À l’occasion de juin Vert, les experts réunis au Congrès mondial de pathologie du col utérin et du vagin appellent à accélérer la vaccination et le dépistage. Chaque année en France, près de 8 000 cancers sont liés au papillomavirus humain (HPV) (plus de 800 000 dans le monde).
Cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis ou encore certains cancers ORL : ces cancers touchent les femmes comme les hommes. Pourtant, la communauté scientifique est aujourd’hui unanime : une large majorité de ces cancers pourrait être évitée grâce à la vaccination et au dépistage.
Réunis à Versailles du 4 au 6 juin 2026 à l’occasion du Congrès mondial de pathologie du col utérin et du vagin, plusieurs milliers de spécialistes internationaux ont dressé un état des lieux de la lutte contre les cancers liés au HPV. Un message fort émerge : l’élimination du cancer du col de l’utérus est désormais un objectif réaliste, à condition de renforcer rapidement la prévention.
L’infection par HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente. On estime que près de 90 % des femmes et des hommes seront exposés au virus au cours de leur vie.Si le cancer du col de l’utérus reste le plus fréquent, le virus est également impliqué dans de nombreux cancers anogénitaux et ORL.
« Nous disposons aujourd’hui d’outils extrêmement efficaces pour prévenir ces cancers. L’enjeu n’est plus scientifique : il est désormais organisationnel et sociétal », souligne le Dr Gary Clifford, chercheur au Centre International de Recherche sur le Cancer (OMS).
Vaccination : une protection qui change déjà l’histoire naturelle de la maladie
Les données internationales présentées au congrès confirment l’efficacité remarquable de la vaccination contre les HPV. Chez les jeunes filles vaccinées entre 12 et 13 ans, les études montrent une réduction pouvant atteindre 87 % du risque de développer un cancer du col de l’utérus.
L’exemple de l’Australie, pionnière en matière de vaccination, est particulièrement frappant : les infections à HPV, les lésions précancéreuses et les cancers du col y diminuent déjà de façon spectaculaire dans les générations vaccinées.
Les vaccins actuellement disponibles ciblent les principaux génotypes responsables de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus ainsi que d’une grande partie des autres cancers liés au HPV.
La France progresse mais reste en deçà des objectifs de l’OMS
L’Organisation mondiale de la santé s’est fixé un objectif ambitieux : éliminer le cancer du col de l’utérus comme problème majeur de santé publique.
Pour y parvenir, trois cibles doivent être atteintes :
- 90 % des adolescents vaccinés ;
- 70 % des femmes dépistées ;
- 90 % des lésions précancéreuses prises en charge.
En France, malgré la mise en place du programme national de dépistage organisé, la participation au dépistage reste d’environ 60 %, avec d’importantes disparités selon les territoires et les populations.
« Le dépistage permet d’identifier et de traiter les lésions avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. Il sauve des vies, mais trop de femmes échappent encore au dépistage régulier », rappelle le Pr Xavier Carcopino, président de la Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale (SFCPCV).
L’autoprélèvement HPV : une opportunité pour réduire les inégalités de santé
Parmi les avancées présentées lors du congrès figure l’autoprélèvement HPV, qui permet aux femmes de réaliser elles-mêmes leur prélèvement à domicile avant analyse en laboratoire. Les études montrent des performances diagnostiques comparables à celles des prélèvements réalisés en cabinet médical.
Une étude française menée auprès de femmes en situation de grande précarité a mis en évidence une amélioration majeure de la participation au dépistage : 71 % des femmes ont réalisé le test lorsqu’un autoprélèvement leur était proposé, contre 39 % avec le parcours classique.
Pour les experts, cet outil représente une opportunité majeure pour atteindre les populations les plus éloignées du système de soins. Son efficacité dépend toutefois de la capacité à garantir un suivi rapide des femmes présentant un résultat positif.
Les hommes aussi concernés par les cancers liés au HPV
Longtemps associé au seul cancer du col de l’utérus, le HPV concerne également les hommes. Le virus est impliqué dans plusieurs cancers masculins, notamment les cancers de l’anus, du pénis et certains cancers ORL dont l’incidence est en augmentation dans plusieurs pays occidentaux.
Un dépistage organisé n’est pas possible chez l’homme et la vaccination constitue aujourd’hui le principal moyen de prévention.
« La prévention des cancers liés au HPV ne concerne pas uniquement les femmes. La vaccination des garçons est un enjeu majeur de santé publique », rappelle le Dr Jean-Luc Mergui.
Une génération pourrait être la première à ne plus connaître le cancer du col de l’utérus
Le message porté par les experts réunis à Versailles est sans équivoque : les connaissances scientifiques, les vaccins et les outils de dépistage existent. Pour la première fois dans l’histoire de la médecine, l’élimination d’un cancer grâce à la prévention apparaît comme un objectif atteignable.
À l’occasion de Juin Vert, la SFCPCV appelle à une mobilisation collective afin d’accélérer la vaccination des adolescents, renforcer le recours au dépistage et réduire les inégalités d’accès à la prévention.
« Nous avons aujourd’hui les moyens d’éviter la majorité des cancers liés au HPV. Chaque retard dans la vaccination ou dans le dépistage représente une occasion manquée de prévention », insiste le Pr Xavier Carcopino
5 chiffres à retenir
- 800 000 cancers liés au HPV chaque année dans le monde.
- 8 000 cancers liés au HPV diagnostiqués chaque année en France.
- 90 % des personnes exposées au HPV au cours de leur vie.
- Jusqu’à 87 % de réduction du risque de cancer du col chez les jeunes filles vaccinées entre 12 et 13 ans.
- Seulement 60 % de participation au dépistage en France, contre un objectif de 70 % fixé par l’OMS.
À propos du Congrès mondial de pathologie du col utérin et du vagin
Le Congrès mondial de colposcopie s’est tenu du 4 au 6 juin 2025 au Palais des Congrès de Versailles. Organisé par la SFCPCV et l’International Federation for Cancer Prevention and Colposcopy (IFCPC), il a réuni plusieurs milliers d’experts internationaux autour des stratégies permettant d’accélérer l’élimination des cancers liés au HPV.
À propos de la SFCPCV
La Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale est une association née en France en 1977 et régie par la loi du 1er juillet 1901. L’association regroupe tous les praticiens de santé qui s’intéressent à la prévention du cancer du col de l’utérus. Son but est d’émettre des recommandations concernant le dépistage du cancer et des lésions précurseurs du col utérin, la pratique de la colposcopie, la prise en charge des lésions dépistées. La SFCPCV participe majoritairement à l’enseignement de la colposcopie et de la pathologie cervico-vaginale en France. Elle a pour objectif de mettre en œuvre une assurance qualité dans la prise en charge des précurseurs du cancer du col mais aussi d’étendre l’influence de l’école Française dans les pays francophones en Europe et dans le monde en collaboration avec la Fédération Européenne de Colposcopie (EFC) et la Fédération Internationale (IFCPC).
Site Internet www.societe-colposcopie.com
Contact presse :
Delphine Sebah
E-mail. Delphine@stefiz.com