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Aide à mourir : une majorité qui se restreint encore sur un texte dangereux (Communiqué)

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L’Assemblée nationale vient d’adopter en troisième lecture la proposition de loi sur l’aide à mourir, à 52,49 % seulement des votants. Vote après vote, l’écart se resserre et la majorité s’effrite. Ce texte n’a jamais convaincu : on l’imposerait désormais à la plus courte des majorités, au cœur de l’été, loin du regard des Français.

Dans ce contexte, une adoption de cette proposition de loi est envisageable. La loi a été bâtie contre les soignants, contre leur expérience et contre leur expertise. La SFAP s’est engagée jusqu’au bout : auditions, alertes, propositions de garde-fous concrets pour les plus vulnérables. Rien n’a été retenu. Le gouvernement a multiplié les concertations de façade et fait la sourde oreille : le Premier ministre n’a jamais répondu aux inquiétudes des soignants.

Nous le répétons : soin et mort provoquée sont incompatibles. Inscrire le geste létal dans le code de la santé publique serait une exception mondiale. Confier au même soignant le pouvoir de soulager et celui de donner la mort brise l’alliance thérapeutique. Et nous le constatons chaque jour : entendue et accompagnée, la demande de mourir s’apaise presque toujours.

Le texte impose de trier les patients sur des critères flous, sans réalité médicale tangible. Il place le médecin en situation de toute-puissance, décideur et exécutant, sans véritable collégialité. Il impose des délais incompatibles avec la réalité du soin : fluctuation du désir de mort, difficultés d’accès au soin… Il contraint EHPAD et unités de soins palliatifs à organiser la mort provoquée entre leurs murs. Ce texte fera des dégâts. Pendant ce temps, un Français sur deux n’a toujours pas accès aux soins palliatifs. Voilà le vrai scandale. Avant d’organiser la mort, la République devrait garantir l’accompagnement.

La SFAP appelle le Sénat à assumer ses responsabilités en jouant pleinement son rôle de co-législateur.

Contacter la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs) : relations.publiques@sfap.org

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