en cas d’arrêt cardiaque, ainsi que la révolution apportée par les valves aortiques par voie transcathéter (TAVI) sur la survie des patients.

Le massage cardiaque à la suite d’un arrêt cardiaque double les chances de survie

Avec près de 62 cas pour 100 000 habitants, les arrêts cardiaques qui surviennent en dehors de l’hôpital représentent un sujet majeur de santé publique en France. Et pourtant, l’importance du premier témoin actif avant l’arrivée des services médicaux d’urgence, est une donnée qui n’a jamais été étudiée en France. Aussi, l’étude française « Le rôle crucial du témoin lors d’une réanimation cardiaque hors hôpital » permet-elle de comprendre la corrélation entre la réanimation cardio-pulmonaire (RCP), pratiquée avant l’arrivée des secours, et l’augmentation du taux de survie (30 jours suivant l’arrêt cardiaque).

Les données du Registre électronique des Arrêts Cardiaques (RéAC) ont été utilisées pour cette étude menée par la chercheuse Teresa Campos. Au total, 24 885 cas d’arrêts cardiaques avec témoins ont été analysés en France entre le 1er janvier 2012 et le 1er mai 2018. L’objectif étant de déterminer si la réanimation cardio-pulmonaire, pratiquée avant l’arrivée des secours, a un réel impact sur la survie.

Cette étude s’est basée sur des analyses de propension composées de variables : l’âge et le sexe de la victime, mais également la localisation, les causes et l’année de l’arrêt cardiaque ; ainsi que le rythme cardiaque initial, la réactivité des secours, et la période de « no flow » (délai écoulé entre l’arrêt cardio-respiratoire et le début de la réanimation cardio-pulmonaire).

Dans 59,9 % des cas, une réanimation cardio-pulmonaire a pu être pratiquée avant l’arrivée des secours. Le taux de survie, dans les 30 jours suivants, est de 10,2 % quand la réanimation est faite par le témoin, versus 3,9 % quand personne n’a pu pratiquer la réanimation. Ainsi, le message cardiaque permet donc de doubler les chances de survie à la suite d’un infarctus.

Retour sur 15 ans d’expérience du TAVI : des améliorations considérables

Depuis la première implantation d’une valve aortique biologique par voie percutanée (TAVI), réalisée en 2002, cette pratique a considérablement augmenté. Pour autant, les données concernant la durabilité sur le long-terme de cette valve sont quasi inexistantes. C’est la raison d’être de l’étude française « Depuis la première implantation d’une valve aortique par voie percutanée, une expérience sur 15 ans » présentée lors du congrès. Elle s’est appliquée à étudier les 1 530 patients implantés entre 2002 et 2018, dont 1 285 par voie fémorale.

Depuis 15 ans, les taux de mortalité à 30 jours suivant l’implantation ont drastiquement baissé, passant notamment à 3 % en 2015. A noter, l’année 2018 marque un tournant avec un taux de mortalité nul, une vraie réussite pour cette technique qui n’a cessé de connaître des améliorations considérables.

De la même manière, les complications vasculaires sont passées de 50 % en 2002 à moins de 1 % depuis 2017. Idem pour les séjours à l’hôpital, se réduisant d’année en année, pour un séjour médian en 2018 de 2 jours.

Cette étude sur le long-terme démontre donc de véritables améliorations pour les patients traités par TAVI, avec une constante impressionnante de progrès dans les résultats. Par ailleurs, il n’y a pas de signes alarmants concernant la détérioration de la valve utilisée, suggérant ainsi un encourageant avenir pour ce procédé.

Le défibrillateur chez les patients cardiaques : la meilleure protection contre l’arrêt cardiaque ?

L’étude française « L’utilisation du défibrillateur cardiaque externe portableen France » a été menée de janvier 2017 à mars 2018 grâce au registre Wearit-France, permettant ainsi de récolter des données de vie réelle sur l’utilisation en France du défibrillateur cardiaque externe portable et de mesurer son efficacité et sa conformité lors d’événements indésirables.

Parmi les 1 157 patients du registre, la plupart présentent une cardiopathie ischémique (82 %). D’autres ont été analysés après la pose d’un défibrillateur automatique implantable (ICD Implantable Cardioverter Defibrillator) (10 %) ou en attente d’implant (8 %).

Globalement, les patients ont porté le défibrillateur cardiaque externe portable sur une période médiane de 62 jours, et pendant une durée médiane équivalent à quasiment 24 heures. Ils ne sont que très peu (moins de 1 %) à ne pas avoir porté le défibrillateur cardiaque externe portable pendant au moins 4 heures par jour.

Pendant le suivi médical, 42 épisodes de tachycardie ventriculaire soutenue (dure ≥ 30 s) sont apparus chez 36 patients. La moitié d’entre eux ont reçu un choc approprié du défibrillateur cardiaque externe portable, permettant un taux de 1,36 % de thérapie appropriée. Tous les patients qui ont reçu le choc ont survécu.

À la fin de la période d’essai du défibrillateur cardiaque externe portable, 51 % des patients ont été implantés d’un défibrillateur automatique.

Les données de cette étude nationale révèlent que le défibrillateur cardiaque externe portable, quand il est porté correctement, s’avère efficace comme moyen de protection des patients à risques contre les morts cardiaques soudaines.

Financement

Les activités du Centre d’expertise sur la mort subite de Paris (Paris-SDEC) sont soutenues par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), Université Paris Descartes, Assistance publique – Hôpitaux de Paris, Fondation Cœur et artères, Global Heart Watch, Fédération Française de Cardiologie, Société Française de Cardiologie, Fondation Recherche Médicale, ainsi que des partenaires industriels (Medtronic, St Jude Medical, Boston Scientific, Microport et Biotronik).

Déclaration d’intérêt : Aucune

Références

L’abstract From first in man transcatheter aortic valve implantation, a 15‐year experience a été présenté pendant la session 15 years of TAVI: increasing evidence for routine use lundi 2 septembre à 14h48 dans le Village 6 (salle Zagreb).

L’abstract The use of wearable cardioverter defibrillator in France a été présenté pendant la session Optimizing device therapy for arrhythmia dimanche 1erseptembre à 16h48 dans la Poster Area (Agora 2).

L’abstract The crucial role of the bystander in out-of-hopital cardiac arrest resuscitation a été présenté pendant la session Update on sudden cardiac death lundi 2 septembre à 15h45 dans la Poster Area (Moderated ePoster 7).

 

Contacts presse

Société Européenne de Cardiologie (ESC) : press@escardio.org

LauMa communication :

laurie.marcellesi@lauma-communication.com
solenn.delacroix@lauma-communication.com

 

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