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La HAS publie son quatrième bilan annuel de retour d’expérience sur les évènements indésirables graves associés aux soins (Communiqué)

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Si le nombre de déclarations a légèrement diminué en 2020 (1081 EIGS contre 1187 en 2019), leur qualité s’est, elle, améliorée. Dans le cadre de sa mobilisation pour promouvoir la culture de la sécurité des soins chez les professionnels, pilier d’une lutte efficace contre les évènements indésirables associés aux soins, la HAS poursuit ses travaux pour en comprendre les causes profondes et identifier les leviers pour éviter leur répétition.

Elle publie son rapport annuel dans un format renouvelé, une analyse approfondie sur les chutes et poursuit la production des « Flash sécurité patient » avec un travail ciblé sur le sujet des erreurs de doses.

Améliorer la qualité et la sécurité des soins est l’une des missions principales de la HAS, et c’est un enjeu majeur qui concerne tous les professionnels de santé exerçant en établissement, en ville ou dans le secteur médico-social. Le risque fait en effet partie de toute activité humaine, a fortiori dans un domaine complexe comme celui de la santé et tout professionnel de santé peut y être un jour ou l’autre confronté. C’est pourquoi la HAS promeut le développement d’une culture de la sécurité des soins qui soit partagée par l’ensemble des professionnels de santé.

Être conscient que le risque existe, analyser les évènements indésirables survenus et en comprendre les causes contribuent à réduire leur gravité ou éviter qu‘ils ne se reproduisent. Dans cette perspective, la HAS met à disposition des professionnels des travaux spécifiques et ciblés sur les EIGS, à savoir le 4e bilan annuel élaboré à partir de déclarations anonymisées d’EIGS, une analyse approfondie sur les EIGS liés à une chute de patient accompagnée de préconisations, ainsi que de nouvelles fiches Flash sécurité patient.

Quels enseignements du bilan annuel sur les EIGS ?

En 2020, 1081 EIGS ont été analysés par la HAS, ce qui porte à 3088 le nombre cumulé d’EIGS transmis depuis 2017. Ce nombre de déclarations ne reflète pas la réalité du nombre d’EIGS survenant en France chaque année, comme le confirment les résultats préliminaires de la troisième Enquête nationale sur les évènements indésirables liés aux soins (ENEIS 3) qui mettent en évidence la survenue de 4 EIGS par service de 30 lits par mois.

En détail dans la base des évènements remontés à la HAS : on constate que la proportion d’EIGS déclarés comme évitables reste élevée et majoritaire (56 % en 2020 contre 51 % en 2019) Les types d’EIGS qui reviennent le plus sont à nouveau les suicides, les chutes et les erreurs médicamenteuses. Sur ces dernières, c’est l’erreur de dose de médicament qui est la plus fréquemment déclarée, devant l’erreur de médicament ou l’erreur de patient. Sur les 4 années de déclarations, les erreurs de doses représentent 47 % de l’ensemble des erreurs médicamenteuses déclarées (soit 169 erreurs de doses sur 362 erreurs médicamenteuses).

L’analyse des EIGS de l’année 2020 dessine un portrait des personnes concernées et des circonstances de leur survenue : la majorité concerne des patients âgés de 60 ans et plus (54 %), survient lors d’un acte thérapeutique (80 %) plus qu’à l’occasion d’un acte diagnostique (12 %) et plutôt au cours des périodes de vulnérabilité que sont la nuit, le week-end et les jours fériés (58 %). Les établissements de santé demeurent ceux qui déclarent le plus (83 %), puis viennent les structures médico-sociales (11 %) et les professionnels exerçant en ville (4 %).

Aux yeux de la HAS, il est capital de faire comprendre l’enjeu pédagogique du dispositif EIGS et de rappeler aux professionnels et à leurs organisations que leur adhésion à cette démarche est importante pour améliorer la sécurité des patients. En effet, faire en sorte que les erreurs soient signalées et discutées plutôt que cachées ou ignorées contribue in fine à sortir de la culture de la faute.

Aussi la HAS a-t-elle repensé sa manière de communiquer les retours d’expérience : un format court, avec des illustrations sélectionnées pour sensibiliser sur des problématiques essentielles –, « les abrEIGés » – accompagne désormais le rapport intégral qui comprend deux documents, le retour d’expérience national et le cahier technique. L’objectif est d’appo rter une meilleure lisibilité des analyses faites sur le plan national, et ainsi mieux sensibiliser à la culture sécurité et au retour d’expérience.

