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Urgences : « pour le SML, l’insuffisance de moyens pour la ville ne permettra pas d’obtenir l’effet rapide escompté » (Communiqué)

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Le SML a pris connaissance du plan du gouvernement destiné à répondre aux difficultés réelles rencontrées par les services d’urgences hospitaliers.

Le SML s’interroge sur le futur SAS (Service d’accès aux soins d’urgences) censé être une des mesures phares du plan. Ce dispositif non abouti est peu lisible et pose de nombreuses interrogations quant à sa mise en œuvre pratique. Et surtout, rien ne semble décidé concernant l’avenir de la régulation libérale et le 116 117. Le SML appelle à procéder à l’évaluation des expérimentations menées dans cinq régions, où un recul des recours aux urgences a été observé dans les territoires concernés.

Le SML note que le gouvernement entend soutenir l’offre de soins non programmés, sans rendez-vous, dans les cabinets médicaux, les maisons et centres de santé, mais l’investissement proposé est loin d’être à la hauteur des attentes : 10 millions d’euros… Pour que des médecins dont l’agenda est déjà surchargé bousculent leur organisation, une reconnaissance est indispensable. Celle-ci passe notamment par une majoration de 15€ pour toute consultation non programmée et un tarif de visite longue pour se rendre au chevet des patients en ALD de plus de 80 ans ce qui limitera le recours aux urgences.

Il aurait également été logique que la PDSA soit étendue au samedi matin. Le SML s’étonne que cela ne soit pas encore le cas. Cette mesure, en complément de moyens fléchés sur l’amélioration de la permanence des soins ambulatoires et de son organisation aurait permis d’apporter un soulagement rapide aux urgences.

Pour des questions de qualité et de sécurité des soins, le SML reste très opposé au démantèlement des compétences médicales « en autonomie » et notamment du diagnostic ou de la prescription au profit d’autres professions de santé. Le SML prône la coopération et la coordination de proximité entre professionnels autour du médecin traitant à l’aide des outils numériques dont la téléconsultation qu’il faut déverrouiller et encore faciliter.

Concernant la question de la sécurité, le SML regrette que le Gouvernement ne l’envisage que sous l’angle des services hospitaliers et des procédures de dépôt des plaintes. C’est pourtant une question cruciale pour les médecins libéraux et un frein à l’investissement de certain d’entre dans la PDS. Le SML attend des réponses très fermes et des solutions concrètes comme le financement de caméras dans les accueils et salles d’attentes, mais aussi la prise en charge des frais de sécurité (recours à des vigils et autres systèmes de surveillance ou d’alarme) que les médecins libéraux sont parfois contraints de mobiliser pour effectuer leurs gardes dans certains secteurs. C’est un impératif ! Ce sujet est mis sous le tapis depuis trop longtemps !

Enfin, le SML constate que les budgets débloqués, 750 millions d’euros sur 3 ans, seront en grande partie fléchés sur les hôpitaux publics. Le SML regrette que des solutions simples et pratiques, comme celles qu’il avait proposées dès 2017, n’aient pas été retenues. Avec des moyens et une volonté politique, elles auraient permis de fluidifier et accélérer les prises en charge. C’est par exemple la possibilité d’hospitaliser un patient directement dans les services, après échange téléphonique entre les praticiens libéral et hospitalier. Le Syndicat avait aussi proposé, dans le cadre du transfert d’activités de l’hôpital vers la ville, que des moyens supplémentaires soient dévolus aux médecins libéraux afin de leur permettre de développer des plateaux techniques pour y prendre en charge les actes qui ne relèvent plus de l’hospitalisation.

Au total, le SML estime que le « plan urgences » passe à côté des solutions de bon sens à effet immédiat et n’apportera pas l’effet escompté dans le délai annoncé. Mais, il n’est pas encore trop tard pour bien faire en redirigeant des moyens sur la ville.

 

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