Le BEH n°9 est paru le 7 avril 2026.
Ce numéro comprend 2 articles :
- Expositions professionnelles des travailleurs du bâtiment et des travaux publics en 2019 en France hexagonale, évaluées à partir des matrices emplois-expositions du programme Matgéné. Laurène Delabre et coll. Santé publique France, Saint-Maurice
Introduction – Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) emploie environ 1 500 000 équivalents temps plein dont 20% de non-salariés. L’objectif de cette étude était d’estimer le nombre et la proportion de travailleurs de ce secteur exposés en France hexagonale à différentes nuisances en 2019, à partir des évaluations fournies par des matrices emplois-expositions (MEE) du programme Matgéné.
Méthode – Les MEE sélectionnées étaient celles relatives aux poussières de silice cristalline libre, aux poussières de bois, aux laines minérales, au formaldéhyde, aux carburants et solvants pétroliers, aux solvants oxygénés, aux solvants chlorés, au bruit et au travail de nuit. Elles ont été croisées avec les données du recensement de la population de 2019 fournies par l’Insee, restreint aux travailleurs et aux intérimaires du secteur du BTP, afin d’obtenir les indicateurs d’exposition aux nuisances avec leurs intervalles de sensibilité (IS) pour prendre en compte l’incertitude liée à l’évaluation de l’exposition.
Résultats – Le bruit est la nuisance avec la plus forte proportion de travailleurs exposés (62,1% [45,2-70,0], 1 066 340 travailleurs), suivi par les poussières de silice et les laines minérales. La proportion d’exposés était plus élevée qu’en population générale des travailleurs pour le bruit, les carburants et solvants pétroliers, le formaldéhyde, les poussières de bois, les laines minérales, les poussières de silice, et plus faible pour le travail de nuit et les solvants oxygénés.
Conclusion – Pour de nombreuses nuisances, les proportions d’exposés sont plus élevées qu’en population générale des travailleurs, ce qui montre que les travailleurs du BTP constituent une population particulièrement à surveiller compte tenu de la variété des risques professionnels rencontrés dans ce secteur et pour laquelle la prévention est primordiale.
- Restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé chez les personnes malades chroniques, en situation de handicap ou en perte d’autonomie : observations et implications auprès de 3 100 usagers du système de santé recrutés via un canal associatif. Féreuze Aziza et coll. France assos santé, Paris
Les restes à charge invisibles des dépenses liées à la santé (RACIDLS) désignent des dépenses de santé non remboursées, souvent absentes des dispositifs de suivi statistique, mais perçues comme nécessaires par les usagers. Cette étude visait à estimer leur montant et leur nature chez des personnes vivant avec une maladie chronique, un handicap ou une perte d’autonomie, engagées dans des réseaux associatifs.
Une enquête en ligne a été conduite auprès de 3 100 répondants, recrutés via les réseaux de France assos santé. Un questionnaire ad hoc, élaboré avec le groupe de travail inter-associatif « Assurance maladie », a permis de recueillir des données déclaratives sur les dépenses non remboursées engagées au cours des 12 derniers mois, ainsi que sur les renoncements associés.
Le montant annuel moyen déclaré des RACIDLS était de 1 560 euros, avec une médiane à 640 euros. Les dépenses les plus fréquentes concernaient les médecines complémentaires, le petit matériel médical, ainsi que la nutrition et l’activité physique. Près de 53% des répondants déclaraient avoir renoncé à au moins un soin ou un produit non remboursé, cette proportion atteignant 69% chez les personnes aux revenus inférieurs à 2 000 euros par mois.
Bien que l’échantillon ne soit pas représentatif, les résultats mettent en évidence des dépenses perçues comme essentielles, mais invisibilisées dans les indicateurs classiques. Ils soulignent l’intérêt de compléter les approches institutionnelles par des dispositifs prenant en compte l’expérience déclarée des usagers, afin de mieux appréhender les inégalités d’accès aux soins.
Contacts presse : Santé publique France – presse@santepubliquefrance.fr