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L’Institut d’hépatologie lyonnais labellisé IHU par l’Etat : Lyon promue capitale française de la filière hépatique ! (Communiqué)

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Créé il y a un an pour structurer l’ensemble de la filière hépatique locale, l’Institut d’hépatologie de Lyon est devenu, ce mardi 16 mai, par le biais d’une annonce officielle du Président Emmanuel Macron, l’un des dix nouveaux Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU) labellisés par l’Etat, le tout premier dans la région Auvergne- Rhône-Alpes. Avec une dotation de 20 M€ sur dix ans, cet IHU nommé EVEREST, porté par les Hospices Civils de Lyon, l’Université Claude Bernard Lyon 1, l’Inserm et le Centre Léon Bérard, et soutenu par les collectivités locales, s’ancre comme la référence française et un centre d’excellence mondial sur la recherche autour des maladies du foie. Un bâtiment devrait voir le jour en 2026, sur le site de l’hôpital de la Croix-Rousse des Hospices Civils de Lyon.

Ils ont baptisé leur projet EVEREST1. Ce mardi 16 mai, les membres de l’Institut d’hépatologie de Lyon ont ressenti la même émotion qu’un alpiniste entamant l’ascension du plus haut sommet du monde : un enthousiasme immense, à la hauteur du défi qui les attend. Porté par le Pr Fabien ZOULIM (lire par ailleurs), EVEREST a été officiellement retenu parmi les 10 lauréats du label national IHU, dévoilés, ce mardi 16 mai, par le Président de la République Emmanuel Macron.

Le projet avait été présenté, début février, devant un jury international, par les Prs ZOULIM et Massimo LEVRERO, à la tête d’une délégation composée des Prs Jean-Yves MABRUT et Delphine MAUCORT-BOULCH, de la Maitre de conférence Sophie AYCIRIEX, ainsi que de Raymond LE MOIGN, Directeur Général des HCL, et Frédéric FLEURY, Président de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Au sein du programme d’investissement en santé « France 2030 » visant à renforcer la compétitivité française dans la recherche médicale, la labellisation IHU s’avère la plus richement dotée (300M€ d’enveloppe globale, lire encadré). Avec 20 M€ alloués par l’Etat pour les dix prochaines années, le nouvel IHU d’hépatologie de Lyon va pouvoir explorer de nouvelles voies vers la médecine d’excellence.

Regroupant l’ensemble de la filière hépatique locale, l’Institut d’hépatologie de Lyon avait
été créé par les HCL, l’UCBL, le CLB et l’Inserm, en avril 2022, afin de fédérer l’ensemble
des équipes cliniques et de recherche pour poursuivre le déploiement des programmes
scientifiques autour des maladies du foie. Le statut d’IHU, désormais acquis pour dix ans,
va permettre de renforcer sensiblement son action structurante inédite à l’échelle locale, avec une ambition de visibilité et de compétitivité internationales. Il positionne, de facto, l’institut lyonnais comme une référence incontournable : EVEREST devient le premier et unique IHU français entièrement consacré aux pathologies hépatiques.

« En structurant la filière à travers l’Institut d’Hépatologie de Lyon, notre vision était de travailler sur l’ensemble des maladies du foie quelles que soient leur cause et leur stade de sévérité, en intégrant la recherche à la fois fondamentale, translationnelle et clinique, mais aussi la santé publique et les sciences humaines et sociales. L’obtention de la labellisation IHU permettra d’engendrer un effet levier et d’accélérer nos programmes de recherche avec l’ambition de découvrir de nouvelles modalités thérapeutiques pour guérir ou protéger le foie. Nos avancées en matière de recherche et d’innovation seront valorisées par leur transfert en pratique clinique et par la création de nouvelles entreprises de biotechnologies. Le projet reposera sur un programme de formation d’excellence pour façonner les futures générations de scientifiques et de médecins en hépatologie », se félicite le Pr Fabien ZOULIM, futur directeur de l’IHU.

Un écosystème entier réuni autour d’un même organe et sur un même site

A l’heure actuelle, l’Institut d’hépatologie de Lyon regroupe déjà plus de 450 professionnels, répartis dans 13 services cliniques des HCL (à l’hôpital de la Croix-Rousse, l’hôpital Edouard Herriot, l’hôpital Lyon Sud et les hôpitaux Est) et dans 18 équipes de recherche de l’UCBL, l’Inserm, le CLB et le CNRS, dont 9 unités mixtes (le CRCL, CarMeN, NUDICE, l’ISA, le CIRI, l’ICBMS, le LBBE, RESHAPE et Défense, Santé, Environnement). Avec le label IHU, il devrait rapidement impliquer davantage de collaborateurs, avec une dimension internationale accentuée car « le nouveau statut devrait nous permettre d’attirer des médecins et chercheurs de haut niveau international pour dynamiser les programmes de recherche et d’innovation », annonce le Pr ZOULIM.

