“L’opération Bruxelles”, initiée par le Bloc, est lancée.
Pour la première fois, près de 2 000 praticiens du bloc opératoire — chirurgiens, anesthésistes, gynécologues obstétriciens — quitteront symboliquement la France dimanche 11 janvier à partir de midi, depuis la porte Dauphine – avenue Foch, à destination de Bruxelles.
Ce départ collectif intervient malgré des réquisitions massives sur tous les territoires, parfois illégales, engagées avant la grève intersyndicale des praticiens libéraux, démarrée le 5 janvier pour dix jours.
L’ensemble des blocs opératoires est impacté jusqu’au 15 janvier 2026.
La continuité des soins pour les patients hospitalisés demeure assurée.
Cette mobilisation massive constitue un fait inédit dans l’histoire du système de soins.
Elle met en lumière la colère accumulée depuis de longues années de spécialités à responsabilité médicale élevée, indispensables à l’accès aux soins, restées sans revalorisation ni reconnaissance depuis des décennies et les débats parlementaires dans le cadre de la LFSS, agressifs et injustes envers la médecine libérale, ont mis le feu aux poudres.
Les praticiens dénoncent une contradiction profonde : leur rôle essentiel et leur engagement ne sont pas reconnus en période normale, mais deviennent soudain indispensables lorsqu’un mouvement social d’ampleur survient.
Le recours massif aux réquisitions, y compris de spécialistes sans ligne d’astreinte de PDSES ni obligation de garde, met en évidence une contradiction du système. Les réponses apportées privilégient la contrainte administrative facile plutôt que le traitement des difficultés structurelles.
Les spécialités du bloc opératoire cumulent exigences techniques élevées, charges croissantes, responsabilité directe sur la sécurité des patients et tarifs figés depuis des décennies leur imposant un exercice obligatoire avec des compléments d’honoraires. Jusqu’à présent, l’engagement professionnel des praticiens a permis d’absorber ces tensions, ils prennent en charge sans liste d’attente plus de 60% des Français en chirurgie et participent à la gestion des urgences 24/24h, 365 jours par an.
Ce point d’équilibre est aujourd’hui rompu.
L’exil symbolique à Bruxelles dimanche constitue un avertissement politique et sanitaire majeur sur l’avenir et l’accès aux soins chirurgicaux et obstétricaux pour tous les patients sur tout le territoire.
Maltraiter les soignants, c’est maltraiter les patients.
Le mouvement est soutenu par AVENIR SPÉ, la CSMF, la FMF, MG France, le SML, l’UFMLS, Jeunes Médecins, Médecins pour demain, le COMELI, le Collectif Médical du Sud-Est, l’ISNI, l’ISNAR-IMG, l’ANEMF et ReAGJIR.