Nous vous écrivons d’une seule voix. Nos organisations représentent les établissements et services médico-sociaux qui accompagnent chaque jour des personnes âgées en perte d’autonomie, des personnes en situation de handicap et des personnes atteintes de pathologies chroniques, à domicile comme en établissement. A ce titre, nous mesurons chaque jour ce que signifie garantir l’égalité territoriale, l’accès aux droits fondamentaux et la dignité des personnes les plus fragiles.
L’annonce que vous avez faite le 14 novembre au Congrès des Départements de France, confirmée par votre courrier adressé aux départements le 24 novembre, visant à confier aux départements la tutelle unifiée du champ médico-social suscite chez nous une profonde inquiétude. Une telle décision constituerait une rupture majeure dans l’organisation de la protection sociale, avec des conséquences lourdes pour les personnes les plus vulnérables. Depuis des années, les disparités territoriales dans la prise en charge du handicap, du grand âge et de l’aide à domicile sont massives, documentées et unanimement dénoncées. Les restes à charge, les tarifs d’hébergement, les prestations, les moyens humains ou les taux d’encadrement varient fortement selon les politiques départementales. Loin de réduire ces inégalités, le transfert envisagé les amplifierait.