Hier, lors de la reprise des débats à l’Assemblée nationale sur la Proposition de Loi Aide à Mourir, les députés ont adopté par surprise un amendement excluant le médecin de la procédure d’injection létale, laissant l’infirmier comme seul responsable du geste létal.
Le Collège des Acteurs en Soins Infirmiers de la SFAP (CNASI) alertent sur la violence faite par cette procédure aux femmes et aux hommes qui servent les patients en fin de vie, en tant qu’infirmière ou infirmier.
Même si cette modification sera probablement supprimée lors d’un nouveau vote, la proposition de loi française resterait le seul texte au monde qui prévoirait de confier largement l’injection létale aux infirmiers, dans un souci « d’accessibilité au nouveau droit », et malgré la contradiction manifeste avec l’article R4312-21 du Code de la Santé Publique qui précise :
L’infirmier doit accompagner le mourant jusqu’à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d’une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité de la personne soignée et réconforter son entourage.
L’infirmier ne doit pas provoquer délibérément la mort.
Seul le Canada prévoit une dérogation pour certains infirmiers qualifiés en pratique avancée. Partout ailleurs, le seul professionnel impliqué dans la procédure létale est le médecin.
Professionnel de santé en charge du soin par excellence, l’infirmier sera ainsi mécaniquement le principal opérateur de ce texte, étant donné la pénurie de médecins et l’organisation hiérarchique qui prévaut, notamment en milieu hospitalier ou dans le médico-social. Dans ce contexte, la clause de conscience n’est pas une protection suffisante. Car lorsque une seule infirmière doit suivre seule 30 chambres d’EHPAD, quelle sera la liberté du professionnel ? Quel temps sera consacré aux soins et aux questionnements ?
Le CNASI demande solennellement aux députés d’exclure aussi les infirmiers de cette procédure létale, dans l’intérêt supérieur des patients qui subissent déjà les défaillances de notre système de santé.
Qu’est-ce que le CNASI de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs ?
Le CNASI rassemble les Acteurs en Soins Infirmiers adhérant à la SFAP et/ou exerçant une activité de soins palliatifs spécialisée ou généraliste. Son bureau est composé de Anne Marie Colliot Cadre de santé, Bretagne, Christiane Roy, Cadre supérieur de santé, Région Centre Val de Loire, Valérie Amouroux, Cadre de santé, Région ARA, Laure Anne Carrer, IPA libérale, Huberty Thieurmel, CDS Bretagne, Marie Klem, IDE libérale, CDS Grand Est, Lyn Silove, IDE Paris, Jeanne Amourous, IDE Paris, Hélène Doumic, IDE Agen, Sandrine Braud, CDS LYON, Christine Grangeat, IDE ARA, Laurene Sanchez, IPA libérale, Séverine Leroux, IPA EHPAD Bretagne.