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« Dé-confinement le mal nommé ou Confinement phase 2 » (Communiqué)

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Jeudi 7 mai, le premier ministre a promis à tous les français un dé-confinement pour le 11 mai, mais sous certaines conditions.
En réalité, sauf les professionnels et quelques autres exceptions très limitées, le dé-confinement se limitera à 100 km à vol d’oiseau par département.
De son côté, le conseil scientifique recommande aux personnes de plus de 65 ans de ne pas se déconfiner.

Plusieurs modèles épidémiologiques sont actuellement utilisés mais les résultats ne sont pas discutés publiquement en France et ne sont pas présentés et discutés par l’exécutif.
Ils sont néanmoins accessibles en cas de publication scientifique par des chercheurs indépendants.Ci-dessous les conclusions de l’un de deux modèles cités dans un article du Monde du 6 mai.
Nous devons être attentifs aux risques à court et moyen terme, liés à la stratégie de déconfinement choisie, même avec prudence, par le gouvernement sachant qu’il n’a pas suivi les recommandations du Conseil Scientifique sur deux points (personnes fragiles et réouverture des écoles).

Les modèles ne sont que des modèles mais ils prennent désormais en compte de nombreuses données caractérisant l’épidémie actuelle (ils seraient plus fiables et décriraient mieux les risques en fonction des scénarios).

Or avec ces modèles, la perspective d’un deuxième re-confinement de type scenario actuel, avant la fin de l’année reste très élevée, notamment en l’absence d’une prolongation des mesures de confinement pour les personnes à risque.

Outre une baisse insuffisamment recherchée de la mortalité chez les personnes âgées et à risque (un problème en soi), un deuxième confinement entrainerait très certainement d’importants dommages collatéraux compte tenu de la fatigue des soignants et des pénuries de médicaments anesthésiques (prise en charge des pathologies non-COVID en cas de reconfinement), sans compter les effets économiques désastreux aggravant la précarité d’un grand nombre de français.

Article cosigné par des chercheurs APHP, INSERM, NIH (USA), Columbia (USA) et Univ Madrid (SP) :
Il mentionne un risque de rebond à la sortie du confinement strict généralisé (lockdown) qui sera levé progressivement le 11 mai.
Il est intéressant à prendre en compte car c’est l’une des deux modélisations derrière la recommandation du Conseil Scientifique de prolonger, autant que faire ce peux, le confinement des plus de 65 ans et des personnes présentant des facteurs de risque (les ALD, obèses, diabétiques, etc…18 millions de français)

On peut retenir :

Compte tenu du faible niveau d’immunité actuel, les rebonds sont inéluctables et leur intensité va dépendre de l’impact des mesures qui seront adoptées.

Les effets sur la demande de soins, notamment le nombre de lits de réanimation nécessaire selon les scénario est l’une des variables pris en compte avec le nombre de cas et de décès dus au COVID-19.

Le risque de débordement hospitalier (lits de réa) est le facteur principal en faveur du déclenchement d’un deuxième confinement.

L’impact et le risque de reconfinement est mesuré selon deux scénarios :

1°) Déconfinement au 11 mai + maintien de la distanciation sociale et port généralisé des masques
La mortalité est réduite de 60% comparé au déconfinement sans maintien de mesures qui est une option théorique.
Le modèle prédit néanmoins une deuxième vague avec une saturation des lits de réanimation dès Juillet 2020.

Cette évolution devrait déboucher sur un deuxième confinement.

2°) Déconfinement au 11 mai + maintien de la distanciation sociale et port généralisé des masques + poursuite du confinement de la population à risque (+65 ans et facteurs de risques, 18 millions de français)

Modèle portant sur 38 semaines après déconfinement du 11 mai (9 mois et demi) :
65% de mortalité comparé au scénario précédent (- 85% comparé au déconfinement sans maintien de mesures)

Pour être efficace le confinement sélectif des personnes à risque doit durer au moins 38 semaines après le 11 mai et intéresser toute la population concernée

  • Ainsi, s’il était levé seulement après 4 mois, la réduction de la mortalité ne serait que de -12% comparé au scénario 1 et les lits de réa seraient largement saturés, justifiant un deuxième confinement
  • Si seulement 50% de la population à risque reste confiné 38 semaines, la réduction ne serait que de 19% et les lits de réa devraient également être saturés, justifiant un deuxième confinement .

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