Alors que le cannabis thérapeutique reste l’un des sujets les plus verrouillés du débat sanitaire français, un sondage inédit commandé par l’association APAISER S&C et réalisé par Norstat auprès de 1 004 Français révèle un consensus populaire massif et inédit : une écrasante majorité est favorable à son autorisation médicale.
Face à cette réalité, le statu quo politique devient difficile à tenir.
L’association Apaiser S&C a présenté, lundi 11 mai à 8h30, une étude inédite « cannabis thérapeutique : perceptions et attentes des Français », en présence de :
– Jean-Christophe Combe, Ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées 2022-2023
– Raphaël Clave, Directeur de l’institut d’étude norstat
– Mado Gilanton, Présidente de l’association Apaiser S&C
Réalisé les 13 et 14 avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 Français, ce sondage met en lumière un constat sans appel : la société est prête mais le système tarde à suivre.
Un consensus populaire qui dépasse les clivages
92 % des personnes interrogées se disent favorables à l’autorisation du cannabis médical dans un cadre strictement médical. Parmi elles, 72 % souhaitent une autorisation large, couvrant toutes les indications dont l’efficacité est scientifiquement démontrée. Les 20 % restants la conditionnent aux pathologies graves ou aux situations d’impasse thérapeutique.
Ce niveau d’adhésion, rarement atteint sur un sujet de politique de santé, place la France dans une position paradoxale : une opinion publique largement acquise à cette évolution, face à des institutions qui n’ont pas encore agi.
« Rarement nous avons observé un tel niveau de consensus sur un sujet aussi sensible. Avec 92 % de soutien à l’autorisation médicale, nous sommes face à une opinion publique claire, informée et cohérente. Les données parlent d’elles-mêmes : le régulateur est en décalage avec ses citoyens sur ce dossier. » Raphaël Clavé, Directeur Général de Norstat France
Un retard qui creuse un fossé avec le reste de l’Europe
82 % des Français jugent problématique le fait que l’accès au cannabis thérapeutique reste limité en France, alors que l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie ou encore le Luxembourg l’ont déjà autorisé à des fins médicales. Pour 44 % d’entre eux, cette situation constitue un « retard préoccupant en matière de santé ».
Seuls 18 % estiment que la prudence française est justifiée. Un signal politique fort, à l’heure où la question du cannabis médical s’invite dans plusieurs programmes partisans européens.
Un débat confisqué par les idées reçues
Pour 79 % des répondants, le débat public reste aujourd’hui freiné par des représentations erronées. 42 % identifient une confusion persistante avec le cannabis récréatif comme principal obstacle, et 37 % estiment que cette confusion nuit directement au bien-être des patients.
Ce diagnostic pointe la responsabilité des acteurs publics et médiatiques dans la manière dont le sujet est encore souvent traité : amalgames, raccourcis, absence de nuance. Le résultat : un débat de santé publique qui peine à s’extraire de son registre moral.
La souffrance des patients, grande oubliée
C’est peut-être le chiffre le plus éloquent du sondage : 73 % des Français estiment que les autorités ne prennent pas suffisamment en compte la souffrance des patients dans ce débat. 25 % vont plus loin et jugent cette prise en compte « pas du tout suffisante ».
57 % des répondants voient dans le cannabis thérapeutique une alternative intéressante et nécessaire pour soulager les patients. 33 % y voient une avancée importante pour la prise en charge de certaines pathologies. Seuls 11 % estiment que son efficacité reste trop incertaine pour justifier son usage médical.
« Ces résultats confirment ce que nous observons depuis plusieurs années : le grand public a dépassé les tabous pour se focaliser sur le bien être des malades. Il attend désormais des décideurs qu’ils prennent leurs responsabilités et permettent aux patients d’accéder à des traitements qui existent, qui fonctionnent, et qui leur sont aujourd’hui refusés. » Mado Gilanton, Présidente d’APAISER S&C
Les chiffres clés du sondage
- 90 % des Français connaissent l’existence du cannabis thérapeutique, distinct du cannabis récréatif
- 92 % favorables à son autorisation dans un cadre strictement médical
- 82 % trouvent problématique l’accès limité en France
- 79 % estiment le débat freiné par des idées reçues
- 73 % jugent la souffrance des patients insuffisamment prise en compte
- 57 % voient dans le cannabis thérapeutique une alternative nécessaire pour les patients
Étude complète disponible sur demande.
Méthodologie : Étude réalisée en ligne les 13 et 14 avril 2026 auprès d’un échantillon de 1 004 répondants représentatifs de la population française (méthode des quotas : sexe, âge, CSP, région).
Contact presse : Erika Nardeux / erika.nardeux@gmail.com
À propos d’APAISER S&C
Association de patients loi 1901 fondée en l’an 2000, APAISER S&C (Association pour Aider, Informer, Soutenir les Études et la Recherche pour la Syringomyélie et le Chiari) est reconnue d’intérêt général et agréée au niveau national depuis 2007 pour représenter les usagers au sein des instances hospitalières et de santé publique. Seule association dédiée aux patients atteints de syringomyélie, de malformation de Chiari ou de fentes médullaires, elle est membre de l’Alliance Maladies Rares et d’Eurordis.
À propos de Norstat
Fondé en 1997, Norstat est l’un des principaux collecteurs de données pour les études de marché en Europe. Membre d’ESOMAR, il s’appuie sur un panel de 4 millions de répondants dans 19 pays. Norstat travaille avec plus de 1 800 sociétés d’études de marché, marques et agences à travers le monde.