En réunissant chercheurs, cliniciens, industriels et représentant de patients sur un même site pour travailler autour d’un seul et même organe, le projet EVEREST répondra à plusieurs ambitions : 1) la promotion de la recherche de pointe pour accélérer les découvertes et innovations, 2) une vision stratégique de la recherche clinique pour transférer les innovations à tous les patients incluant les populations vulnérables et guérir les maladies hépatiques, 3) l’excellence scientifique et l’attraction de nouveaux talents, 4) la formation des nouveaux leaders scientifiques et médicaux en hépatologie.

Mieux dépister et combattre des maladies du foie qui ne cessent de progresser

À l’heure où les pathologies du foie ne cessent de progresser, la plus-value apportée par l’IHU pourrait s’avérer considérable.

D’après l’OMS, près d’1,5 milliard de personnes dans le monde vivent avec une maladie du foie et plus de 2 millions en meurent chaque année (dont 17 000 en France), que ce soit du fait de complications graves liées à une cirrhose, d’un carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) ou de défaillances hépatiques aiguës ou chroniques (hépatites B ou C). En raison, notamment, de la forte hausse de la « maladie du foie gras » (la NASH), le nombre de cancers du foie pourrait, selon une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet, augmenter de 55%, au niveau mondial, d’ici à 2040.

Dans ce contexte, l’IHU EVEREST compte développer de nouvelles stratégies de gestion des pathologies chroniques, avec un diagnostic et des interventions thérapeutiques précoces, et de nouvelles classifications des maladies pour la personnalisation des traitements.

« Grâce à la dotation de l’IHU, nous allons notamment pouvoir acquérir des équipements très innovants sur la multi-omique. Cela nous permettra de réaliser un profilage très fin des patients pour mieux comprendre et prédire les transitions d’un foie sain vers un foie fibrosé, l’évolution pouvant se révéler très différente d’un patient à l’autre. En cernant mieux les mécanismes à l’œuvre chez chaque patient, les hépatologues pourront mieux adapter les prises en charge, ce qui bénéficiera non seulement aux patients mais aussi à tout le système de santé », souligne le Pr ZOULIM.

La grande quantité de données générées sera collectée et analysée pour alimenter la stratégie de recherche et d’innovation. Les nouvelles découvertes seront validées par des programmes de recherche clinique afin d’alimenter la construction d’un schéma directeur sans précédent de prise en charge des pathologies. Le transfert de ces innovations vers la pratique clinique se fera après une évaluation et une modélisation pharmaco-économique et de santé publique qui garantiront le caractère abordable et durable, pour tous, de cette médecine de précision pour vaincre les maladies du foie et promouvoir la santé de l’organe. Cet effet transformant permettra de renforcer les collaborations nationales et internationales et de positionner Lyon, à travers son IHU, comme la véritable capitale française de la filière hépatique.

La désignation de Lyon comme centre d’accueil d’un IHU spécialisé dans le foie récompense une compétence locale depuis longtemps reconnue dans la recherche et la prise en charge des maladies hépatiques. C’est ainsi à Lyon, à l’hôpital Edouard Herriot, qu’a été réalisée, en 1992, la première greffe à partir d’un donneur vivant, en France.

Depuis plus de 30 ans, l’hépatologie lyonnaise a, par ailleurs, été pionnière dans la recherche de nouveaux traitements des hépatites virales B et C et a contribué à la découverte, la compréhension des mécanismes d’action et la mise en place des nouveaux traitements de guérison des hépatites C et de viro-suppression des hépatites B et delta.

Le Pr Fabien ZOULIM et ses équipes sont aujourd’hui des leaders mondiaux dans les programmes de guérison des hépatites B et delta. Chef du service d’hépatologie et gastroentérologie de l’hôpital de la Croix-Rousse, enseignant-chercheur à l’UCBL et chercheur à l’Inserm, celui qui a porté la candidature lyonnaise au titre d’IHU figurait, en 2021, dans le classement de Clarivate analytics des 1% de chercheurs dont les publications étaient les plus citées au niveau mondial.

Aux HCL, aux côtés du Pr ZOULIM et de son chef de service adjoint, le Pr Massimo LEVRERO, moteur dans le projet EVEREST, pas moins de 13 services prennent actuellement en charge tout ou une partie de l’hépatologie, dans chaque groupement hospitalier, à la Croix- Rousse, donc, mais aussi à l’hôpital Lyon Sud, à l’hôpital Edouard Herriot et à l’hôpital Femme Mère Enfant.

En réalisant plus de 120 greffes de foie en 2022, les équipes de transplantation hépatique de l’hôpital de la Croix-Rousse et de l’hôpital Femme Mère Enfant, sous la conduite des Prs MABRUT et MOHKAM et du Dr DUBOIS, ont, l’an passé, fait de Lyon le 2e centre transplanteur français. Enfin, la filière lyonnaise dispose de 4 centres de référence ou de compétence prenant en charge les maladies rares du foie chez l’adulte comme chez l’enfant.

Unissant tous ces savoir-faire, dans la recherche comme dans son application clinique, l’IHU EVEREST ouvre désormais, dans tous les domaines – de l’addictologie à la chirurgie hépatique, en passant par la réanimation ou la transplantation – des perspectives sans précédent dans le niveau de structuration et d’ambition de l’hépatologie lyonnaise.

Contact : presse@chu-lyon.fr

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