76% des Français de 50 ans et plus jugent que la chute est l’accident de la vie courante le plus meurtrier
Selon les derniers chiffres de l’INSEE, les plus de 65 ans seront deux fois plus nombreux que les moins de 20 ans en France en 2070. Cette accélération du vieillissement de la population accroît l’enjeu du bien vieillir chez soi alors que la chute est déjà une préoccupation majeure des pouvoirs publics (+20 000 décès et plus de 174 000 hospitalisations, 2Mds € / an*) qui s’amplifie.
Comment la chute survient, quelles sont ses causes et ses conséquences, quelles mesures de prévention concrètes et abordables peuvent être prises par chacun ?
L’Observatoire de la Sécurité des Foyers, grâce à une étude exclusive, consacre sa nouvelle édition à ce phénomène de société qui touche non seulement les seniors, mais aussi leurs proches aidants pour favoriser la compréhension et le passage à l’action.
Un sujet de société : « Près d’un sondé sur 4 de 50 ans et + a déjà chuté au moins une fois à son domicile au cours des 12 derniers mois”
Et ce risque augmente avec l’âge : ils sont près d’un sur 3 chez les 75 ans et +.
Les Français ont bien conscience que les chutes à domicile peuvent être lourdes de conséquences : 3 sur 4 les identifient comme l’accident de la vie courante le plus meurtrier.
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Pourtant, si une chute est perçue comme un signal d’alarme par 71% des sondés, sa gravité reste minorée et ne génère que peu de préoccupation au quotidien, et encore moins de crainte. Si au global les sondés sont préoccupés par la chute (près d’un sondé sur 2 en fait une préoccupation importante au quotidien), seulement 1 sur 4 s’en inquiète régulièrement. On constate une évolution avec l’avancée dans l’âge, mais qui reste modérée : pour les 75 ans et plus, 64% en font une préoccupation importante et 34% une crainte régulière.
Autre chiffre surprenant, seuls 54% des sondés estiment qu’il est tout à fait important de consulter un médecin après une chute.
Des causes multifactorielles
La chute est un mécanisme complexe en raison de son caractère multifactoriel. En effet, il existe des facteurs intrinsèques, qui favorisent la chute, et des facteurs exogènes, dits facteurs précipitants (liste non exhaustive) :

Tous ces facteurs augmentent le risque de chute, souvent vécu comme une fatalité. Ainsi, 44% des sondés pensent que la chute est liée à l’âge de la personne : perte de force musculaire, difficultés à se déplacer, moins d’activités. Moins d’un tiers estime qu’elle est liée à des aménagements peu adaptés dans le logement (encombrement, présence de tapis, d’escaliers, de sols glissants…) et seulement 29% attribuent la chute à des raisons de santé physique (maladie, douleurs…).
Peu de changement d’habitude après une première chute… pourtant essentiel pour éviter la rechute !
Ces chutes pourraient pourtant être évitées grâce à des mesures de prévention simples : bilan santé, activité physique, aménagement du domicile… mais le déni du risque rend le passage à l’action faible.
Parmi les facteurs aggravants au risque de chute, on retrouve au premier rang la pratique d’activité à risque. Ainsi, 8 sondés sur 10 de 50 ans et plus réalisent au moins une activité à risque fréquemment. Un score qui atteint même les 87% pour ceux qui ont déjà chuté 2 fois ou plus.
Classement des activités à risque les plus souvent pratiquées :

