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Ségur de la Santé : « dernier avertissement! » (Communiqué)

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Alors que le premier pilier du Ségur, consacré aux carrières et aux rémunérations, semblait s’engager vers une négociation constructive, la réunion du 23 juin 2020 a été une douche froide pour l’ensemble des représentants des praticiens de l’hôpital public : alors qu’un chiffrage et un calendrier de mesures immédiates et à moyen terme devait être communiqué, seules des propositions nébuleuses et occultant des pans entiers des demandes des syndicats pour les praticiens ont été apportées.

Le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs Elargi aux autres spécialités (SNPHARE) a déposé un préavis de grève pour la journée du 30 juin 2020.

L’hôpital public du « monde d’avant » était asphyxique, victime du manque d’attractivité pour l’ensemble des soignants, médecins et paramédicaux, victime du manque de lits, victime de sonfinancement, victime de sa gouvernance verticale, déconnectée du terrain. Les professionnels del’hôpital, de tous les métiers, de tous les grades, accompagnés des usagers, étaient dans la rue pour sauver l’hôpital public depuis des mois.

Le coronavirus est arrivé, les professionnels de santé ont mis tout cela de côté, pour consacrer toute leur énergie, toute leur imagination collective à transformer leurs hôpitaux en quelques jours et accueillir des milliers de patients COVID et non-COVID. Ils l’ont fait, tous, parce qu’ils ont le servicepublic et la vocation de soigner chevillée au corps, et qu’il y avait urgence. Ils l’ont fait, au prix d’épuisements physiques, émotionnels, de burn-out, de contaminations, de « COVID graves » avec séquelles potentielles, au prix de leur vie pour certains.

Puis, sans répit, ils ont enchaîné sur le rattrapage de l’activité non faite pendant plusieurs semaines, dans des conditions difficiles, eu égard aux préconisations sanitaires, aux pénuries de médicaments.

Dans la foulée a été lancé le « Ségur de la Santé », qui devait concrétiser le « plan d’investissement massif pour l’hôpital » promis par le Président de la République à Mulhouse, en pleine pandémie. Urgence ou précipitation ? Les représentants des professionnels de santé ont contribué aux concertations, demandé des négociations, participé aux réunions, exigeant davantage qu’un énième plan d’urgences fait de demi-mesurettes strictement inefficaces pour l’hôpital.

Et puis… rien ! L’attente était forte, la promesse était un chiffrage et un calendrier, le résultat est une copie blanche.

C’est une insulte aux professionnels de santé, un mépris indigne de nos dirigeants, eux quise félicitaient il y a encore quelques semaines de voir applaudis tous les soignants le soir à 20 heures ou d’avoir un hôpital qui avait « tenu ».

Nous méritons mieux que cela.

LE SNPHARE exige

    • l’ouverture de réelles négociations, pilotées par un leader mandaté pour prendre des décisions et des engagements au nom de l’Etat
    • un chiffrage de l’enveloppe budgétaire mobilisable
    • un calendrier fiable et opposable pour ces négociationso prenant en compte les contributions du SNPHARE aux quatre piliers
      o aboutissant à un protocole d’accord dont le minimum est le « document de travail » – comprenant 16 mesures, assorties d’un calendrier – cosigné de l’ensemble des représentations syndicales des personnels médicaux, odontologiques et pharmaciens hospitaliers, internes compris.

Le SNPHARE se voit contraint d’engager un rapport de force : il s’associe aux intersyndicales de professionnels de santé en appelant à la grève des soins urgents et non urgents le mardi 30 juin 2020, pour donner un réel avenir à l’hôpital public.

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