À la suite de la Journée internationale d’action pour la santé des femmes du 28 mai, l’Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes (ONSSF) alerte sur une incohérence des politiques publiques de soutien aux professionnels de santé à domicile face à la hausse des coûts de déplacement. Alors que le gouvernement a annoncé une revalorisation des indemnités kilométriques pour les aides à domicile et plusieurs dispositifs de soutien à la mobilité liés à l’augmentation des prix du carburant, les sages-femmes libérales en sont exclues, malgré leur rôle essentiel auprès des femmes sur l’ensemble du territoire.
La France compte environ 25 800 sages-femmes, dont près de 9 000 exercent en libéral ou en exercice mixte. Leur revenu moyen annuel est estimé à environ 30 000 euros, et les déplacements à domicile constituent une part structurante de leur activité, notamment dans le cadre du suivi post-partum, de la surveillance de la mère et du nouveau-né, de l’accompagnement de l’allaitement, de la prévention des complications et du repérage des situations de vulnérabilité. Elles interviennent également en gynécologie de prévention, en contraception, en dépistage et dans l’accompagnement des situations de précarité ou de violences.
Dans un contexte de tensions sur les systèmes de soins, de fermetures de maternités et de difficultés d’accès aux professionnels de santé, ces visites à domicile sont devenues déterminantes pour garantir la continuité des soins. Pourtant, les sages-femmes libérales exercent dans un cadre conventionné qui ne leur permet pas de répercuter la hausse des coûts. L’augmentation des prix du carburant et des charges liées aux déplacements fragilise ainsi directement leur activité, en particulier dans les zones sous-dotées où les distances sont importantes.
Pour l’ONSSF, ce déséquilibre met en danger l’accès aux soins des femmes : fragiliser les déplacements des sages-femmes, c’est fragiliser la prévention, le suivi médical de proximité et la réduction des ruptures de prise en charge. Alors que la santé des femmes est affichée comme une priorité nationale, le syndicat estime que les moyens concrets de cette ambition ne sont pas au rendez-vous.
L’ONSSF appelle donc les pouvoirs publics et la CNAM à intégrer les sages-femmes libérales dans les dispositifs de soutien liés aux déplacements professionnels, notamment via une revalorisation pérenne des indemnités kilométriques et une meilleure prise en compte des coûts réels de l’exercice à domicile.
« On ne peut pas parler de santé des femmes sans garantir les conditions concrètes de leur prise en charge, notamment à domicile », déclare Caroline Combot, présidente de l’ONSSF.
Contacts presse :
- Caroline COMBOT, Présidente de l’ONSSF – presidente@onssf.org
- Adrien DI ROLLO, Directeur général de l’ONSSF – direction@onssf.org
À propos de l’ONSSF : L’Organisation Nationale Syndicale des Sages‑Femmes (ONSSF), fondée en 1953, est le syndicat majoritaire de la profession de sage‑femme en France, et représente les sages‑femmes dans tous les modes d’exercice : libéral, salarié, hospitalier ou territorial. www.onssf.org.