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Face à un dialogue bloqué et alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à faire ses voeux aux professionnels de santé, l’Alliance de la biologie médicale appelle le Président de la République à arbitrer dans les négociations avec l’Assurance maladie (Lettre)

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Monsieur le Président,

Nous, professionnels de santé, sommes très inquiets et demandons solennellement votre aide.

Nous sommes inquiets pour la santé de nos compatriotes, inquiets pour la pérennité de notre système de santé, inquiets de ne pouvoir honorer vos engagements, que nous soutenons, en matière de prévention et de lutte contre la reprise épidémique. Inquiets, enfin, de voir 45 années de construction d’une biologie médicale souveraine, innovante et des plus performantes en Europe, balayée en l’espace de trois mois par les intentions austéritaires du gouvernement.

Les milliers de biologistes médicaux et leurs collaborateurs ont toujours répondu présents aux politiques sanitaires publiques. Depuis le début de la crise sanitaire, nous sommes mobilisés jour et nuit. Nous avons réalisé 90% des tests PCR et 50% de l’ensemble des diagnostics Covid, répondant à la demande expresse du gouvernement.

Pourtant, aujourd’hui, ce même gouvernement exige, sans dialogue possible, de « rembourser » 1,3 milliards d’euros au titre des bénéfices COVID. Que dirait-on si, dans un contexte de crise, un chef d’entreprise demandait à ses employés de faire des heures supplémentaires et décidait finalement de ne pas les payer et de baisser leurs salaires ?

Les biologistes médicaux sont pourtant très clairs sur leur position : oui à l’effort, non au rabot ! C’est pourquoi, en responsabilité, nous avons proposé à l’Assurance maladie de rétrocéder près de 700 millions d’euros soit 80% de nos bénéfices COVID, alors même que nous avons investi massivement pour répondre à l’urgence sanitaire.  

Monsieur le Président, 

Nous ne réclamons aucune hausse des tarifs, comme l’Assurance maladie le laisse entendre. Nous demandons simplement de la visibilité et des économies soutenables pour notre secteur, afin d’éviter les conséquences désastreuses pour la santé des Français. À court terme, la suppression de plus de 10 000 emplois directs et la fermeture de 400 sites de proximité, notamment dans les déserts médicaux, sont inévitables !

Pourtant, l’accessibilité des laboratoires de biologie médicale, la facilité avec laquelle les patients peuvent se faire dépister, sans rendez-vous et gratuitement, leur présence dans l’ensemble des territoires, y compris ruraux, leur capacité à se mobiliser 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sont autant d’éléments assurant un parcours de soin de qualité et permettant de lutter contre la saturation des hôpitaux. 

Surtout, depuis 10 ans, nous participons à la baisse des dépenses de santé : 5,2 milliards d’euros d’économie pour un coût moyen de biologie par patient et par an de 57 euros (contre 83 euros en Allemagne) alors que la biologie se spécialise et que les pathologies se complexifient. 

Nous en arrivons à la regrettable conclusion que protéger la santé des Français au quotidien, investir dans l’économie et développer un secteur de pointe contribuant au rayonnement national ne figurent pas dans les priorités du gouvernement.

Monsieur le Président,

Nous partageons le même objectif : protéger les Français. Nous sommes interpellés par l’impossibilité chronique d’engager toute concertation, pourtant prônée par la Première ministre.  Les milliers de biologistes médicaux de France en appellent solennellement à votre arbitrage.

Ne laissez pas mourir la biologie médicale française.  

Ne nous laissez pas mourir.

Contact presse : presseabm@havas.com – Renan Quiniou

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