L’Assemblée nationale a adopté pour la troisième fois, la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Au-delà du résultat lui-même, qui voit encore son nombre de partisans diminué, Les Éligibles et leurs Aidants exprime leur consternation face aux conditions dans lesquelles ce débat, pourtant essentiel, s’est tenu : un hémicycle trop souvent clairsemé, et des arguments portés par les patients eux-mêmes et leurs proches accueillis avec une légèreté difficilement compréhensible au regard de la gravité du sujet.
On ne légifère pas sur la vie et la mort de millions de Français à moitié présents. Notre association a vu, séance après séance, des bancs vides au moment même où se discutaient les conditions dans lesquelles des personnes malades, handicapées ou en fin de vie pourraient demain être conduites vers la mort. Cette désinvolture dans la forme du débat n’est pas un détail : elle dit quelque chose du sérieux avec lequel le fond a été traité.
Et pendant ce temps, les articles publiés récemment au Canada illustrent la réalité, à peine dix ans après l’ouverture de l’aide médicale à mourir aux personnes non en fin de vie, ce que nous redoutions : l’absence de logements accessibles et le manque de soutien à domicile y ont nourri, chez des personnes en situation de handicap, une perte d’espoir telle qu’elle les a conduites à demander l’aide à mourir; non parce que leur maladie était devenue insupportable, mais parce que la société n’avait pas su, ou pas voulu, leur garantir les conditions d’une vie digne.
C’est précisément ce risque que nous dénoncions devant la représentation nationale. Un Parlement qui reconnaît l’existence d’un problème systémique, manque de soins palliatifs, isolement social, défaut d’accompagnement, mais qui légifère sans le résoudre, n’apporte pas une liberté nouvelle : il expose davantage encore celles et ceux qu’il prétend protéger.
« Nous nous battons pour notre dignité de vivre, pas pour le droit d’en finir. Ce vote ne met pas un terme à notre combat : Les Éligibles et leurs Aidants poursuivront leur travail avec la même détermination, pour que les failles que nous avons signalées tout au long de ce débat ne deviennent pas, demain, la réalité de patients laissés sans accompagnement. » réagit Louis Bouffard, co-fondateur de l’Association
L’association restera pleinement mobilisée dans les prochaines étapes de ce texte : garanties pour les personnes les plus vulnérables, moyens consacrés aux soins palliatifs, avec la ferme intention de poursuivre, jusqu’au bout, ce combat pour la dignité et la protection des patients.
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Les Éligibles et leurs Aidants
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