Le report de l’examen des projets de décret et d’arrêté relatifs au futur diplôme d’État infirmier par le Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) révèle un dysfonctionnement préoccupant de la gouvernance des réformes de santé.
Alors que les instances nationales compétentes en matière de formation et de
professions de santé ont rendu des avis favorables, ces textes se trouvent aujourd’hui
bloqués pour des raisons sans lien avec le fond de la réforme. Le Sniil dénonce une
situation dans laquelle une réforme majeure de santé publique se retrouve prise en
otage par des rapports de force institutionnels et financiers entre l’État et les régions.
Cette situation est inacceptable. La réforme du diplôme infirmier répond à des enjeux
d’attractivité, de reconnaissance et d’adaptation des compétences aux besoins réels de
la population. Elle ne peut être ralentie, fragilisée, par des arbitrages budgétaires ou
des conflits de compétences qui ne relèvent ni des étudiants, ni des professionnels de
santé.
Le report de l’examen par le CNEN fait peser un risque réel sur le calendrier de
publication des textes et compromet la capacité des instituts de formation, des
universités et des acteurs de terrain à préparer correctement la mise en œuvre de la
réforme dès la prochaine rentrée. Une réforme publiée trop tard est condamnée à être
mal appliquée.
Le Sniil appelle solennellement le Gouvernement à reprendre la main. Il lui appartient
de clarifier sans délai la gouvernance de la formation infirmière, de sécuriser les
équilibres financiers et de garantir un calendrier réglementaire compatible avec les
exigences opérationnelles du terrain. L’État ne peut se satisfaire d’une réforme
suspendue à des blocages institutionnels.
La profession infirmière attend du Gouvernement des décisions claires, assumées et
cohérentes. Elle refuse d’être la variable d’ajustement de dysfonctionnements
institutionnels qui fragilisent l’ensemble du système de santé.
Contact : Sniil – communication@sniil.fr