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Santé et numérique : enjeux financiers et de pouvoir (Communiqué)

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« Le magazine L’Obs a révélé mercredi 10 juin 2020 que l’association anticorruption Anticor avait alerté le parquet national financier (PNF) sur des soupçons de favoritisme dans l’octroi à une filiale de Dassault Systèmes du contrat de maintenance de l’application StopCovid.

Si l’application a été développée gratuitement, sa maintenance et son hébergement seraient facturés « entre 200 000 et 300 000 euros par mois ». Pour l’association Anticor, « le choix de recourir à la société Outscale en tant qu’attributaire du marché de maintenance de l’application StopCovid n’a fait l’objet d’aucune procédure de passation de marché public », pourtant obligatoire pour un tel montant.

Indépendamment des critiques qu’il a développé à l’encontre de l’application StopCovid, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) n’est hélas pas surpris par cette alerte d’Anticor.

En effet, même s’il s’avère que la facture soit moins élevée et exonère ainsi le gouvernement d’une procédure d’appel d’offre, cette histoire est révélatrice de la situation de connivence entre le pouvoir et certaines sociétés françaises impliquées dans le numérique et/ou la santé.

Rappelons ainsi que le secrétaire d’Etat actuel, Mr Cedric O, avait consacré son premier déplacement officiel à une visite chez Doctolib… entreprise déjà visitée et citée publiquement en exemple par son prédécesseur, Mr Mounir Mahjoubi. Et en Janvier 2019, c’est tout simplement un tweet faisant la promotion explicite de Doctolib qui avait été publié par l’agence gouvernementale d’informatique en Santé, ASIP Santé…

Mais Doctolib n’est pas la seule entreprise à bénéficier des faveurs du pouvoir.

Quand il s’est agi l’année dernière de proposer des offres d’emplois de médecins salariés dans le cadre du plan Ma santé 2022, le ministère de la Santé a passé ses annonces sur une seule plate forme, le site d’une start up, Rempla France… contraignant ainsi nombre d’ARS à faire la promotion de Rempla France sur leurs propres sites et comptes sociaux. Le ministère n’avait jamais répondu aux questions adressées aux ARS par le SNJMG sur l’opacité de cette décision partiale et aujourd’hui, les propriétaires de Rempla France ont vraisemblablement profité de ce gain de notoriété pour négocier le rachat de leur part par la société Adecco…

Même si le sujet traite d’avenir, il apparait une nouvelle fois qu’en France, la culture de la connivence (et parfois de l’endogamie) reste bien ancrée dans les relations entre l’Etat et certaines entreprises ou groupes financiers. Le monde d’après n’est guère différent du monde d’avant… »

Contact presse : Benoit Blaes – presidence@snjmg.org

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