La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) diffuse un jeu de données accompagné d’une datavisualisation sur les hospitalisations en lien avec un geste auto infligé : c’est-à-dire une tentative de suicide ou une automutilation non suicidaire (scarifications, brûlures, coups contre un mur, etc.). Les données sont présentées par âge, sexe, taux ou effectifs et types d’hospitalisation (somatique ou psychiatrique) sur la période 2012-2025.
Hausse du nombre et du taux de patients hospitalisés pour tentatives de suicide ou automutilations entre 2024 et 2025
En services de soins somatiques , un peu plus de 84 000 personnes âgées de 10 ans ou plus ont été hospitalisées au moins une fois en 2025 pour un geste auto-infligé, 64 % d’entre elles sont des femmes, un ratio hommes/femmes stable depuis 2021. Rapporté à la population, cela correspond à un taux de 170 pour 100 000 femmes et 101 pour 100 000 hommes.
Ces taux ont augmenté de 2 % en 2025 par rapport à 2024. Les taux moyens de 2024 2025 progressent de +4 % chez les hommes et de +9 % chez les femmes par rapport à la moyenne de ceux de 2021-2023. Celui des femmes se rapproche du niveau maximal de 2012, année à partir de laquelle il avait baissé jusqu’en 2020 avant de repartir brutalement à la hausse. Chez les hommes, les taux 2021 2025 demeurent inférieurs à ceux des années 2012 2019.
La hausse des taux de patientes âgées de moins de 30 ans se poursuit en 2025
Ces évolutions globales masquent des tendances très contrastées selon les âges et les sexes : l’augmentation du nombre total des hospitalisations est largement attribuable aux jeunes filles (10-19 ans) et aux jeunes femmes de moins de 30 ans. La progression du taux de patientes hospitalisées, âgées de 10 à 19 ans, très forte entre 2020 et 2021 (+56 %), puis entre 2023 et 2024 (+16 %), se poursuit dans une moindre proportion entre 2024 et 2025 (+4 %).
Atteignant 482 pour 100 000 en 2025, ce taux est le plus élevé de toutes les tranches d’âge et des sexes et a quasiment doublé par rapport à la moyenne de celui des années 2012-2019. Cela fait écho aux publications sur la dégradation de la santé mentale au sein de de cette population depuis le milieu des années 2010, accentuée par la crise sanitaire de 2020.
Alors que les décès par suicide sont plus nombreux chez les hommes que chez les femmes, les gestes auto-infligés sont moins fréquents chez les hommes. Ils augmentent toutefois chez les moins de 30 ans. Pour la deuxième année consécutive, le taux de patients hommes progresse de plus de 10 % chez les 10 à 19 ans et de plus de 5 % chez les 20-29 ans.
Dans la population des 30-59 ans, les baisses continues observées chez les hommes et les femmes entre 2012 et 2022 s’infléchissent pour atteindre un plancher de 117 pour 100 000 pour les hommes et de 129 pour les femmes. Chez les patients de 60 ans ou plus, le taux féminin continue sa tendance baissière (72 pour 100 000, -3 % par rapport à 2024) et reste stable chez les hommes (59 pour 100 000).
Une datavisualisation permet de comparer selon les âges, les sexes et les secteurs de soins (psychiatrie et somatiques), les tendances affectant cet indicateur de la santé mentale.
Les données et le code source sont à disposition sur le site data.drees.
Pour en savoir plus
- Hazo, J.-B. (2025, juin). Santé mentale : un état des lieux au regard de la situation financière, de l’orientation sexuelle et des discriminations subies.Drees, Études et Résultats, 1340.
- Hazo, J.-B. (2024, mai). Hospitalisations pour gestes auto-infligés : une progression inédite chez les adolescentes et les jeunes femmes en 2021 et 2022. Drees, Études et Résultats, 1300.
- Observatoire national du suicide (2025, février). Suicide : mal-être croissant des jeunes femmes et fin de vie – Penser les conduites suicidaires aux prismes de l’âge et du genre. 6e rapport.
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