Le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) alerte les pouvoirs publics et les usagers sur la prolifération de « centres de dépistage » positionnés dans des officines gérées par des structures financières. Ces entités utilisent des algorithmes non supervisés pour proposer un dépistage de masse qui ne constitue en aucun cas une solution efficace pour le diagnostic précoce des cancers de la peau.
L’IA sans dermatologue : un diagnostic « en impasse »
Le SNDV avertit : l’IA sans l’expertise du dermatologue mène à des erreurs de diagnostic majeures et entraîne des exérèses inutiles, avec un coût important pour la collectivité et des séquelles éventuelles pour les patients.
La financiarisation actuelle de ces centres « surfe » sur la pénurie de spécialistes, une situation que le syndicat dénonce depuis des années sans obtenir l’augmentation nécessaire du nombre d’internes et sans pour autant offrir une réponse médicale sérieuse : l’impératif du parcours de soins total.
La mission du dermatologue : au-delà de la simple détection
Pour le SNDV, le dépistage ne peut être déconnecté de la prise en charge. La mission du dermatologue ne s’arrête pas à la détection d’une lésion ; elle consiste à assurer la totalité du parcours de soins du patient, particulièrement lorsque le diagnostic d’un cancer est suspecté.
Lorsqu’une suspicion est émise, la responsabilité médicale exige :
- Une confirmation diagnostique immédiate par un examen clinique par un expert dermatologue
- Une prise en charge thérapeutique et chirurgicale (biopsies, exérèses) par un dermatologue sans délai.
- Un suivi post-opératoire et dermatologique au long cours.
Contrairement aux centres financiers qui « abandonnent » le patient face à son résultat, les Équipes de Soins Spécialisés (ESS), déployées par le SNDV dans les territoires, garantissent cette continuité. Ce travail collaboratif avec les professionnels de santé locaux assure une prise en charge ciblée et rapide des personnes nécessitant un examen dermatologique urgent.
La position du Syndicat
Le SNDV exige un encadrement strict : aucun dépistage par intelligence artificielle ne doit être pratiqué sans être directement supervisé par un dermatologue.
Le diagnostic précoce n’a de sens que s’il débouche sur une prise en charge réelle. On ne traite pas un cancer avec un algorithme, on le traite avec un médecin spécialiste en dermatologie, intégré dans un parcours de soins structuré.
Le SNDV en appelle au Premier Ministre, aux Ministres de la Santé et de l’Enseignement Supérieur pour renforcer la démographie médicale et soutenir les solutions d’organisation professionnelle (ESS) plutôt que de laisser s’installer une médecine commerciale et fragmentée.
Ces pratiques, outre qu’elles génèrent de l’anxiété pour les patients, coûtent très cher à la Sécurité Sociale mais rapportent beaucoup d’argent à des groupes financiers bien décidés à augmenter leurs bénéfices.
Contact presse : Sandra BOZZI – sbozzi@mcscom.fr