Eviter la chute commence par une bonne connaissance de soi, des zones à risque et un bon équipement
Les actions de prévention liées à sa santé en général sont évidemment très importantes (pratique d’une activité, nutrition, suivi médical préventif…), et peuvent commencer par un simple autodiagnostic.
Le domicile présente lui aussi un certain nombre de risques ou de facteurs aggravants : le tapis, la luminosité dans les pièces, l’absence de barre d’appui dans les zones glissantes ou nécessitant un effort pour se mettre debout ou s’asseoir sont autant de points à vérifier pour limiter les risques.
Réaliser un “audit de sécurité” de son domicile est donc essentiel pour limiter les risques. S’équiper est l’étape suivante, d’autant que cela ne nécessite pas obligatoirement des budgets importants. Ces investissements restent, dans tous les cas, bien inférieurs aux coûts engendrés après une chute nécessitant desaménagements conséquents, parfois même amplifiés par une perte d’autonomie.
Un objectif : rester autonome !
La chute est souvent minorée dans ses conséquences immédiates, pourtant elle n’est pas qu’un accident : elle est souvent un tournant avec des conséquences en cascade sur le plan physique, psychique et social. C’est un point de bascule dans la vie despersonnes âgées, qui peut créer un repli sur soi et entraîner une perte d’autonomie progressive.
En effet, une chute même bénigne peut entrainer la peur de retomber, un syndrome post-chute. Le senior va alors réduire ses activités physiques et sociales, ce qui entrainera une perte musculaire, d’équilibre et de confiance en soi. Le senior a alors tendance à s’isoler, à se replier sur soi, ce qui peut engendrer une dépression. Un risque supplémentaire de chute.
Un médecin en milieu rural : « Il y a peur de la nouvelle chute. Les personnes deviennent plus stressées, elles marchent moins bien. Elles font moins de choses, et deviennent globalement moins autonomes. »
La prévention est donc un enjeu majeur, alors même que la société peine à accepter le vieillissement, et qu’il existe différents profils de seniors pour qui l’adaptation de la prévention est nécessaire.
Exemples de portraits de seniors (*plus de profils sont disponibles dans le guide) :

Le rôle des aidants, à la croisée des chemins
Les aidants, souvent le conjoint ou les enfants, sont eux aussi des acteurs essentiels de la prévention. Premiers témoins du quotidien, ils sont également les premiers à pouvoir agir. Ils jouent souvent un rôle clé dans la mise en place d’aménagements et d’aides techniques.
Cependant, ils peuvent se heurter à une résistance de la personne concernée, tandis que la charge mentale, organisationnelle et émotionnelle qui leur incombe peut être lourde. Les petits-enfants peuvent également jouer un rôle précieux. Par ailleurs, la chute de leurs parents les renvoie à leur propre avenir, ce qui peut les amener à mieux anticiper et préparer leur propre vieillissement.
Témoignage de Valérie, 57 ans, aidante : « Je m’occupe de ma maman, chaque jour, c’est difficile. C’est une grosse charge mentale. Par contre, par rapport à mes enfants plus tard, je veux prévoir les choses différemment, je ne veux pas avoir besoin de leur présence, je prendrai des aides à domicile ou j’irai en maison de retraite. De toute façon, ce n’est pas une génération qui fera cela, qui s’occupera de nous. C’est une génération plus indépendante, ils n’ont pas le sens du sacrifice de la même façon. »
Pour Laurent PIGELET, Directeur Marketing, Covéa : « La prévention fait partie intégrante de notre métier d’assureur et le grand public reconnait notre légitimité à communiquer sur cet enjeu. Avec l’OSF, nous souhaitons apporter des conseils pratiques et accompagner les Français dans une mise en action pour mieux se protéger. Des causes possibles de la chute, en passant par l’aide au diagnostic, la délivrance de conseils santé, une information sur les dispositifs d’accompagnement financiers ou bien sur les solutions concrètes en matière d’équipement du domicile, notre objectif reste inchangé : réduire le risque de chute, en particulier pour nos ainés. »
Pour Jean-Vincent RAYMONDIS, CEO, Saretec : « Devant un risque, nous ne sommes jamais que rationnels : il y a aussi beaucoup d’émotion, et c’est pour ça que se projeter dans une chute reste difficile. Un message bien fait ne suffit pas. C’est en revenant régulièrement sur le sujet que nous finissons par trouver le bon angle, et surtout le bon moment pour agir. Et ce moment, nous sommes bien placés pour le saisir : nous passons la porte des foyers tous les jours, à travers 350 000 interventions d’expertise par an. La chute concerne le senior, mais aussi ses proches, qui risquent eux-mêmes de basculer dans l’aidance. »
Pour Mohamed MARCHICH, Directeur des partenariats et des alliances, Verisure : « Alors que la société vieillit, il est important de pouvoir adapter les logements face aux risques du domicile, dont la chute. Nous constatons souvent deséquipements tardifs parmi les personnes âgées, souvent par les enfants, après une chute. Il existe des solutions qui permettent de réagir au plus vite, de faciliter l’intervention des secours dans les meilleures conditions pour limiter l’impact et la gravité. Les seniors peuvent aujourd’hui donner l’alerte plus facilement et plus efficacement. »
Retrouvez l’intégralité du guide OSF et l’ensemble des conseils ici.
Note :
*Décès et hospitalisations en 2024 source Santé Publique France. Coût annuel : plan antichute 2022 du gouvernement.
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