D’après les informations de La Tribune Dimanche, le gouvernement souhaite déposer un amendement de suppression du délit d’entrave à l’aide à mourir. La SFAP dénonce une diversion qui ne doit pas masquer le caractère profondément dangereux de ce texte.
La SFAP prend acte de l’annonce du gouvernement, qui propose de supprimer le délit d’entrave et d’incitation prévu par la proposition de loi sur l’aide à mourir. C’était le point le plus contestable du texte : il faisait peser une menace pénale sur les soignants, les proches et les associations, au seul motif qu’ils exprimaient un doute, un conseil ou une objection de conscience. Sa suppression est une mesure de bon sens, que la communauté palliative réclamait depuis longtemps.
Mais ce geste ne saurait servir de diversion. En retirant le point le plus visible et le plus indéfendable du texte, le gouvernement ne doit pas pour autant détourner l’attention de tout le reste, qui demeure inchangé. Les critères d’accès restent flous, la procédure laxiste, les délais expéditifs. Le texte entretient une confusion préoccupante entre le soin et la mort provoquée, et fait peser une coercition inacceptable sur les établissements, au mépris de leur projet de soin et de la liberté de conscience des équipes.
Corriger une disposition ne suffit pas à rendre acceptable une loi dont l’architecture même fragilise les personnes les plus vulnérables. La SFAP et l’ensemble de la communauté palliative réitèrent donc leur appel au gouvernement : entendre les propositions des soignants de terrain pour corriger les effets les plus délétères de ce texte, plutôt que de se contenter d’un geste d’affichage.
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