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Coronavirus en France : « un confinement qui fait débat, des populations fragiles négligées » (Communiqué)

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« A l’issue d’une réunion administrative (conseil de défense) le mercredi 28 octobre 2020, le Président de la République a décidé un nouveau confinement pour s’opposer à la résurgence de la pandémie Covid-19.

Ce confinement a été annoncé le soir même par le Président de la République. Il a été présenté (et non discuté) au Parlement par le Premier Ministre, le 29 octobre 2020. Il est entré en application le vendredi 30 octobre 2020 à 0 heures.

Cette décision sonne comme un cruel constat : en octobre comme en mars, notre pays n’était pas suffisamment prêt pour faire face à la pandémie Covid-19… comme si aucun enseignement n’avait été tiré de la première vague.

En mars, le pouvoir, paniqué par la soudaine montée de la vague pandémique, avait multiplié en quelques jours les décisions pour en arriver à la mise en place d’un confinement suffisamment radical pour être globalement compris, accepté et respecté par la population. En revanche, entre septembre et octobre, le pouvoir, désemparé par l’inexorable résurgence de la pandémie, a tâtonné pendant plusieurs semaines avant de décider un confinement à géométrie variable.

Un confinement ubuesque, incohérent en matière sanitaire (existe-t’il une preuve scientifique démontrant que le risque de contamination est plus important à 2 autour d’une table, à la terrasse d’un café, que dans une tablée de collégiens en cantine ?) et responsable de distorsions de concurrence en matière économique, pénalisant voire condamnant les petites entités (activités et commerces de proximité) et préservant voire favorisant les entités importantes (chaînes de restauration, grandes surfaces commerciales, plateformes digitales).

Il ne faut donc pas s’étonner que ce confinement ne soit pas facilement respecté par la population et qu’il ouvre la porte à toutes les surenchères populistes, économiques et socioculturelles (la liste des ventes finalement autorisées est digne d’un inventaire à la Prévert).

Mais au-delà des controverses sur ce nouveau confinement, le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG) continue de déplorer, 10 mois après l’arrivée du virus en France, le manque de démocratie sanitaire et l’absence de priorisation des populations les plus fragiles dans les réponses de l’Etat, populations pourtant sur représentées dans les victimes de la pandémie.

Le gouvernement se refuse toujours à ouvrir le RSA aux jeunes de 18 à 25 ans (principales victimes économiques de la pandémie), à fournir des masques aux détenu-es et à fermer les centres de rétention administrative (autant de foyers confinés de la Covid-19), à adapter son plan santé mentale en fonction des conséquence de la pandémie… et l’Assemblée Nationale a voté une baisse de 11 % du budget de l’aide alimentaire alors que recours à l’aide alimentaire est en hausse de 30% pendant le confinement dans les grandes métropoles. Quant aux sans domicile fixe, ils sont toujours absents des interventions du Président de la République et du gouvernement…

Pourtant, la première réponse à la pandémie consiste en la protection prioritaire des personnes les plus fragiles (8). Et elle doit s’inscrire dans une stratégie globale : sanitaire, économique, sociale et culturelle. »

SNJMG – presidence@snjmg.org

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