Ces textes traduisent enfin dans la réglementation les évolutions introduites par la loi du 27 juin 2025 relative aux activités et aux compétences de la profession infirmière.
Ils constituent une avancée importante, non seulement pour les infirmières et infirmiers, mais surtout pour les millions de patients confrontés aux difficultés croissantes d’accès aux soins.
Une reconnaissance attendue de l’autonomie clinique infirmière
Le premier arrêté reconnaît explicitement la consultation infirmière, l’examen clinique infirmier, le diagnostic infirmier, le triage, l’orientation, la prévention et la coordination des parcours de santé.
Cette reconnaissance correspond à la réalité quotidienne de l’exercice infirmier. Chaque jour, les infirmières évaluent des situations complexes, identifient les besoins des patients, mettent en œuvre un raisonnement clinique, assurent l’éducation à la santé, coordonnent les prises en charge et orientent lorsque la situation le nécessite.
La réglementation rejoint enfin les compétences exercées sur le terrain.
Une prescription infirmière au service des patients
Le second arrêté ouvre de nouvelles possibilités de prescription de dispositifs médicaux, de produits de santé et d’examens complémentaires.
Ces évolutions permettront de réduire de nombreuses ruptures de parcours. Éviter un rendez-vous uniquement destiné à renouveler un pansement, prescrire certains examens biologiques ou assurer plus rapidement la continuité des soins répond à une attente forte des patients comme des professionnels.
Le SNPI rappelle que l’objectif n’est pas de transférer des compétences, mais de permettre au bon professionnel d’intervenir au bon moment, dans le respect des compétences de chacun.
Des avancées encore incomplètes
Si ces textes constituent une étape importante, plusieurs dispositions demeurent inutilement restrictives.
Le SNPI s’interroge notamment sur la limitation de la prescription d’un bilan biologique cardiovasculaire (cholestérol, triglycérides et glycémie à jeun) au seul accompagnement du sevrage tabagique.
La prévention cardiovasculaire ne concerne pas uniquement le tabac. L’hypertension artérielle, le diabète, le surpoids, la sédentarité, les antécédents familiaux ou certaines situations de précarité justifient tout autant une évaluation précoce des facteurs de risque.
Cette limitation apparaît en contradiction avec l’ambition affichée de renforcer la prévention.
Le SNPI regrette également la limitation à sept jours de la prescription initiale de certains pansements, qui risque de complexifier inutilement la prise en charge de certaines plaies chroniques.
Ces dispositions devront faire l’objet d’une évaluation rapide afin d’être adaptées aux réalités du terrain.
Une réforme qui devra maintenant être rendue opérationnelle
La publication des arrêtés ne constitue pas l’aboutissement de la réforme. Le véritable défi commence aujourd’hui.
La consultation infirmière devra être reconnue dans la convention nationale et bénéficier d’une rémunération adaptée.
Les logiciels métiers devront intégrer pleinement les nouvelles possibilités de prescription. Ainsi, la prescription infirmière des substituts nicotiniques, légale depuis 2016, n’est toujours pas intégrée 10 ans après, et oblige à des prescriptions papier.
Les établissements de santé devront faire évoluer leur organisation afin de permettre le plein exercice de ces nouvelles compétences.
Enfin, un effort important devra être consacré à la formation continue des professionnels afin de garantir une mise en œuvre homogène sur l’ensemble du territoire.
Le SNPI poursuivra son engagement
Le SNPI restera pleinement mobilisé pour accompagner cette réforme et proposer les évolutions qui permettront d’aller plus loin.
Notre objectif demeure inchangé : améliorer l’accès aux soins, renforcer la prévention, fluidifier les parcours de santé et permettre aux infirmières d’exercer pleinement leurs compétences.
Une réforme réglementaire ne prend tout son sens que lorsqu’elle améliore concrètement la prise en charge des patients.
C’est désormais le défi collectif qui nous attend.
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Site internet du Syndicat National des Professionnels Infirmiers : syndicat-infirmier.com