Le PLFSS 2026 marque une rupture historique. Sous couvert de modernisation, le Gouvernement organise un pilotage autoritaire du système de santé et évince les syndicats médicaux, piliers de la démocratie sanitaire depuis plus de 50 ans. Le texte opère trois glissements majeurs :
- De la négociation à l’injonction : en cas d’échec des discussions, l’administration pourra fixer seule les accords conventionnels. C’est la fin du paritarisme.
- De la représentation à la marginalisation : les syndicats médicaux sont contournés au profit de structures technocratiques, déconnectées du terrain.
- De la régulation à la sanction : les « coups de rabot » tarifaires, désormais possibles unilatéralement, instaurent une médecine libérale sous surveillance permanente.
Ce PLFSS ouvre la voie à une planification étatique de l’offre de soins. Mais au-delà de ces dérives démocratiques, ce texte va échouer.
Il échouera d’abord sur le plan démographique :
- en faisant partir les médecins les plus expérimentés,
- en décourageant les jeunes de s’installer,
- en limitant encore l’accès aux soins.
Les députés qui voteront ce texte porteront une responsabilité directe devant les Français. Cet échec est programmé, et l’Histoire les jugera.
La CSMF refuse ce glissement vers un modèle étatisé, contraire aux besoins des patients comme à la réalité du terrain. Elle exige le retrait immédiat des dispositions qui contournent le dialogue conventionnel.
Sans retour au respect, au paritarisme et à la raison, le Gouvernement nous trouvera unis et déterminés.
Docteur Franck DEVULDER
Président de la CSMF
franck.devulder@csmf.org