L’état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) pour l’année 2026 de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a été approuvé à l’unanimité par la commission médicale d’établissement et par le conseil de surveillance de l’institution, le 12 décembre 2025. Il fait état d’un déficit prévisionnel pour 2025 projeté à 385M €, en amélioration de 77M € par rapport au résultat de l’année précédente. Cette amélioration est le fruit d’une mobilisation collective pour augmenter l’offre de soins et améliorer la performance de l’AP-HP, en recettes et en dépenses. L’EPRD prévoit pour 2026 une nouvelle tranche de réouverture de l’offre de soins, une intensification des efforts de performance et en définitive une amélioration du résultat de 100M € supplémentaires pour atteindre un déficit ramené à 285M €.
Rappel de l’évolution de la situation financière de l’AP-HP en 2023 et 2024
A partir de fin 2021, l’AP-HP a traversé une période de difficultés inédites, après deux ans de crise sanitaire qui s’est traduite par une crise de ressources humaines sans précédent, avec notamment la perte d’environ 2 200 professionnels infirmiers (soit une baisse de près de 12 % des effectifs présents entre mai 2019 et mai 2023). Cette crise s’est traduite par un recul de même ampleur des capacités de soin de l’AP- HP.
Pour surmonter ces difficultés, l’AP-HP s’est dotée en fin d’année 2022 d’une nouvelle stratégie, articulée autour de « 30 leviers pour agir ensemble », dont l’objectif est d’attirer et fidéliser les personnels afin de relancer l’activité de soins. Cette stratégie s’est inscrite dans le cadre d’un plan global de financement pluriannuel (PGFP) sur 2023-2027, actualisé pour la période 2024 – 2028.
Or, après une année 2023 conforme aux objectifs fixés par ce PGFP, l’AP-HP a connu en 2024 une année paradoxale : malgré un fort redémarrage de son activité et des gains de performance plus importants que prévu, le déficit a connu un décrochage du fait d’un alourdissement massif et exogène des charges (avec 149M € de charges liées aux revalorisations salariales nationales et aux effets de l’inflation non compensées, contrairement aux hypothèses posées dans le PGFP, pour la seule année 2024). Au total, le déficit de l’AP-HP s’est établi à 461M € en 2024.
En 2025, l’AP-HP a maintenu son cap stratégique tout en augmentant significativement ses efforts de performance
En poursuivant la reconstitution de ses effectifs : fin 2025, elle aura quasiment reconstitué l’ensemble de ses effectifs infirmiers perdus depuis 2019 (avec plus de 800 équivalents temps plein (ETP) d’infirmières diplômés d’Etat (IDE)/infirmières puéricultrices (PUER) en 2025 par rapport à 2024) ; la situation s’est par ailleurs rétablie dans d’autres métiers qui connaissaient de fortes tensions en 2022 et 2023 (préparateurs en pharmacie, sage-femmes) ; trois points de vigilance demeurent toutefois s’agissant des infirmiers de blocs opératoires, des manipulateurs en électroradiologie médicale (MERM), en particulier en radiothérapie, et des assistants sociaux-éducatifs.
En poursuivant en regard la réouverture de ses capacités de soins et donc la hausse de son activité : fin 2025, elle aura rouvert plus de 1 000 lits par rapport au « point bas » de son capacitaire (avec 487 lits rouverts pour la seule année 2025[1]).
En poursuivant sa démarche de performance, avec 180M € de gains en recettes supplémentaires (hors gains liés aux réouvertures capacitaires) et en baisse des dépenses en 2025, soit 17M € de plus que prévu à l’EPRD 2025.
Au total, malgré des contraintes de financement plus fortes de prévu à hauteur de près de 25M €, le déficit de l’AP-HP devrait donc se réduire de 77M € entre 2024 et 2025 pour atteindre 385M €. La capacité d’autofinancement brute projetée est positive à hauteur de 72M € (versus 10M € en 2024).
L’EPRD 2026 prévoit un maintien du cap stratégique de l’AP-HP, une intensification des efforts de performance et in fine une amélioration du résultat de 100M € et de la capacité d’autofinancement nette de 133M €. Ainsi :
L’AP-HP poursuivra en 2026 sa trajectoire en rouvrant 270 lits en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) et 150 en soins médicaux et de réadaptation (SMR). Cette évolution sera permise grâce à une trajectoire d’emplois cohérente, avec en particulier 880 équivalents temps plein rémunérés (ETPR) soignants supplémentaires. Ces emplois se répartiront en 485 ETPR pour les réouvertures capacitaires, 140 ETPR pour permettre la mise en œuvre des grands projets de transformation (avec une contrepartie en termes de performance dans le cadre des opérations de retour sur investissement – voir infra), 190 ETP pour consolider les équipes avec une contrepartie indispensable en termes de baisse de l’intérim là où il est encore fortement mobilisé, le reste des emplois correspondant à des crédits fléchés pour des projets nationaux.
Corrélativement, l’AP-HP prévoit d’intensifier encore ses efforts de performance avec des plans d’actions d’ores-et-déjà structurés, pour un objectif total de 148M € de gains en 2026. Ces plans prévoient :
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- Des efforts en recettes (portant notamment sur l’exhaustivité et la qualité du codage et l’exhaustivité de la facturation), dont le rendement est toutefois dégressif du fait des améliorations majeures apportées depuis trois ans, pour un total de 40M € de gains projetés en 2026 (hors rebond capacitaire)
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- Des efforts en dépenses, avec en particulier la poursuite de la baisse du recours aux moyens de remplacement (-42,5M € projetés en 2026), des efforts d’optimisation des parcours (poursuite de la hausse du taux d’occupation, efforts sur l’IP-DMS et le taux d’occupation des blocs – soit une baisse de dépenses nette de 20M €), de la dynamique de juste prescription (‑15M €), des efforts de sobriété notamment énergétique (-15M €) ou encore d’optimisation des achats (-5M €).
Au total, compte-tenu des hypothèses de financement externe retenues pour la construction de l’EPRD 2026, celui-ci prévoit une amélioration du résultat de 100M € par rapport à 2025, permettant de ramener le déficit du budget principal à -285M €. La capacité d’auto-financement (CAF) brute projetée s’améliorerait de 133M € pour atteindre 205M € (la divergence entre CAF et résultat procédant de mécanismes comptables minorant le solde sans impact sur la CAF). La CAF nette redeviendrait positive à +22M €.
L’AP-HP finalisera avec l’Etat, dans les premiers mois de l’année 2026, les équilibres de sa trajectoire financière à 5 ans (2026–2030). Ce document devra notamment définir une trajectoire réaliste de retour vers l’équilibre, préservant la capacité de l’AP-HP à répondre à ses missions de soins et de recherche et poursuivre son plan pluriannuel d’investissement.
Note :
[1] Dont 339 en MCO, 128 en SMR, 12 en psychiatrie et 8 en USLD
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