Alors que la question de la fin de vie est aujourd’hui au cœur du débat parlementaire, l’Association Nationale des Étudiants en Médecine de France rappelle que la communauté étudiante en médecine d’aujourd’hui représente les professionnels qui mettront en œuvre, demain, les évolutions législatives actuellement discutées.
À ce titre, nous avons adopté ce week-end une contribution issue d’un travail de réflexion et de consultation des étudiants en médecine. Ces propositions ont pour objectif d’identifier les conditions nécessaires pour garantir un accompagnement digne, sécurisé et de qualité pour les patients en fin de vie.
Pourtant, la réflexion publique s’est trop souvent concentrée sur la seule question de l’aide à mourir. À travers cette contribution, nous souhaitons rappeler que le débat ne peut s’y limiter. La fin de vie ne se résume pas à un geste ou à une procédure : elle interroge plus largement notre capacité collective à accompagner, soulager et soutenir les patients jusqu’au bout. Cela implique de ne pas laisser de côté d’autres enjeux essentiels, tels que l’accès aux soins palliatifs, l’organisation du système de soins ou encore la formation des soignants.
Dans ce cadre, nous formulons plusieurs priorités majeures :
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Repenser et renforcer la formation des étudiants en médecine aux soins palliatifs et à l’accompagnement de la fin de vie ;
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Garantir que les patients soient pleinement informés et aient effectivement accès aux soins palliatifs avant toute décision concernant une demande d’aide à mourir ;
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Renforcer l’accès aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire afin de garantir une prise en charge équitable pour tous les patients ;
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Assurer un réel processus collégial, clair et strictement encadré pour l’examen de toute demande d’aide à mourir ; en confiant la responsabilité de la décision à des comités spécifique composé de soignants et de représentants du domaine judiciaire.
Nous sommes aujourd’hui à un moment charnière, il est essentiel que les choix qui seront faits ne se limitent pas à répondre à une urgence du débat, mais s’inscrivent dans une vision globale, cohérente et soutenable de notre système de santé. Les étudiants en médecine resteront force de proposition, et appellent à une responsabilité collective : celle de construire un cadre à la hauteur des exigences éthiques, humaines et professionnelles que suppose la fin de vie.
Consulter la contribution de l’ANEMF
Marion DA ROS POLI
Présidente
marion.darospoli@anemf.org