À l’occasion de son 46ème Congrès, placé sous le haut patronage du ministère de la Santé et inauguré par le député François Gernigon, le SDA a réuni près de 2 000 professionnels et acteurs institutionnels à Paris les 19 et 20 mars, confirmant son rôle de rendez-vous de référence pour la profession.
Ce congrès a permis de dresser un bilan collectif du 100 % Santé, 5 ans après sa mise en œuvre, et de souligner le rôle central de l’audioprothésiste dans les politiques du bien-vieillir.
Inauguré par François Gernigon, député du Maine-et-Loire, et par Morgan Potier, président de la Société française d’audioprothèse (SFA), le 46ème Congrès des Audioprothésistes a permis d’aborder les principaux enjeux de la profession. Les tables rondes organisées par le SDA en ouverture du congrès et animées dans une logique de concertation, ont favorisé des regards croisés entre professionnels et institutionnels.
Brice Jantzem, président du SDA, a souligné dans son discours inaugural le « tournant » auquel se trouve la profession, alors que « d’ici 2030, près d’un Français sur trois sera âgé de 60 ans et plus » et dont 25% pourraient présenter un déficit auditif. Il a ainsi rappelé que ce défi populationnel à venir appelle à « anticiper les besoins en santé et à veiller à ce que dans chaque bassin de vie, chaque patient puisse accéder à une prise en charge de qualité, sans rupture, sans délai injustifié ».
Les différents intervenants ont unanimement salué l’engagement et la place centrale de l’audioprothésiste dans les politiques du bien-vieillir[1].
Au-delà de la correction du déficit auditif, les échanges ont mis en lumière le rôle préventif essentiel de la réhabilitation auditive, contribuant à la préservation de la santé mentale, de la locomotion et de la cognition, qui constituent trois des six capacités intrinsèques évaluées par ICOPE.
Le député François Gernigon, engagé de longue date sur le sujet de l’audition, a, à cette occasion, annoncé le dépôt à venir d’une nouvelle proposition de loi visant à renforcer le cadre de la pratique des audioprothésistes. Le député souhaite en particulier conférer à l’audioprothésiste un statut de « pratique avancée », qui permettrait de valoriser son rôle de professionnel paramédical essentiel face au vieillissement populationnel, en facilitant le partage de compétences avec d’autres professions de santé.
Le Congrès a par ailleurs été l’occasion de dresser un bilan du 100% Santé, 5 ans après l’entrée en vigueur de la réforme[2]. La table ronde inaugurale a mis en lumière son succès en matière d’accès aux soins, la France affichant désormais l’un des taux d’équipement les plus élevés en Europe. Dans ce contexte, le SDA appelle à la vigilance : les travaux gouvernementaux en cours sur l’articulation des dépenses entre l’Assurance maladie obligatoire et l’Assurance maladie complémentaire pourraient fragiliser ces acquis.
Un transfert de charge vers les complémentaires ferait peser un risque d’antisélection : les personnes les moins exposées pourraient alléger leur couverture, tandis que celles ayant des besoins la maintiendraient. Ce déséquilibre renchérirait les contrats couvrant les soins auditifs, pouvant compromettre les progrès observés depuis 5 ans en matière d’accès aux soins.
Parallèlement, le SDA réaffirme son engagement pour corriger et améliorer la réforme. Salué par Sophie Kelley, représentante de la Caisse nationale d’Assurance maladie, pour son « esprit de responsabilité » lors de la table ronde consacrée au bilan du 100% santé, le syndicat a déjà signé l’avenant 1 à la convention des audioprothésistes entré en vigueur le 1er janvier 2025. Si des progrès notables ont été observés, le SDA appelle à aller plus loin, en proposant diverses mesures de régulation de la profession d’audioprothésiste.
Ce Congrès s’est conclu par l’élection de Stéphane Gallégo en tant que nouveau président du SDA. Fort d’un parcours à la croisée de la recherche, de la pratique clinique, de l’enseignement, de l’industrie et de l’entreprenariat, il saura porter activement la voix du SDA dans les travaux importants en cours, en lien avec l’évolution du cadre du 100% Santé et les modalités de régulation du secteur. Il pourra s’appuyer sur Luis Godinho, Jehan Gutleben et Brice Jantzem, les trois vice-présidents.
Le SDA se félicite des échanges constructifs tenus lors du congrès, qui appellent à un renforcement de la place de la profession dans le système de santé, et remercie partenaires et participants pour leur engagement.