La HAS a également réalisé, en collaboration avec la Fédération des organismes régionaux pour l’amélioration des pratiques (FORAP), un guide pratique sur l’analyse d’évènements indésirables associés aux soins. L’objectif est d’apporter aux professionnels du soin et de l’accompagnement, quel que soit le secteur dans lequel ils exercent (sanitaire, médico-social, secteur de ville), un outil simple et didactique pour réaliser cette analyse, dont la qualité est insuffisante.

Une analyse approfondie des EIGS liés à une chute de patient pour identifier les leviers d’amélioration

En complément de ce bilan annuel des EIGS, la HAS mène des travaux approfondis sur les causes les plus fréquemment retrouvées dans la base EIGS. Après avoir consacré en 2020 un rapport aux erreurs liés à l’usage des médicaments, elle publie cette année un rapport sur les EIGS en lien avec une chute de patient en structure de soins ou médico-sociale. Les chutes figurent parmi les risques les plus fréquemment déclarés dans le dispositif de déclaration des EIGS et ce malgré nombre de recommandations pour les réduire.

En France, 450 000 personnes de plus de 65 ans sont victimes d’une chute tous les ans ce qui engendreraient près de 7 000 décès annuels. Néanmoins, même si l’enquête ChuPADom a permis de décrire les caractéristiques et les circonstances des chutes à domicile chez les personnes âgées de 65 ans et plus, les chutes survenant en établissement de santé et en établissements sociaux ou médico-sociaux ne sont pas encore suffisamment documentées.

Une analyse approfondie de 129 déclarations identifiées sur ce sujet, réalisée sur les EIGS déclarés entre février 2017 et juillet 2019, a permis d’aboutir à des préconisations pour l’amélioration de la gestion des risques liés aux chutes associées aux soins à destination des professionnels de santé et des structures de soins. Parmi les principales préconisations :

  • Systématiser l’évaluation du risque de chute en équipe, dès l’arrivée du patient lorsque celui-ci est institutionnalisé, le tracer dans le dossier médical et le réévaluer régulièrement ;
  • Aménager la chambre et la salle de bains en structure de soins ou médico-sociale des patients à risque de chute de façon à limiter ce risque au maximum (exemples : hauteur variable des lits, espaces libres pour des déplacements avec un appareillage, fauteuil de repos stable et sécurisable, douche sans seuil ou marche, barres d’appui dans les toilettes, suppression des tapis, adaptation de la nature du sol…) et permettre une intervention rapide en cas de chute, (bouton d’appel facile d’accès…).

Le prochain sujet qui sera traité par la HAS concerne les EIGS déclarés en lien avec les tentatives de suicides de patients.

Les Flash sécurité patient, un nouvel outil pour sensibiliser à la gestion des risques

La HAS propose depuis juin 2021 une nouvelle collection : les Flash sécurité patient (FSP). Ces fiches ont pour objectif de sensibiliser les professionnels sur des risques spécifiques en prenant appui sur des situations réelles liées à des EIGS déclarés et récurrents. Cette collection contribue à valoriser le retour d’expérience ainsi que l’apprentissage par l’erreur.

Le rapport spécifique sur les erreurs médicamenteuses a ainsi donné lieu à des Flash sécurité patient apportant aux professionnels une réponse supplémentaire et ciblée sur des types d’erreurs spécifiques : « Accidents liés à un médicament à risque « Qui dit potassium (KCl), dit vigilance maximale », « Médicaments à risque : Sous-estimer le risque c’est risqué ». Un troisième flash sécurité patient est publié aujourd’hui : « Calcul de doses médicamenteuses : La règle de trois doit rester la règle »

Six Flash sécurité patient ont déjà été publiés et de nouvelles fiches sont d’ores et déjà programmées, sur les thématiques du SAMU, des tentatives de suicides chez les patients, des médicaments (curares, neuroleptiques), de la télémédecine, des sondes utilisées en nutrition entérale et des soins en ville.

 

Pour en savoir plus :
Lire le communiqué de presse en ligne

Service de presse HAS : contact.presse@has-sante.fr

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